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  • Sarkozy, l’ONU, la France et les journalistes 

    binoo 15:13 on Friday 28 September 2007 Permalien | Répondre

    Heureusement que Rue 89 est là de temps en temps… Voici un article qui nous explique un préoccupant précédent dont l’origine est, une fois de plus, notre cher PR.

    Mardi midi, les correspondants non-français à l’ONU ont la surprise de se voir fermer la porte de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy. Quelques heures après avoir plaidé pour un “nouvel ordre mondial” à la tribune des Nations unies, le Président ne veut parler qu’aux siens.

    A l’intérieur de la salle 226, Frank Louvrier, chef du service de presse de l’Elysée, semble agacé de voir que des journalistes étrangers venus assister à la conférence de presse précédente du Premier ministre espagnol José Zapatero n’ont pas quitté la salle. A l’entrée, des représentants de la mission française filtrent. “French media only!”

    Les journalistes internationaux sont ulcérés. Le Vietnamien Tuyet Nguyen tente de négocier de rester dans la salle de presse, au titre de président de l’association des correspondants aux Nations unies. D’accord, concède le porte-parole de la misson française… à condition de ne pas poser de questions. (Tuyet Nguyen n’y est pas allé.) Une journaliste libanaise fait valoir qu’elle écrit en français dans son journal. “Quel est votre passeport ?” lui demande-t-on.

    Matthew Russell Lee, qui anime un site essentiellement consacré à l’actualité des Nations unies, a expliqué à Rue89:

    “L’ONU est quand même le dernier endroit où on devrait pouvoir exclure des gens sur la base de leur passeport. Sarkozy n’avait qu’à recevoir les journalistes français à l’ambassade ou à la mission française. C’est un terrible précédent…

    “Si Bush osait faire la même chose à l’ONU, ce serait l’émeute!”

    L’association des correspondants des Nations unies envisage de déposer une plainte qu’elle compte faire relayer par Michele Montas, porte-parole du secrétaire général.

    Ironiquement, la conférence de presse a été retransmise sur les télévisions de l’ONU, et traduite en anglais. Les journalistes internationaux pouvaient écouter, mais pas poser de question.

     
  • Elysee.fr : accessibilité 

    binoo 10:58 on Friday 28 September 2007 Permalien | Répondre

    Comme vous le savez, le site de l’Elysée s’est habillé aux couleurs du site de campagne de Nicolas Sarkozy. Après avoir beaucoup ri sur la création de PR TV, et l’absence de forum participatif, je me suis mis frénétiquement à tester les performances du site.

    Et donc, pour nous détendre : rendez vous sur la page de contact du Président puis cliquez sur le bouton play du lecteur “écouter cette page”.

    Il faut écouter jusqu’à la fin, c’est délectable.

    Ajout : en fait, c’est sur toutes les pages, je vais essayer de compiler un mégamix. Essayez par exemple : ici

     
    • Astorg 2:03 on Lundi 1 octobre 2007 Permalien

      Huhuhu, excellent, heureusement que tu es là pour faire une veille technologique sur les sites de notre président bien-aimé.

  • Son altesse Sarkozy 

    binoo 11:33 on Wednesday 26 September 2007 Permalien | Répondre

    Vu sur le site de l’UMP pour le vote interne sur la réforme des statuts :

    “La victoire à l’élection présidentielle de Nicolas SARKOZY et sa démission de la présidence de l’UMP pour se conformer à l’esprit de la Vème République, oblige l’UMP à réformer son mode de gouvernance.

    Nicolas SARKOZY demeure l’inspirateur et le leader de notre famille politique. Néanmoins, nous devons compléter nos Statuts…”

    Nicolas Sarkozy aurait donc inspiré l’UMP ? Ah. Enfin, ce qui est amusant surtout, c’est la tournure, le lyrisme presque avec lequel Son Altesse Le Président de la République est présenté par ses amis fidèles.

     
  • La gauche moderne, par Bockel 

    binoo 11:23 on Wednesday 26 September 2007 Permalien | Répondre

    Jean-Marie Bockel nous présente la Gauche Moderne, un parti pour “sarkozystes de gauche”.

