Les alliances : des paroles et des actes
On l’aura compris, il n’y a pas pu avoir synthèse au Congrès de Reims, parce qu’il y avait d’énormes désaccords insurmontables sur le fond (bien au fond du gouffre, en effet). Et parmi les 3 sujets de fond sur lesquels aucun rassemblement n’était possible, c’était sur la question des alliances. Le MoDem est méchant, le MoDem est dangeureux.
Non seulement cette question des alliances est largement instrumentalisée, elle n’est pas mentionnée dans la Motion E et Ségolène Royal a été très claire sur le “rassembler d’abord la gauche, puis tous les démocrates qui se reconnaissent dans notre programme”, mais en plus, on ne peut que dénoncer des oppositions de posture, quand les plus virulents opposants d’aujourd’hui sont ceux là même qui ont prouvé hier que de telles alliances étaient possibles.
Il en est ainsi de Martine Aubry, qui dénonce aujourd’hui un risque de droitisation du parti si Ségolène Royal en prend la tête, mais qui hier concluait une alliance entre les deux tours des municipales alors qu’elle n’en avait nullement besoin pour regagner la mairie de Lille.
Aussi, je ne peux résister à l’exquise tentation de citer Martine (le 29 février 2008 au micro d’Europe 1) :
Si le MoDem souhaite travailler autour de notre projet en l’enrichissant éventuellement sans le dénaturer, je suis ouverte à des discussions après que la gauche ait été réunie
Ce n’est ni plus, ni moins que ce que nous défendons au sein de la motion E, et que désormais seule l’élection de Ségolène Royal et Vincent Peillon aux postes de premier secrétaire et premier secrétaire délégué pourra porter.
Si une telle alliance ne doit ni ne peut bien évidemment pas être un pré-requis, un parti se construit d’abord et avant tout sur une ligne politique forte, elle ne peut pas ni ne doit pas être rejetée non plus a priori. Sous peine de sombrer dans un sectarisme que beaucoup attendent pour nous stigmatiser toujours plus.
Un parti fort, c’est aussi un parti capable de discuter avec ses voisins, tous ses voisins, autour de ses convictions.
Cessons donc les faux débats et oppositions de posture, et attaquons nous aux vrais défis du PS : un parti fort en opposition crédible à la politique de Nicolas Sarkozy.
olivier 15:23 on Lundi 17 novembre 2008 Permalien
que de faux débats ! pour les alliances, ségolène a proposé que les millitants soient consultés directement. voilà qui est règlé. on est loin des prises de position de hamon qui ne veut plus que les militants élisent leur 1er secrétaire ! de qui se moque-t-on ? le congrès de reims a superbement souligné que le vote des militants ne compte pas sinon un effort aurait été fait pour se rassembler autour de la motion qui a obtenu le plus de voix. mais même entre les motions A, C et D, ils ne sont pas capables de se mettre d’accord. ce matin, on apprend que delanoë appelle à voter pour aubry, pourquoi l’annoncer aujourd’hui ? que d’opacité dans ce parti…