Posted by: binoo | Jeudi 10 avril 2008

Le question des Droits de l’Homme n’est pas une question politique

Beaucoup de bruit en ce moment autour des JO de Pekin. Boycotter ? Ne pas boycotter ? Valeurs de l’olympisme ? Les responsables des organisations sportives ainsi que les responsables politiques semblent se poser d’innombrables questions quasi-philosophiques.

Et la Chine de répondre systématiquement aux attaques dont elle fait l’objet actuellement : “la charte olympique stipule de ne pas introduire de facteurs politiques hors de propos”.

Cet argument, répété à l’envie non seulement par les autorités chinoises, mais également par des responsables politiques et sportifs ne souhaitant pas prendre position ou contrarier le régime chinois, ne tient pas la route selon moi. En effet, les Droits de l’Homme sont au delà du champ politique. Le principe même de ces Droits, c’est d’être positionné au-delà de toutes considérations politiques, et c’est ainsi notamment que Kouchner justifiait le droit d’ingérence.

Respecter, mais ne pas se boucher les yeux

Partant de ce principe, il est donc légitime, même nécessaire, que le mouvement olympique défende ces valeurs fondamentales. Dans le respect du pays hôte, bien entendu. Mais respect ne veut pas dire compromission. Respecter la Chine, ce n’est pas se taire sur le contrôle de la presse, sur la répression des opposants. C’est au contraire, sans aucun esprit néo-colonialiste, aider ce pays à avancer vers les Droits de l’Homme, pré-requis indispensable à toute respectabilité du régime.

Les principes fondamentaux de l’olympisme

La Charte Olympique présente un certain nombre de principes fondamentaux contraignants pour les villes organisatrices des Jeux Olympiques. Parmi ces principes, on peut lire notamment :

  1. L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentaux universels.
  2. Le but de l’Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’homme en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine.

Dans ce même document, on peut lire (Chapitre 5 - Les Jeux Olympiques / Paragraphe 37 - Responsabilités, retrait de l’organisation des Jeux Olympiques):

En cas de non-respect de la Charte olympique ou d’autres réglementations ou instructions
du CIO, ou en cas de violation des obligations contractées par le CNO, le COJO ou la ville hôte, le CIO est en droit de retirer, en tout temps et avec effet immédiat, l’organisation des Jeux Olympiques à la ville hôte, au COJO et au CNO, sans préjudice de la réparation de tout dommage ainsi causé au CIO. Dans ce cas, le CNO, le COJO, la ville hôte, le pays hôte et toutes leurs autorités gouvernementales ou autres autorités, ou toute autre partie, que ce soit au niveau communal, local, étatique, provincial, ou autre niveau régional ou national, n’auront envers le CIO aucun droit à une quelconque forme d’indemnisation.

Les Droits de l’Homme sont donc bien évidemment au dessus des questions politiques. Ils sont au coeur des valeurs de l’olympisme. Le non respect des Droits de l’Homme peut donc entrainer jusqu’au retrait de l’organisation des Jeux Olympiques.

Il n’est peut-être pas souhaitable d’en arriver là aujourd’hui. Cependant, il est indispensable de mettre le gouvernement chinois face à ses responsabilités et à ses engagements. Ne rien dire, et surtout ne rien faire, reviendrait à cautionner la répression et l’absence de liberté d’expression dans ce pays.

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