    Alors l’expression “Sarkozyste de Gauche” est tout de même assez marrante. Parce qu’intégrer un gouvernement est une chose. On peut à la limite entendre (même si je ne le comprends pas) l’argument visant à dire “sur mon portefeuille ministériel, j’ai une vision proche de celle de N. Sarkozy, et pour le reste, je garde ma liberté”. Mais être “Sarkozyste de gauche”, ça voudrait dire à la fois porter les valeurs de la gauche, en assumer son passé (parfois même son passif) ET être en accord avec l’ensemble de la politique et de la façon de faire de la politique de Nicolas Sarkozy. Ca veut donc dire :

    - être de gauche et pour la franchise médicale

    - être de gauche et pour les tests ADN pour les candidats au regroupement familial

    - être de gauche et pour le bouclier fiscal

    - être de gauche et pour les quotas d’immigration sur le métier ET sur l’origine

    - être de gauche et pour une vision de la justice comme catharsis pour les victimes

    - être de gauche et contre la police de proximité

    Pour moi, ça fait vraiment beaucoup pour un seul homme…

    Enfin, pour le fun, un petit clin d’oeil à la modernité : regardez le site Internet du club Gauche Moderne, comme il fait… moderne !

     
    • Astorg 14:58 on Mercredi 26 septembre 2007 Permalien

      Bah il est zoli, ce site. Minimaliste. La gauche moderne, c’est celle qui est belle et qui se tait. Non?

    • napoleonbonaparte 2:02 on Jeudi 27 septembre 2007 Permalien

      Il y avait bien des gaullistes de gauche, et même au début de la IIIème république des bonapartistes de gauche aussi.

      PS : Le site fait pitié, je te l’accorde. :D

    • Astorg 22:46 on Jeudi 27 septembre 2007 Permalien

      En fait, les sarkozystes de gauche ont été très actifs et, je dois le dire, très efficaces quoique avec discrétion pour certains d’entre eux, pendant toute la campagne électorale. Tout a démarré en 2005.

      Certains copains de Fabinoo sont bien placés pour le savoir… mais je ne dénoncerai personne lol.

  • De l’utilité du Grenelle 

    binoo 23:02 on Tuesday 25 September 2007 Permalien | Répondre

    On savait déjà que la fonction de “Ministre d’Etat” était totalement injustifiée pour le Ministère-spectacle du Développement et de l’Aménagement Durables (MEDAD).

    Borloo nous le montre une nouvelle fois, et fait même d’une pierre deux coups, démontrant par la même combien les décisions prises au Grenelle de l’environnement seront écoutées :

    “C’est le président qui décidera”

    Jean Louis Borloo, au sujet du moratoire sur les OGM, le 25/09/07

     
  • Saint Nicolas 

    binoo 22:56 on Tuesday 25 September 2007 Permalien | Répondre

    “Je veux dire au nom de la France, je veux le dire solennellement et avec gravité : il y a trop d’injustices dans le monde pour que le monde puisse espérer vivre en paix”

    Bah oui, des injustices comme les régimes spéciaux, les pauvres riches qui sont taxés à plus de 50% de leurs revenus, etc.

    “Au nom de la France, j’appelle tous les Etats à se réunir pour fonder le nouvel ordre mondial du XXIe siècle sur cette idée forte que les biens communs de l’humanité doivent être placés sous la responsabilité de l’humanité toute entière”

    “La France pense que nous n’avons plus le temps d’attendre, la France demande l’action, la France encourage l’action, la France sera au rendez-vous de l’action au service de la paix dans le monde”

    Nicolas Sarkozy, ONU, 25/09/07

    Là, je crois qu’on est partis très très loin… Parce que dans le genre spectacle, là on était plus du côté “C’est Guignol” que “film d’auteur”. En bref, ce qu’il faut comprendre, c’est que heureusement que La France (lisez ‘Sarkozy’) est de retour à l’ONU, parce qu’on va sauver le monde.

    On l’avait dit, que SuperSarko allait nous sauver.

     
  • Le droit d’ingérence ne s’applique t-il pas en Birmanie ? 

    binoo 10:01 on Tuesday 25 September 2007 Permalien | Répondre

    On a souvent légitimé des guerres contre des dictatures, invoquant le droit d’ingérence dans le cas de la préservation des droits de l’Homme. Cette notion controverse semble en tous cas celle suivie dans plusieurs cas.

