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  • binoo 17:18 on Tuesday 4 September 2007 Permalien | Répondre  

    Moi Homme Africain 

    Des petites phrases aux tristes parfums de racisme…

    “Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connait que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès”

    Nicolas Sarkozy – 26/07/07 – université sénégalaise de cheikh Anta Diop

    Comme si l’africain – volontairement sans majuscule – était un être primitif. Comme si l’africain était une espèce composée de millions d’individus indifférenciés. Comme si le Nord n’avait pas sa part de culpabilité dans l’état de ce qu’on qualifie de “continent oublié”. Comme si, enfin, “être en harmonie avec la nature” était un idéal d’un autre temps, alors qu’on voit bien aujourd’hui les ravages d’une industrialisation en dehors de ces considérations. De là à faire appel à une vieille séparation entre “pays civilisés” et “pays à civiliser”, il n’y a qu’un pas.

    Encore une fois, Sarkozy utilise là le même procédé que les néoconservateurs nord-américains : l’interprétation simpliste, manichéenne, du monde. Schématiser à outrance, pour obtenir l’approbation du plus grand nombre et interdire toute réflexion nuancée. Ces mots ont ému de nombreux dirigeants et citoyens de divers pays d’Afrique.

     
    • Astorg 22:23 on Mardi 4 septembre 2007 Permalien

      Allons, pas de procès d’intention. L’adjectif “africain” ne prend pas de majuscule, le substantif “Africain”, en revanche, oui.

      C’est vrai pour français/Français, allemand/Allemand, américain/Américain. Ce n’est pas du racisme, c’est la langue française (et non pas Française).

      Pour ce qui est de l’assimilation du président de la République et des soi-disant néoconservateurs américains, elle a été utilisée par une partie des médias à son encontre pendant la campagne présidentielle, mais sans convaincre beaucoup.

      Quand au caractère “raciste” de l’affirmation que la notion de progrès serait moins ancrée dans le vécu historique de l’homme africain, c’est une affirmation, là aussi, à manier avec précaution. Le racisme est (justement) perçu comme un comportement tellement injustifiable qu’on est parfois tenté de l’utiliser pour déconsidérer des prises de position qui ne peuvent pas être qualifiées ainsi soit parce qu’elle ne se rapportent pas à la notion de race (ainsi, critiquer l’islam n’est pas raciste, les mahométans n’étant pas une race).

      S’agissant des Africains (avec une majuscule cette fois), on sait qu’ils ne forment pas une race puisque des Blancs vivent au Nord et au Sud de l’Afrique tout en étant incontestablement africains. Mais on sait que “Africain” est souvent utilisé (et l’était certainement dans le cas d’espèce) pour désigner les Africains originaires de l’Afrique noire.

      Mais même s’il faut faire preuve de prudence en portant des jugements collectifs sur les membres d’une ethnie, ce n’est pas <ipso facto raciste. Sauf à considérer qu’on peut le faire pour certaines et pas pour d’autres. On peut être d’accord ou pas d’accord avec l’idée que les Africains ont un autre sens du temps que les Européens. Et même s’ils l’ont, il n’est pas certain que cela soit une si mauvaise chose. Le président de la République s’exprime ici comme beaucoup d’Occidentaux dont la vision est fortement marquée par la prime donnée à l’individu et à l’action individuelle, alors que la tradition africaine (au sens de subsaharienne) subordonne l’individu à l’Histoire. C’est cela que j’aurais dit plutôt que de dire que l’Africain n’est pas entré dans l’Histoire. Donc je ne suis pas d’accord, pour une fois, avec le président de la République ou du moins avec l’analogie qu’il faite dans cette affirmation.

      Mais faire une affirmation contestable, collectivement, à propos des membres d’une ethnie n’est pas “raciste” en soi.

