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  • Paroles d’habitant(e) : les dérives du communautarisme 

    binoo 0:57 on Wednesday 12 March 2008 Permalien | Répondre

    Lors d’une distribution de tracts ce soir à la sortie de métro Saint Paul, une dame m’interpelle sur le bilan de Delanoë au sujet des femmes. “il n’a rien fait pour nous”, me précise t-elle. Je me lance donc dans une petite énumération, de l’augmentation du nombre de places en crèches (+5200) au dépistage gratuit du cancer du sein. “broutilles”, me répond-elle. Nous continuons la conversation, de manière plus informelle, puis je découvre qu’il s’agit d’une femme ayant milité entre autres pour le droit à l’avortement, et plus généralement pour l’égalité des femmes. Je salue bien évidemment son combat.

    Puis, je relance la conversation sur cette question de ce que Delanoë n’a pas fait pour les femmes. Ce qui me permet de mieux comprendre le fond de la pensée de mon interlocutrice. A mon interrogation, celle-ci répond : “de toutes façons, il a préféré s’occuper des homosexuels avec la lutte contre le SIDA”. Je passerai sur mon exaspération un peu blasée sur la juxtaposition systématique de la cause homosexuelle et de la lutte contre le SIDA. Ce qui m’a le plus inquiété, c’est l’opposition qui était opérée entre la lutte pour l’égalité des femmes et la lutte pour l’égalité des droits homosexuels. Alors que je pointais du doigt ses contradictions, elle me répliquait : “mais ça n’a rien à voir, nous on est 51%”… Comme si l’égalité était une affaire de statistiques, comme si l’égalité des uns était nuisible à celle des autres, comme s’il était inconcevable de mener de front 2 combats, qui sont en fait un seul et même : la lutte contre toutes les formes de discriminations.

    Alors il est vrai qu’il y a des différences entre les 2 combats : dans un cas, on a un combat pour une égalité de fait (l’égalité de droit étant déjà acquise), dans l’autre il s’agit d’une égalité de droits. Cela n’empêche rien à la perversité du mode de pensée profondément communautariste, qui conduit à une vision de la société comme une juxtaposition de communautés représentées par leurs lobbys. Si on ne peut nier les pressions communautaires qui peuvent s’exercer sur les pouvoirs politiques, il est inconscient de promouvoir une telle vision de la société. C’est à mon avis ce qu’a commencé à introduire Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle (opposition des lève-tôt et des couche-tard, des travailleurs et des assistés, des réguliers et des clandestins). C’est aussi ce que tente de faire Françoise de Panafieu lorsqu’elle met l’accent sur un soit-disant lobby gay servi par le Maire de Paris (chiffres faux à l’appui : elle aussi mélange Défense des droits des homosexuels et lutte contre le SIDA).

    Dans le 4e arrondissement, on voit bien qu’une vision communautariste de la société mènerai au déclin du quartier. Le Marais tire toute sa richesse de la coexistence de plusieurs composantes : un quartier juif historique, mêlé à un quartier gay qui lui est aujourd’hui indissociable. Il suffit de se ballader rue des Rosiers pour se rassurer : le vivre ensemble, ça marche !

     
    • Emmanuel 11:38 on Jeudi 13 mars 2008 Permalien

      Concernant la rue des Rosiers, je suis un peu atterré par le changement d’ambiance dans cette rue. Les magasins traditionnels du “Pletz” historique ferment les uns après les autres pour être remplacé par des chaînes de frigues de luxe. Le quartier perd son âme. Le réaménagement de cette rue (avec certes un magnifique pavage) en fait un quartier “chic”. Je ne souhaite vraiment pas que le 4e arrondissement devienne un clône du 6e arrondissement. Je n’écris vraiment pas cela pour polémiquer mais pour tirer un signal d’alarme. Avec le décret passé en décembre 2007 qui permet aux mairies de préempter les baux commerciaux, il va peut-être être possible de faire quelque chose…

    • binoo 14:40 on Jeudi 13 mars 2008 Permalien

      Concernant la rue des Rosiers, nous ne pouvons pas dénigrer le travail qui y a été opéré. La semi-piétonisation, le pavage, la végétalisation sont autant d’aspects qui lui ont redonné un supplément d’âme. Il y a, certes, de nombreux magasins de textile (que je préfèrerai à “chaînes de fringues”) qui se sont ouvertes. Mais cet aménagement a concouru à en faire une rue très fréquentée et appréciée, où cohabitent désormais modernité et authenticité. Car je ne suis pas totalement d’accord avec votre crainte. Je vois dans le ré aménagement de la rue une chance de faire découvrir à tous l’ambiance du “Pletz” qui perdure.
      Perdez-vous dans cette rue un dimanche midi, vous verrez à quel point les vendeurs de Fallafel contribuent à faire perdurer cette ambiance qui se décline sur tous les sens : l’odeur si particulière de ces sandwichs, le bruit d’une rue bien vivante, la vue des enseignes préservées, le goût de cette cuisine traditionnelle.
      Riverain de la rue des Rosiers, je ne crois pas que le quartier soit menacé de muséification ou de perte d’âme. Bien au contraire, les touristes, et les habitants des autres quartiers, se réappropriant ces hauts lieux d’Histoire et de traditions sont notre chance, car ils permettent de redonner souffle à ces lieux.

  • Arguments de campagne : Staline s’installe à Paris ? 

    binoo 0:10 on Wednesday 12 March 2008 Permalien | Répondre

    On entend souvent, à droite, le même argument pour contrer le dynamisme des listes conduites par Bertrand Delanoë. Voter Delanoë, nous dit-on, s’est voter pour les communistes. Les termes employés alors systématiquement ont pour but de renvoyer aux heures sombres de l’URSS. Pour exemple, une dépèche Reuters publiée mardi 11 mars au soir, qui reprenait les principaux temps forts du meeting de Françoise de Panafieu dans le 12e arrondissement.

    A la tribune, la ministre de l’Economie a mis en garde l’éventualité que la mairie tombe à nouveau dans “des mains socialo-communo-vertes”.

    Avant elle, un de ses co-listiers a rappelé que “le 18 mars 2001, nous avons entendu jouer l’Internationale” pour célébrer la victoire de Bertrand Delanoë.

    Le meeting de mardi soir s’est terminé lui par une Marseillaise. “Voilà notre Internationale!”, a conclu Jean-Marie Cavada.

    La spécialiste des finances qu’est Mme Lagarde devrait se garder de dénoncer cette alliance. Oui, sur Paris, les listes “Un temps d’avance” regroupent des candidats socialistes, verts, communistes, radicaux, chevenementistes, ainsi que des personnalités de la vie civile. Oui, depuis 2001 déjà, nous fonctionnons avec ces différentes sensibilités. Cela ne nous a pas empéché d’avoir une gestion financière extrêmement saine (cf mon article précédent). Et ce n’est pas pour cela que l’internationale est enseignée dans les écoles de la capitale.

    Agiter le spectre d’un communisme totalitariste et rétrograde relève selon moi de la calomnie, et tend à prouver que Mme de Panafieu, à court d’arguments tangibles, tente un rebond par la peur.

    Espérons qu’elle adopte un discours plus politique et constructif lors du débat télévisé ! Paris mérite mieux que ce genre d’argumentaire désespéré ! Quant à utiliser la Marseillaise à la fin d’un meeting pour une élection locale et non nationale, je trouve cela déplacé et manipulateur.

     
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