Le PS : des bons militants contre des méchants supporters ?

17 Nov

Dans la même veine que mon précédent billet (qui dénonce les oppositions de posture sur les stratégies d’alliances), une autre fausse opposition absurde visant à justifier la non-synthèse du Congrès de Reims : l’adhésion à 20€. « Pas d’accord, pas d’accord, pas d’accord », disaient Martine et Bertrand.

J’ai entendu et essayé de comprendre deux arguments à ce sujet : le risque de dérive vers un parti de supporters fénéants, et l’attachement à la progressivité du coût de l’adhésion. Deux faux arguments à mon sens.

1. Les militants à 20€ ont-ils nécessairement un poil dans la main ?

A en croire les opposants à une baisse significative du coût de l’adhésion, la notion de « parti de masse » s’opposerait à un « parti de militants ». Sous entendu : à 20€, l’adhérent ne milite pas, il ne fait que supporter. On pourrait comprendre ces craintes, qui seraient légitimes si l’histoire très récente de notre parti ne nous avait pas prouvé le contraire. La vague d’adhésion sans précédent qu’a connu notre parti en 2006, grâce à la campagne d’adhésion à 20€ défendue avec tant d’ardeur par Jack Lang, a permis une campagne présidentielle très active. Les nouveaux militants, venus d’abord pour désigner le candidat aux présidentielles, se sont emparés du Parti, sont allé tracter, débattre, défendre notre vision. Ils ont fait du PS le parti le plus actif sur Internet, le plus moderne dans les formes de militantisme. Bref, cet appel d’air avait donné un coup de jeune à un parti ringardisé par la droite.

Le fond du problème, on le sait, c’est que nombre de militants à 20€ ont désigné Ségolène Royal comme candidate aux présidentielles, et qu’aujourd’hui beaucoup d’entre nous (car je suis moi même de ceux là) sont « incontrolables ». Incontrolables, en langage PS, ça veut dire qu’ils n’obéissent pas à la voix de leur premier fédéral, ou du secrétaire de section. On courrait donc le risque, insupportable, d’avoir un parti – oserais-je même dire le mot – imprévisible ? C’en est trop pour certains, qui préfèrent alors un parti à 100 000, 200 000 militants grand maximum, alors que nous pourrions attirer 500 000, voire 1 million de militants en nous y prenant différemment.

Sur ce point, on est bien face à l’opposition du moderne et de l’ancien, d’un parti qui reste dans des méthodes du XXe siècle contre un parti innovant ancré dans le XXIe siècle. N’ayons pas peur de nous même, pas peur de ces simples sympathisants qui souhaiteraient s’engager à leur manière, débattre, parfois simplement comprendre, mais qui ne souhaitent pas devoir s’acquiter de 300€ pour donner de la voix. Ouvrons nous aux nouvelles formes de militantisme. Ne réduisons pas l’acte militant au règlement d’un droit d’entrée (comme si le PS était comparable au Lions Club ou au Rotary Club) et au tractage et boitage lors des campagnes électorales. Osons donner la voix aux militants, à tous les militants ! Ecoutons les et respectons les !

2. La progressivité du coût de l’adhésion : la fausse bonne idée

Un autre argument entendu contre « la généralisation de l’adhésion à 20€ » est l’attachement de certains à la progressivité du coût de l’adhésion, principe non négociable. C’est notamment l’argument phare de la motion A portée par Bertrand Delanoë.

En effet, le Parti Socialiste défend partout la progressivité de la taxation. Nous y sommes attachés, car c’est au coeur même du principe fondateur de la redistribution des richesses.

Mais enfin, encore une fois, cette bonne idée de facade n’est autre chose qu’une posture. En effet, refléchissons 5 minutes au fonctionnement d’une adhésion à un parti. Je règle annuellement 300€ pour avoir le droit d’assister aux AG, de militer, de voter. Sur ces 300€, 200€ sont déduits de mes impôts (déduction fiscale de 66% des dons associatifs, notamment aux Partis Politiques). Donc, au final, on peut dire que sur 300€ :

– 100€ sont payés par le militant

– 200€ sont payés par l’Etat

Où est le socialisme là dedans ? Je préfère personnellement donner moins pour le fonctionnement de mon parti et plus à la construction des infrastuctures, au financement du service public, à l’éducation.

Quand on sait que les cotisations des militants ne représentent qu’une petite part des revenus du Parti Socialiste, ne doit-on pas préférer que ces même militants payent plus d’impôts, participent plus à l’augmentation des recettes de l’Etat ? Il est là, je pense, le vrai acte militant !

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Une Réponse to “Le PS : des bons militants contre des méchants supporters ?”

  1. olivier lundi 17 novembre 2008 à 15:28 #

    en pleine de crise de pouvoir d’achat et si l’on veut un parti populaire avec des jeunes et des ouvriers, la cotisation modique s’impose. mais là encore, le ps est à côté de la plaque ! vive la motion e, la seule qui s’adresse réellement et sincèrement aux couches populaires.

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