    • binoo 22:38 on Mardi 4 septembre 2007 Permalien

      Merci pour le commentaire. Pour le cas de la majuscule, c’est dans mon interprétation que je disais “avec un a minuscule”. Le discours de Sarkozy ne comportait évidemment pas cette distinction.
      Je suis d’accord sur le fait que le mot “raciste” est surement mal utilisé dans ce contexte.
      Cela dit, on ne peut ignorer le petit jeu de Sarkozy. Même si tu le réfutes, il aime à simplifier les choses à outrance, et il sait précisément ce qu’il fait, et à qui il s’adresse. Aussi, quand il qualifie de “drame de l’Afrique” le détail que tu soumets ici, c’est considérer que c’est le principal, voire même le seul, problème de l’Afrique. Or, de la colonisation, la marchandisation de la santé, le capitalisme le plus primaire, la vente d’armes, la corruption sont autant de maux en partie importés du Nord et qui sont autrement plus responsables de ce drame Africain. C’est ça, à mon avis, qu’il convient de combattre, et non l’idéal “d’harmonie avec la nature” du paysan africain.

    • Astorg 22:56 on Mardi 4 septembre 2007 Permalien

      Il est incontestable que le vrai débat est sur la place et le rôle du colonialisme dans l’Histoire de l’Afrique et c’est ce sujet, vraisemblablement, plutôt que celui, assez galvaudé voire foireux, en définitive, du “racisme”, qui a motivé ton post.

      C’est un sujet beaucoup plus intéressant quoique assez sensible.

      Le président de la République a pris position, pendant la campagne présidentielle, contre l’acceptation systématique et sans nuance de la notion de “repentance” à propos des aventures extraeuropéennes de la France.

      Même si le sujet n’a jamais été au coeur des débats pendant la campagne (et sans doute à juste titre car il n’était pas au coeur des enjeux politiques et économiques qui intéressaient les Français), je crois que cette position a suscité un malaise chez certains électeurs.

      Et aussi, quoique ce fil de commentaires ne soit sans doute pas le lieu le plus approprié pour le faire, j’aurais tendance à penser qu’il a eu raison de dire que tout n’est pas négatif dans le bilan de la colonisation, que tout n’est pas positif dans l’action des dirigeants qui ont succédé aux régimes coloniaux depuis 1960 et que ce n’est pas en fondant notre action sur la culpabilité totale des uns et la victimisation à outrance des autres qu’on résoudra les problèmes dramatiques d’un continent qui s’enfonce dans une crise de plus en plus grave depuis quelques années… pour ne pas dire depuis 1960 justement.

    • Astorg 22:57 on Mardi 4 septembre 2007 Permalien

      Et aussi, sujet qui n’a rien à voir, pourquoi mon Gravatar ne s’affiche-t-il pas sur ton blog? Est-ce parce que je suis d’origine étrangère, ou est-ce purement technique? :p

    • binoo 13:44 on Mercredi 5 septembre 2007 Permalien

      Ah je ne sais pas, j’utilise la version online de WordPress, tu crois qu’on doit les taxer de racisme ? ;)
      Par ailleurs, je partage l’idée qu’il ne faut pas vivre dans la repentance, mais reconnaitre ses erreurs passées pour avancer me semble en revanche une condition nécessaire, notamment au maintien d’une force diplomatique. Si on regarde l’état de l’Afrique aujourd’hui, ce qu’il manque au fond, c’est les moyens de se développer par elle-même, c’est de la volonté politique de la part des dirigeants de ces pays mais aussi des autres dirigeants. Les questions de santé aussi : est-il humainement acceptable de ne pas dire un mot sur les génériques en Afrique ?
      N’oublions pas non plus que les “dirigeants qui ont succédé aux régimes coloniaux” étaient bien souvent adoubés, entretenus par des pays du Nord. Sans repentance, ne l’oublions pas pour avoir une analyse fine et réaliste du “problème du continent oublié”.

  • binoo 13:52 on Tuesday 4 September 2007 Permalien | Répondre  

    Sarkozy, Boutin et la famille 

    Un article datant de l’entre deux tours de la présidentiel, posté par Christine Boutin sur son blog le 03/05/07 :

    “Comme l’a dit hier Nicolas Sarkozy lors du débat télévisé, face à Ségolène Royal, la famille occupe pour lui une place essentielle dans notre société. On peut d’ailleurs voir que le programme de l’UMP a repris certaines idées du FRS à ce sujet. Nicolas Sarkozy croit à la famille, et à la famille fondée sur l’altérité : un père et une mère sont nécessaires pour un juste équilibre.”

