Une vision volontairement simpliste de la diplomatie internationale
On nous parle de la répression chinoise au Tibet. La presse à l’unisson fait part de son émoi, les ministres sont scandalisés, les chefs d’Etat appellent à “la retenue”. Différence criante de registre, donc. Juppé faisait part dans son blog de l’ironie du choix des mots : “retenue”, comme si on pouvait “tuer avec retenue”…
Et c’est vrai que c’est un peu avec ce paradoxe qu’essayent de jongler les ministres qui courent après la parole présidentielle. Clamant médiatiquement leur indignation fasse à la situation actuelle, les Kouchner et autres Yade reconnaissent dans le même temps qu’il ne faut pas être trop brutal avec la Chine. Et Juppé reconnait que c’est facile de s’indigner lorsqu’on ne préside pas au destin de tout un peuple. Tant d’éloquence pour protéger un manque de courage.
Quels seraient les risques de condamner plus fortement la répression actuelle ? Une rupture de la coopération économique franco-chinoise ? S’il s’agit bien du seul risque, alors quelle est la différence avec la françafrique que le président a si lourdement condamné ? Commercer avec un pays bafouant impunément les Droits de l’Homme, est-ce pire ou moins pire qu’entretenir des gouvernements corrompus ?
Ma vision, certes très simplificatrice, c’est qu’il y a une hiérarchie des valeurs, qui place les droits de l’homme au dessus de la sphère économique. Partant de cette hiérarchie, la première des priorités est de garantir le respect de ces droits, avant de penser à ses intérêts économiques. Ou bien, qu’on annonce clairement qu’on ne croit plus tant que ça à ces Droits hérités de notre Révolution.
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