    Mais tout est différent pour le cas de la Birmanie. Ce pays sous une junte militaire, dont la prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, candidate victorieuse des législatives de 1990 jamais autorisée à gouverner est détenue prisonnière. Ce pays où en 1988 une répression sanglante avait suivie une manifestation pour la démocratie. Ce pays qui aujourd’hui risque de répéter ce qui s’est passé en 1988.

    Face à ça, la communauté internationale reste plutôt muette, appelant au mieux la junte militaire à la “retenue”. Et pourtant, des analystes prévoient déjà une épreuve de force pouvant s’élever à 3000 morts. Et pourtant, la figure pacifiste du Dalaï Lama et les bonzes sont des portes drapeau de ce mouvement sans précédent.

    Espérons pour une fois que les démocraties occidentales apportent leur soutien aux populations pour un soulèvement vers une démocratie.

     
    • Astorg 10:07 on Mardi 25 septembre 2007 Permalien

      Je crois que l’urgence, absolue, c’est de faire en sorte d’aider un vieux et très grand peuple à cesser de subir ceci… Et je parle des crimes du régime, qui durent depuis 1979 dans l’indifférence générale, pas de la nature de leur armement.

    • binoo 10:12 on Mardi 25 septembre 2007 Permalien

      Je ne crois pas qu’il y ait une seule “urgence absolue”. Il est impensable pour moi de se dire “d’abord l’Iran, on verra le reste après”… Des drames comme le Darfour, ou comme ce qui se profile sous nos yeux (et surtout sous les yeux des médias) en Birmanie ne peuvent être mis au second plan.
      Les crimes, qu’ils se situent en Iran, au Darfour ou en Birmanie doivent être punis, l’ingérence est justifiée dans ces cas.
      C’est en tous cas ma position, mais ne parlons pas d’une urgence absolue prévalant sur toutes les autres.

    • titi 10:58 on Mardi 25 septembre 2007 Permalien

      “d’aider un vieux et très grand peuple” :
      beurk on dirait la rhétorique sarkozyenne

      Et si les même crimes se déroulent en Slovenie, ça sera moins grave car ce n’est qu’un petit peuple ? Et sans aller dans la fiction, la situation des Coréens du Nord est-elle meilleure que celle des Iraniens ?

      Question subsidiaire : quels moyens est-il possible d’utiliser ? Guerre ou non ?

    • binoo 11:04 on Mardi 25 septembre 2007 Permalien

      Voilà, ça c’est des vraies questions à mon avis. Plutôt que d’essayer de corréler la puissance des moyens mis en oeuvre à la “grandeur” supposée d’un peuple, ce qui n’a en effet aucun sens, mieux vaut se concentrer sur les actions possibles.
      Et dans le cas de l’Iran, on le sait bien, l’émoi des grandes puissances est plus liée à la richesse du sous-sol et à son positionnement stratégique qu’à la grandeur du peuple…
      Cessons d’être dupes !

    • Astorg 1:34 on Mercredi 26 septembre 2007 Permalien

      @titi : Tu peux garder tes beurks, merci. Un très grand peuple qui tombe sous le joug d’une bande de criminels pareils, ce sont les mêmes crimes et la même souffrance, mais pas la même chute.

      Mais ne vas pas faire dire ce que je n’ai pas dit, hein? Cela dit, si le politiquement correct t’amuse, tu as tout a fait le droit de décréter que les gens qui tombent de plus haut que les autres n’ont pas le droit d’avoir plus mal.

      Réponse à la question subsidiaire : L’idéal, c’est quand même que le peuple en question se soulève de lui-même. Mais l’expérience démontre que ça n’arrive pas toujours (1933-1945) et qu’il faut parfois une aide extérieure.

      @binoo : C’est bien ce que je regrette, justement. Les grandes puissances, à commencer par les Etats-unis et la France, ont fermé les yeux sur les crimes des mollahs depuis 1979 et ne commencent à s’affoler que maintenant, parce qu’au lieu de pendre des enfants et lapider des femmes, ils risquent de nous envoyer des missiles.

    • titi 9:46 on Mercredi 26 septembre 2007 Permalien

      @Astorg :

      bon au moins on est d’accord sur la question subsidiaire

      Pour le reste, je ne pense pas qu’on ait plus mal quand on tombe de plus haut et je ne vois pas ce qu’il y a de politiquement correct à cela.

