Le grand retour de Napoléon 

BonaparteLes vacances ont vraisemblablement porté conseil à Dominique de Villepin. Démoli en son temps par Nicolas Sarkozy, mis en examen dans l’affaire Clearstream, il devait réagir. Ce qu’il fait, comme d’habitude, en maniant avec brio notre belle langue.

Attention, je ne l’idolâtre pas. Je ne partage pas ses idées, je dénonce son bilan et je me refuse de pencher pour le complot de sa part ou de la part de Sarkozy sur Clearstream. Cela dit, ça fait du bien d’entendre des voix dissonantes dans la majorité, quelque part ça devrait également rassurer la majorité, l’idolâtrie n’étant jamais mère de qualité de l’action politique.

Voici donc quelques bons mots échangés :

“Ce n’est pas quand vous êtes entouré de béni-oui-oui, de cire-pompes et de courtisans que vous faites avancer un pays [...] On confond parfois le pouvoir et la gloire [...] Le Bourgeois gentilhomme, c’est toujours celui qui se met en scène. C’est forcément celui vers lequel les regards se tournent”

Dominique de Villepin – 05/09/07 – France Inter

Et ça agace…

“Il faut qu’il réfléchisse aux erreurs qui ont été commises aussi pendant sa période, c’est le meilleur service qu’il a à rendre”

Laurent Wauquiez – 05/09/07 – iTele

“S’il estime qu’on manque d’une opposition, après tout, il y a des emplois vacants”

Patrick Devedjian – 05/09/07

Le mot de la fin pour Dominique de Villepin

“J’ai été dans un gouvernement où Nicolas Sarkozy n’a pas arrêté d’expliquer qu’il fallait animer le débat, qu’il y ait des grandes voix, des consciences capables de porter le débat et de nous permettre d’aller plus d’animer le débat. Nicolas Sarkozy avait raison”

Dominique de Villepin – 05/09/07 – France Inter

C’est dit… Ce qui me glace, dans cette affaire, c’est à quel point certains, dans la majorité présidentielle, refusent le débat avec des membres de leur famille. On critique le PS de ne pas savoir se mettre d’accord. Ce qui est en partie vrai, mais l’Université d’Eté a bien démontré que sur bon nombre de sujets la famille savait débattre et se rassembler. Côté UMP, on semble être dans une vision bien manichéenne : tu cires les pompes de Nicolas ou tu es dans l’opposition. Assez contradictoire avec l’idée d’ouverture, au final.

L’équipe présidentielle ne devrait-elle pas s’ouvrir aux courants minoritaires de son parti ?