    Jugement à l’emporte pièce, sans consultation, sans justification. Jugement fondé sur une inégalité. Cette femme est devenue Ministre, cet homme est désormais Président.

     
    • titi 15:17 on Mardi 4 septembre 2007 Permalien

      Petit commentaire politique…

      Que dire en effet devant tout CA ? J’ai renoncé à critiquer trop de front les propositions / actions / mouvements / revirements de notre Président.

      Et oui… car malheureusement il n’y a pas grand-chose à faire face à la démagogie quotidienne. Les prises de positions faciles. Les indignations. Les coups de poker.

      Mais l’état de grâce de NS, réjouis-toi, n’est pas ce qu’il semble, en dépit des sondages. Je sens autour de moi que cette popularité insolente n’est pas stable. Les gens aiment l’image de Sarko, en mouvement, “celui-qui-peut-tout-faire-tellement-qu’il-est-fort”. Mais sa politique n’emballe personne. Les ministres peinent à exister.

      L’opposition patine mais moins à cause des personnes (en dépit des petites phrases, livres assassins et autres…) que de la majorité. La majorité a encore trop confiance en elle pour pouvoir entendre les critiques… mais cela ne sera pas éternel.

      Et déjà… Dominique de Villepin attaque sec. Il ne dit que des choses terriblement vraies. Et déjà… les magistrats se révoltent. Je crois que ce qui déstabilsera d’abord NS (Notre Seigneur), ce n’est pas un mouvement populaire mais au contraire un mouvement d’”élite”, attachée aux valeurs telles que la séparation des pouvoirs.

      Bref, je pourrais parler de Sarkozy pendant des heures. Mais je n’en ai plus la force, il m’epuise.

      A +

    • elrali 15:44 on Mardi 4 septembre 2007 Permalien

      Content de voir que tu as repris ton blog! continue!!!

    • binoo 16:43 on Mardi 4 septembre 2007 Permalien

      En effet Titi, j’ai la même conviction que toi. Et je pense que du côté de l’opposition, les choses se décantent. On l’a bien vu à La Rochelle, malgré l’UMP qui a tenté de ternir cette Université d’Eté, le PS sans ses “tenors” a travaillé, a proposé, et était plutôt d’accord.
      Pour l’état de grace, il est en effet apparent, et il y a une certaine incohérence : d’un côté, Sarkozy reste plébiscité par une large majorité des français, de l’autre une majorité est pessimiste sur les 6 prochains mois…

  • binoo 13:46 on Tuesday 4 September 2007 Permalien | Répondre  

    Choisir son travail 

    Une citation qui n’est plus très récente, mais qui m’a fait bondir à l’époque. Elle provient de notre très libérale Ministre de l’économie, et fait preuve au mieux de beaucoup de naïveté, au pire d’un mépris intolérable :

    “Le travail recèle la possibilité d’un épanouissement personnel. Ainsi que le dit Confucius : “Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie”. L’article premier de la loi encourage ainsi le développement des heures supplémentaires, c’est-à-dire effectuées au-delà de la durée légale du travail de 35 heures.”

    Christine Lagarde – discours à l’assemblée nationale – 10/07/07

    Et si on la prenait au mot, et qu’on demandait d’inscrire dans la constitution le droit de “choisir le travail que l’on aime” ? Car enfin, quelle méprise, quelle méconnaissance de la société que de croire, ou de tenter de faire croire, que chacun est en situation de choisir son travail. Et, au passage, cette utopie ne serait-elle pas en totale contradiction avec la vision du Président Sarkozy, plutôt adepte du “un travail avant tout”, souhaitant supprimer l’allocation chômage à ceux qui feraient la fine bouche sur leur nouvel emploi ? Pour eux, en somme, le temps du choix viendrait plus tard.

     
  • binoo 13:20 on Tuesday 4 September 2007 Permalien | Répondre  

    Peine de mort : info ou intox ? 

    Voici quelques citations qui, si elles sont avérées, sont plutôt alarmantes sur l’évolution de notre justice.