      P.S : le beurk ne t’était pas déstineé, ta phrase m’a rappeler les discours de NS sur la Turquie, la Chine, l’Iran, la Pologne, etc…

    • titi 10:39 on Mercredi 26 septembre 2007 Permalien

      P.S : le beurk ne t’était pas déstiné, ta phrase m’a rappelé les discours de NS sur la Turquie, la Chine, l’Iran, la Pologne, etc…

      [et dsl pour fautes)

    • Astorg 14:55 on Mercredi 26 septembre 2007 Permalien

      @titi :

      Merci de ne pas m’avoir beurké.

      Au fond, la varie question, c’est qu’il y a parfois des choix à faire dans l’ingérence. Il n’est pas toujours possible se battre, en chevalier sans peur et sans reproche, contre tous les vilains canards de la planète. Et dans l’horreur, l’Iran me paraît être (et avoir été dès 1979) quand même pire que la Pologne, la Turquie et même la Chine ou la Birmanie.

      Au risque de faire un parallèle déplaisant, la question demeure de savoir ce qui se serait passé, après Stresa, si les démocraties n’avaient pas choisir de se mettre à dos Mussolini sur l’Ethiopie en 1935 (alors qu’il était au départ l’ami de la France et de l’Angleterre), alors que Hitler était clairement à la fois le plus dangereux Et le plus répugnant des deux.

    • Astorg 16:46 on Mercredi 26 septembre 2007 Permalien

      *vraie

      *choisi

  • Nucléaire renouvelable 

    binoo 16:20 on Monday 24 September 2007 Permalien | Répondre

    “Il faut en parler, du nucléaire, comme de toutes les autres énergies renouvelables”

    Nicolas Sarkozy, le 24/09/07, conférence sur le réchauffement climatique, ONU.

    L’énergie nucléaire est aujourd’hui produite à partir d’Uranium, qui est un minerai. Comme toute ressource minière, elle est dépendante du niveau de réserves.

    Le nucléaire n’est pas une énergie renouvelable…

     
    • napoleonbonaparte 17:36 on Lundi 24 septembre 2007 Permalien

      T’es chafouin là… “Autres” lui a échappé… Il faut y voir l’idée générale là… Les énergies “contemporaines” quoi. 8-)

      Et compte tenu des discours sur le fond de ta candidate qui variait tous les jours sur la question du nucléaire, tu ferais mieux de te faire discret sur ce sujet. :p

    • Astorg 1:14 on Mardi 25 septembre 2007 Permalien

      Elle l’est beaucoup plus que les énergies fossiles car même les déchets peuvent être réutilisés.

      Et surtout, c’est une source d’énergie qui ne réchauffe pas la planète. Aussi longtemps que des sources d’énergie encore plus sûres et moins coûteuses ne seront pas disponibles en quantité et à un coût intéressant (mais elle le seront et sans doute bien avant l’épuisement des réserves mondiales d’uranium), le nucléaire est donc la moins mauvaise solution.

      Enfin, l’essentiel de nos réserves d’uranium est situé dans des pays amis et politiquement sûrs.

    • binoo 8:32 on Mardi 25 septembre 2007 Permalien

      Attention, mon post n’avait pas pour vocation à alimenter le courant “sortir du nucléaire”, mais juste à faire remarquer à notre SuperPrésident qui sait tout sur tout que NON, le nucléaire n’est pas une énergie renouvelable. Sinon, EDF pourrait se féliciter d’être le fournisseur d’électricité le plus “renouvelable” au monde…

    • Astorg 10:03 on Mardi 25 septembre 2007 Permalien

      @binoo : Ben sans vouloir pinailler, si, elle l’est justement, au moins dans la mesure où le combustible peut servir plusieurs fois…

    • Sylvie 0:57 on Jeudi 15 novembre 2007 Permalien

      Toujours utile de s’informer à une bonne source :
      http://travail-chomage.site.voila.fr/energie/fin_uranium.htm

      Et lorsqu’il n’y aura plus d’uranium et pas encore de réacteurs de 4e génération (à supposer qu’il y en ait un jour) … on fait quoi avec le nucléaire ?

  • Fillon alarmiste 

    binoo 16:45 on Friday 21 September 2007 Permalien | Répondre

    “Je suis à la tête d’un Etat en situation de faillite au plan financier.”

