61%
Avec une semaine de retard, me voici de retour. La liste conduite par Dominique Bertinotti a donc réuni 61% des suffrages au second tour des municipales de 2008. Ce score est historique. Historique dans un quartier sociologiquement aisé. Historique, car en 2001, la gauche affrontait une droite divisée et gagnait avec 54,23%. 7 ans plus tard, face à une droite rassemblée (dans l’arrondissement en tous cas), avec une évolution sociologique sensée jouer en notre défaveur, la gauche a donc enregistré une hausse de près de 7 points.
Sept points, qui sont à mettre au crédit d’un bilan particulièrement positif. Mais on ne gagne pas sur un bilan. Ces 7 points sont également le fruit d’un projet crédible, l’approbation d’une liste dynamique, volontairement renouvelée pour donner des idées neuves à la municipalité.
Cette campagne aura été intense, et le résultat est là. Je sors à présent du mode “suivi de campagne”, et me replonge dans l’analyse critique des évènements qui font l’actualité politique.
Emmanuell 14:03 on Lundi 24 mars 2008 Permalien
Sans remettre en cause l’idée d’une très large victoire, il faut tout de même relativiser :
1°) La participation n’a pas été à la hauteur. En nombre de voix, Mme Bertinotti ne progresse que de 600 voix alors qu’il y a prè de 2000 électeurs en plus. (Un paradoxe que je ne m’explique pas d’ailleurs puisque d’après l’INSEE la population a diminué).
2°) Tous les arrondissements déjà dirigés à gauche connaissent une vague rose. On peut parler d’un véritable succès pour le maire de Paris. Le 4e arrondissement dans ce contexte est celui où la maire sortante obtient le plus faible score (certes 61% des suffrages exprimés ce n’est pas mal mais çà ne fait que 34,5% des inscrits).
3°) Quant à l’évolution sociologique on peut en effet s’interroger puisque le prix du m² a été multiplié par 3 en dix ans dans certains secteurs (je sais de quoi je cause…).
binoo 9:35 on Mardi 25 mars 2008 Permalien
Cher Emmanuel,
Je partage totalement votre avis sur la participation. Nous n’avons pas su mobiliser suffisamment l’électorat, peut-être par manque d’une campagne nationale du CIDEM comme cela se fait habituellement. Peut-être aussi l’impression que les jeux étaient faits. Toujours est-il que les abstentionnistes n’ayant par définition pas voté, on ne peut pas les attribuer à l’UMP ou au PS…
Sur la progression du nombre d’électeurs, il faut intégrer déjà les ressortissants de l’UE, qui ne sont certes pas au nombre de 2000 mais qui permettent déjà d’expliquer une partie de cet “effet d’optique”.
Quant à votre remarque visant à dire que Dominique Bertinotti est la maire la moins bien réélue, c’est inexact : d’une part elle fait mieux que l’ensemble des maires UMP réélus. Mais également, elle fait mieux que dans le XIV ou le XIX. Mais l’objet n’est pas de comparer les victoires, car chaque arrondissement a ses spécificités.
Sur l’évolution sociologique, force est effectivement de constater qu’il y a eu inflation des prix du logement. Mais nous n’allons pas tout de même imputer à la Mairie de Paris, ni à la Mairie d’Arrondissement l’enchérissement de l’immobilier… Ce serait méconnaitre le combat contre la spéculation immobilière mené par le PS national et Parisien, combat difficile à mener sans un soutien gouvernemental ni présidentiel.