    Le père du petit Enis, enlevé et violé par un pédophile récidiviste en aout dernier a déclaré dans une interview parue sur le site de Karl Zero : “[Nicolas Sarkozy est] pour la peine de mort pour les pédophiles parce qu’ils s’en prennent à nos enfants” et que “c’est vraiment des dangereux”. Il aurait également ajouté être “d’accord” pour la mise en place d’“hôpitaux fermés” et de “castrages” (castrations) à l’époque où il était ministre de l’Intérieur. “Mais à ce qu’il m’a dit, il avait été freiné”.

    Prenons tout de même ces déclarations avec prudence : elles ont été aussitôt démenties par l’Elysée.  Cela dit, parce que je suis probablement très méchant avec notre Président de la République, je pense qu’il a pu tenir de tels propos, quand on se souvient de ses déclarations sur le déterminisme génétique (“J’incline à penser qu’on nait pédophile”).

     
    • Astorg 21:57 on Mardi 4 septembre 2007 Permalien

      Méchant, vous? ? Impossible! ! Non, le président de la République, comme ses deux prédécesseurs et comme la majorité des Français, est hostile à la peine de mort, dont le rétablissement supposerait de modifier la Constitution et de dénoncer des engagements internationaux censés être irrévocables.

      La colère ressentie par un père est compréhensible. Mais en diffusant ou en crédibilisant ces propos, on risque de rouvrir un débat qui était censé avoir été clos à jamais.

    • binoo 22:09 on Mardi 4 septembre 2007 Permalien

      Oui en effet. J’ai d’ailleurs hésité avant de le publier. Puis j’ai cédé, me disant qu’après tout mon objectif était d’interpréter la politique par le petit oeil des citations. Dans ce contexte, j’ai donc souhaité y faire référence, en prenant tout de même les pincettes nécessaires.
      Cependant, je ne saurais être si catégorique en disant qu’il n’a pas tenu ces propos. Je ne sais pas. Je pense qu’ils sont au moins ré-interprétés, qu’il ne l’aurait pas dit comme ça. Peut-être l’a t-il simplement suggéré, par un non-dit ou un hochement de tête de compassion. Auquel cas on ne peut pas réellement lui en tenir rigueur.
      C’est en tous cas une conséquence directe de la politique spectacle voulue par le président. Recevoir le père d’une victime, sur le vif, ça conduit forcement à la compassion – ce n’est pas un sentiment négatif, mais c’est difficile à concilier avec l’exercice politique, surtout dans le cadre d’une justice impartiale.

    • Astorg 22:27 on Mardi 4 septembre 2007 Permalien

      Bah, on vous pardonne, dès lors que ce qui vous motive, c’est le combat contre la peine de mort, dont on peut se réjouir qu’il rassemble, en France, au-delà des clivages politiques et pas des objectifs plus bassement politiques.

      Mais attention quand même hein. A l’heure où où la peine de mort est requise, prononcée et exécutée contre des innocents dans un pays développé qui se dit notre allié et contre des femmes et des enfants dans certains pays du Moyen-Orient, l’espace de mon propre blog sera consacré à d’autre combats que je vosu invite à rejoindre.

  • binoo 13:04 on Tuesday 4 September 2007 Permalien | Répondre  

    11 400 : un chiffre dérisoire 

    Les ministres de M. Sarkozy n’ont décidemment pas (suffisamment) la langue dans leur poche. On ne peut que louer leur sens de la franchise.

    Xavier Darcos, interviewé à propos du non renouvèlement d’un départ sur trois à la retraite dans l’éducation, soit 11 400 postes supprimés :  “Cela n’aura pas d’effet sur la pédagogie, c’est un chiffre dérisoire, ce n’est que 0,8% de la masse” (déclaration du ministre de l’Education nationale en marge d’une visite au collège Anne Frank, à Roubaix (Nord) 03/09/2007).

    Plusieurs remarques personnelles :

    1- Comment peut-on dire précisemment que cela représente 0,8% de la masse alors qu’on a martelé à loisirs pendant la présidentielle que personne ne savait précisemment quantifier l’effectif total de l’éducation nationale ?

    2- Comment le ministre des professeurs peut-il juger que 11 400 d’entre eux sont “dérisoires” ?