    François Fillon, rencontre d’exploitants agricoles à Calvi, le 21/09/07

    François Fillon commet deux erreurs dans cette phrase. Premièrement, et dans l’unique but d’être désagréable avec lui, force est de constater qu’il n’est pas, dans les faits, “à la tête de l’Etat”. Non, la tête, c’est Nicolas, il nous l’a encore rappelé hier soir. Deuxièmement, la question se pose de savoir si l’on peut réellement considérer que la France est en faillite.

    Jean-Paul Fitoussi, directeur de l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Economiques), rappelait ainsi lors d’un chat organisé par lemonde.fr le 03/01/06 :

    “Le Japon a une dette égale à 129 % du PIB, contre 66 % pour la France, soit presque le double. L’Italie a plus de 100 %. Et on ne se pose aucun problème de soutenabilité de la dette pour ces pays.”

    [...]

    “L’essentiel pour juger de la soutenabilité d’une dette, c’est la capacité d’épargne du pays, qui signifie la capacité d’accumulation de richesses par un pays. Or il se trouve que lorsqu’on raisonne selon cette variable de solvabilité, la capacité de l’épargne de la France (20 %) est beaucoup plus élevée que la capacité d’épargne anglaise ou américaine, qui sont inférieures à 10 %.

    Donc déclarer la France en faillite, compte tenu de son taux d’épargne, serait déclarer la faillite de l’ensemble des pays riches de la planète, qui ont généralement une dette publique au moins aussi importante, et une capacité d’épargne moyenne plus faible.”

    Fillon chercherait-il par son alarmisme à exister politiquement ? A moins qu’il vienne abonder dans le sens de sa ministre de l’économie, promettant un “plan de rigueur” pour la fonction publique ?

     
    • Astorg 13:59 on Dimanche 23 septembre 2007 Permalien

      Huhuhu, assez bien vu je dois l’avouer, vraiment ce Fillon, sans commentaire.

    • Astorg 13:59 on Dimanche 23 septembre 2007 Permalien

      PS : je préférais l’ancienne mise en page de ce blog (mais ça n’engage que moi).

    • napoleonbonaparte 0:58 on Lundi 24 septembre 2007 Permalien

      Ce n’est pas parce que d’autres parmi les grandes puissances économiques vivent encore plus au-dessus de leurs moyens que nous que l’on doit continuer sur cette voie.

      Sinon, p

      PS : je préférais aussi l’ancienne mise en page. ;)

    • napoleonbonaparte 1:01 on Lundi 24 septembre 2007 Permalien

      Sinon, pas le moindre post sur la très riche “rentrée littéraire” du PS sur ton blog ? Pas de fiches de lectures ? ^o)))

    • napoleonbonaparte 1:02 on Lundi 24 septembre 2007 Permalien

      * que l’on doit nous aussi continuer sur cette voie.

    • binoo 8:48 on Lundi 24 septembre 2007 Permalien

      Merci pour vos commentaires ;)

      Pour la mise en page : ok, ok, je vais repasser à l’ancienne, ou en proposer encore une autre (mon idée, c’était de passer à une mise en page “100%” pour avoir le plus de place possible dédiée au texte).

      Pour la rentrée littéraire Napoléon, je veux bien commenter le grand retour d’Amélie Nothomb(après des années de flottement, son nouveau roman “Ni d’Eve, ni d’Adam” est enfin agréable). Le reste ne mérite selon moi pas de commentaire, c’est de l’ordre de l’anecdotique et surtout très anti-productif.

    • napoleonbonaparte 17:29 on Lundi 24 septembre 2007 Permalien

      Mais l’excellent Eric Zemmour les trouvaient tous très bons sur I-Télé… Et il semblait sincère… :)

    • binoo 17:36 on Lundi 24 septembre 2007 Permalien

      Eric Zemmour, excellent ? Mais il ne figure pourtant pas dans la liste des gens “remarquables” par Maitre NS !…

    • napoleonbonaparte 17:46 on Lundi 24 septembre 2007 Permalien

      Bah ce n’est pas un journaliste servile Zemmour. Il a une vaste culture et des comvictions solides.
      C’est sans doute pour cela qu’il ne peut être “remarquable” aux yeux d’aucun politique.

