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  • binoo 14:42 on Saturday 13 October 2007 Permalien | Répondre  

    Pour un socialisme complexe 

    Je viens de découvrir le blog d’un ami de ma section. Il plaide pour ce qu’il appelle un “socialisme complexe”. L’objectif est ambitieux mais terriblement motivant.

    Le constat

    Le politique sombre souvent dans la facilité du simplisme. Pour faire passer des idées pré-établies, de droite comme de gauche, la tendance est à l’opposition : les ouvriers contre les rentiers pour la gauche ; les fénéants contre les méritants pour la droite. Ce constat n’est pas automatique, l’idée n’étant pas de dénoncer le simplisme par une vision simpliste de la politique actuelle.

    La proposition

    Edgar Morin parle de “pensée complexe”. Romain résume ainsi l’objectif d’un “socialisme complexe” :

    A l’heure de la refondation, la gauche doit, tout en les conservant, dépasser les oppositions de concepts qui lui servent de grille de lecture. Elle doit s’habiter de la « pensée complexe », méthode de connaissance développée par Edgar Morin, qui inspire ce premier billet et qui nourrit l’ambition de ce blog.

    S’habiter de la pensée complexe ne veut pas dire devenir confus, ésotérique, indéchiffrable. Loin de là : la simplicité doit avoir sa part dans le “socialisme complexe” : elle facilite la communication, et permet l’approfondissement d’une face de la réalité – l’esprit humain ne peut en permanence tenir compte de tous les paramètres, prévoir toutes les conséquences. Mais la simplicité, pour être utile, ne doit pas devenir mutilante et effacer de l’esprit ce qu’elle ne considère pas. Aussi, pour compenser ces effets négatifs potentiels, le socialisme complexe doit-il faire une très large place à l’échange.

    Et Romain de conclure : “au travail !”

    Je partage en effet cette ambition : ne pas sombrer dans le simplisme, ne pas se contenter des vieilles oppositions qui ont fait le lit d’un certain socialisme. Le vrai progressisme aujourd’hui, c’est d’assumer la complexité du monde, de la comprendre, de l’expliquer, et de proposer des solutions adéquates. En basant les remèdes sur de fausses oppositions, sur une vision simpliste du monde, on hypothèque nécessairement leur portée.

     
  • binoo 0:37 on Saturday 13 October 2007 Permalien | Répondre  

    Dominique Bertinotti – maire du IVe arrondissement 

    Je sors un peu du schéma citation / réaction pour un petit post un peu plus personnel. Il ne s’agit pas d’un hommage, ni d’un pamphlet. Juste un respect sincère pour une femme politique honnête. Car c’est bien d’honnêteté dont il s’agit.

    Hier soir, jeudi 11 octobre 2007, avait lieu le discours de candidature de Dominique Bertinotti, seule candidate PS à briguer sa propre succession à la mairie du IVe arrondissement de Paris. Le discours aurait donc pu s’annoncer ennuyeux, tant l’enjeu dans cette phase interne parait minime : sa désignation par les militants est en effet gagnée. Et bien la discussion fut à mille lieux de ce qu’on aurait pu craindre. J’ai particulièrement été touché par un passage qui illustre bien cette honnêteté :

    Je ne vous dirai pas que j’aime le 4e arrondissement, ni que je vous aime. D’abord, parce que vous ne comprendriez pas un tel langage de ma part. Mais parce que ce n’est pas d’amour dont il s’agit 

    Les politiques, souvent, sombrent dans la facilité du langage, faisant appel à des sentiments – comme l’amour – qui ne sont en rien ce que l’on attend d’eux. Dominique n’est pas de ceux et celles là. Son discours est franc, les mots sont justes. Cette citation pourrait sembler être une anecdote. Elle est en fait pour moi le reflet de quelque chose de plus profond. Car, selon moi, Dominique incarne la différence entre Engagement Politique et Carrière Politique. Même si, de fait, elle fait carrière en politique, je pense que son engagement prime sur le carriérisme. Sa présence au plus près des militants en est une autre illustration.

    On pourra se dire que ce post est un peu incongru, je voulais juste parler d’elle. Car c’est vrai, cette femme mérite qu’on lui renouvèle notre confiance. Car ce bel arrondissement, le IVe, mérite une femme comme Dominique à sa tête.

     
  • binoo 0:15 on Saturday 13 October 2007 Permalien | Répondre  

    Peines plancher : justice rase-motte 

    Un bon édito du Monde daté du 12/10/07 illustre la dérive actuelle de la justice à travers l’exemple des peines plancher.

    Un parapluie volé dans une voiture ? Deux ans de prison ferme. Quelques euros dérobés dans un distributeur de boissons ? Deux ans ferme. L’achat de deux barrettes de cannabis pour une consommation personnelle ? Quatre ans ferme. Depuis l’entrée en vigueur de la loi du 10 août, qui fixe des peines planchers pour les récidivistes, les sanctions tombent, disproportionnées, souvent absurdes, distribuées de façon quasi automatique par des magistrats qui n’en peuvent mais, quoi qu’ils en pensent.

    Rien que le constat des absurdités de cette nouvelle loi fait froid dans le dos. Surtout quand on se souvient que la moindre tentative de déroger à la règle de la part d’un juge est punie d’une “mise au point” chez Mme la Garde des Sceaux.

    Mais ce n’est pas fini, car on se souvient que Nicolas Sarkozy nous a fait la morale, nous les mol pensants, nous la pensée unique, qui nous opposions à cette idée de peine plancher. Inutile de nier l’évidence : c’est pour protéger les victimes, et surtout – argument magique – “tous les autres pays le font”. Et là, l’edito du Monde devient très intéressant :

    Nombre d’experts, juristes et magistrats, psychiatres et sociologues, avaient pourtant mis en garde : malgré de multiples travaux, aucune corrélation n’a jamais pu être établie entre la sévérité de la peine et le taux de récidive. Mieux même, l’analyse du système de peines planchers instauré aux Etats-Unis ou au Canada depuis une vingtaine d’années démontre qu’il est souvent contre-productif, notamment chez les mineurs, comme l’a souligné la commission de suivi de la récidive du ministère de la justice, il y a quelques mois.

    Nous serions donc, sans le savoir, les premiers des Sarkozystes (je sais qu’il y a actuellement un débat intellectuel sur le thème : “le sarkozysme existe t-il ?”). En effet, s’opposer aux peines plancher, ce n’est rien d’autre que s’inspirer de “ce qui se passe dans les autres pays”, ceux justement qui plaisent le plus à notre cher Président, notamment les Etats-Unis.

    Et le Monde de prévenir, certes sur un ton moralisateur :

    Une justice automatique est une justice aveugle. Et une justice aveugle conduit, inévitablement, au déni de justice.

     
    • napoleonbonaparte 1:48 on Samedi 13 octobre 2007 Permalien

      Bah, la récidive cela ne concerne pas les divorces… Sinon, il serait mal Nicolas S. dans les prochains jours… ^o))

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