    Pour rappel, une définition par les Immortels :

    DÉRISOIRE adj. XVe siècle, au sens 1 ; XIXe siècle, aux sens 2 et 3. Emprunté du bas latin derisorius, « dérisoire, illusoire ».
    1. Class. Qui a la dérision pour objet ; qui est dit ou fait à dessein de moquer. Des paroles dérisoires. 2. Ridiculement inapproprié, déplorablement vain. Ils n’ont opposé qu’une résistance dérisoire. Se trouver dans une situation dérisoire. Il nous a fait une offre dérisoire. 3. Faible, insignifiant. Un prix dérisoire. Les résultats sont dérisoires.

     
  • binoo 11:15 on Tuesday 4 September 2007 Permalien | Répondre  

    Plan de rigueur 

    Parfois, on dit des choses en trop. Christine Lagarde en a fait les frais.

    Lors du “Grand Rendez-Vous” de Europe-1/Le Parisien/TV5, la ministre a déclaré : “Bien sûr que nous préparons un plan de rigueur, mais ce plan de rigueur, il est destiné à la fonction publique pour l’essentiel (…) il n’est pas question de plan de rigueur vis-à-vis du consommateur français”.

    Gaffe ? Discours-vérité ? A nous de juger, biensur, mais vu les réactions de son propre camp, ça sent le roussi… Y’a comme un malaise depuis la rentrée dans le gouvernement, non ?

    Extrait de quelques réactions :

    “Il n’y a pas de plan de rigueur” – François Fillon – 03/09/07 – France Inter

    “Je parlerais plutôt d’un plan de revalorisation” – Claude Géant (le très médiatique secrétaire général de l’Elysée) – 02/09/2007 – Le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI

    Un peu tendus, à l’UMP ?

    RIGUEUR (subst. fem.)  : Sévérité inflexible, austérité, dureté extrême. Mesures de rigueur; rigueur des sanctions, des lois; user de rigueur; traiter qqn avec rigueur. La rigueur des condamnations se trouva être assez variable suivant la composition des jurys (De Gaulle, Mém. guerre, 1959, p. 107)

     
  • binoo 10:50 on Tuesday 4 September 2007 Permalien | Répondre  

    Tous collabos ? 

    En tous cas, c’est ce que voudrait nous faire croire notre cher Président. Je le cite :

    “J’ai demandé à la Garde des sceaux Rachida Dati d’interdire la pratique des dénonciations anonymes (…) A quoi sert d’expliquer à nos enfants que Vichy et la collaboration, c’est une page sombre de notre histoire et de tolérer des contrôles fiscaux sur dénonciation anonyme ou des enquêtes sur dénonciation anonyme” [Nicolas Sarkozy - 30/08/07 Université d'été du Medef]

    Vous en pensez quoi, vous ? Perso, je trouve ça pas très très pro de la part d’un président de la république de comparer le régime de Vichy, page effectivement sombre de notre histoire, et la dénonciation de manœuvres économiques, même lorsqu’elles sont infondées. Même le pire des corbeaux ne mérite pas d’être comparé à un Petain. Parce que, quelque part, ne serait-ce pas aussi comparer la justice au régime nazi ?

     
  • binoo 10:22 on Tuesday 4 September 2007 Permalien | Répondre  

    Les mots et l’action 

    Ca aura donc duré quelques mois.

    Quelques mois d’observation de la nouvelle vie politique. Quelques mois de désolation devant les déchirements de mon parti. Quelques mois de vacances également.

    Et me revoilà. Motivé par quoi ? Plusieurs facteurs :

    - une université d’été plutôt remotivante, avec l’impression d’une envie de changement

    - des prises de position sarkozystes de plus en plus hubuesques et dangereuses

    J’imaginais me consacrer presque exclusivement à la reprise de citations, sourcées, et les commenter. Car souvent, dans la manière dont s’agite la sphère politique aujourd’hui, l’”action” se résume à des bons mots échangés, à des formules alléchantes. Quand la politique est un show, le moindre mot créé l’évènement. Je pense à “rupture”, “racaille”, mais aussi plus récemment “plan de rigueur”, “choc de croissance”…

    Très vite donc ici, vont fleurir des citations, et si ça vous dit, on s’amusera à décortiquer tout ça ensemble.

    Fabien

     
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