“Je suis à la tête d’un Etat en situation de faillite au plan financier.”
François Fillon, rencontre d’exploitants agricoles à Calvi, le 21/09/07
François Fillon commet deux erreurs dans cette phrase. Premièrement, et dans l’unique but d’être désagréable avec lui, force est de constater qu’il n’est pas, dans les faits, “à la tête de l’Etat”. Non, la tête, c’est Nicolas, il nous l’a encore rappelé hier soir. Deuxièmement, la question se pose de savoir si l’on peut réellement considérer que la France est en faillite.
Jean-Paul Fitoussi, directeur de l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Economiques), rappelait ainsi lors d’un chat organisé par lemonde.fr le 03/01/06 :
“Le Japon a une dette égale à 129 % du PIB, contre 66 % pour la France, soit presque le double. L’Italie a plus de 100 %. Et on ne se pose aucun problème de soutenabilité de la dette pour ces pays.”
[...]
“L’essentiel pour juger de la soutenabilité d’une dette, c’est la capacité d’épargne du pays, qui signifie la capacité d’accumulation de richesses par un pays. Or il se trouve que lorsqu’on raisonne selon cette variable de solvabilité, la capacité de l’épargne de la France (20 %) est beaucoup plus élevée que la capacité d’épargne anglaise ou américaine, qui sont inférieures à 10 %.
Donc déclarer la France en faillite, compte tenu de son taux d’épargne, serait déclarer la faillite de l’ensemble des pays riches de la planète, qui ont généralement une dette publique au moins aussi importante, et une capacité d’épargne moyenne plus faible.”
Fillon chercherait-il par son alarmisme à exister politiquement ? A moins qu’il vienne abonder dans le sens de sa ministre de l’économie, promettant un “plan de rigueur” pour la fonction publique ?
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