      Et dans les gens remarquables, il y avait “Dati” non ? Je ne crois pas que Zemmour aimerait se voir qualifier par le même adjectif que ce ministre gadget qui tient sa fonction sur des critères politiques (voire privés) contestables.

    • napoleonbonaparte 19:07 on Lundi 24 septembre 2007 Permalien

      * convictions

    • Astorg 0:20 on Mardi 25 septembre 2007 Permalien

      Désolé d’en rajouter une couche sur la mise en page mais c’est bien connu que sur un blog, la forme est plus important que le fond (ce qui n’empêche pas le fond d’être plutôt bien ici).

      Si tu veux faire une mise en page 100%, fais le, mais alors agrandis la taille des caractères, comme je l’ai fait sur mon bloc-notes et mets une police genre Helvetica Bold ou equivalent, avec des marges pas trop larges…

    • Astorg 0:21 on Mardi 25 septembre 2007 Permalien

      Et désolé d’insister, mais je voudrais savoir pourquoi mon Gravatar ne s’affiche pas.

  • Hortefeux légitime le racisme 

    binoo 14:49 on Friday 21 September 2007 Permalien | Répondre

    “Pour beaucoup de nos compatriotes, l’immigration est une source d’inquiétude. Ils y voient une menace pour leur sécurité, leur emploi, leur mode de vie. Et les Français qui pensent ainsi sont aussi respectables que tous les autres. Il faut comprendre les attentes, les espoirs de cette majorité silencieuse.”

    Brice Hortefeux, Assemblée Nationale, 18/09/07

    Ne faut-il pas plutôt faire comprendre à cette majorité silencieuse que la vraie menace, c’est cet amalgame entre immigration et problème de sécurité, d’emploi et de mode de vie ? Diviser pour mieux régner, qu’ils disaient…

    Comment peut-on laisser dire ça en pleine Assemblée Nationale ? Dire qu’il faut comprendre les attentes et espoirs d’une majorité silencieuse qui porte, consciemment ou non, les germes du racisme, c’est cautionner ce racisme, et légitimer leurs inquiétudes.

    Convenons-en donc, M. Hortefeux légitime le racisme.

     
    • titi 12:00 on Samedi 22 septembre 2007 Permalien

      Quel pourcentage de français a voté pour NS par racisme ?

      Combien de fois par jour sommes-nous témoins d’acte de racisme ordinaire ?

      Je prie pour que Brice se fasse expulsé de Clermont Ferrand aux prochaine municipales.

    • democratiefrancaise 13:32 on Samedi 22 septembre 2007 Permalien

      Amalgamer racisme et immigration comme vous le faites est un peu abusif.
      Par contre, on peut dire que l’immigration augmente le sentiment raciste de certains et là je suis d’accord.
      L’immigration est une source d’inquiétude dans le sens où, sans contrôle, elle ne peut qu’appauvrir (au sens économique) et fragiliser la France. Accueillr tout le monde sans être capable de leur offrir un vrai cadre de vie ne peut que faire croître la délinquance et par rebond le racisme.

      http://democratiefrancaise.wordpress.com/

    • binoo 13:44 on Samedi 22 septembre 2007 Permalien

      Pas d’amalgame de mon côté. C’est bien M. Hortefeux qui créé l’amalgame, en légitimant le sentiment raciste inconscient chez certaines personnes. Au lieu de cultiver l’ignorance comme il le fait, j’eus préféré qu’il expliqua combien cet amalgame est pernicieux.
      Par ailleurs, je ne pense pas que l’immigration en France aujourd’hui soit incontrôlée. Cette nouvelle loi était juste inutile, nouvelle démonstration de la politique spectacle, quand faire appliquer les lois existantes aurait été ô combien plus efficace.

  • Sarkozy est remarquable 

    binoo 10:28 on Friday 21 September 2007 Permalien | Répondre

    Je ne ferai pas une analyse fine de l’interview télévisée d’hier soir (le 20/09/07). Juste quelques points que j’ai noté, et qui – forcement m’ont outré.

    Le fait que Nicolas Sarkozy soit un (très) bon orateur ne fait aucun doute, il n’y a d’ailleurs jamais eu débat sur la question. Tacler les journalistes sur un ton paternaliste (“Mais enfin mme Chabot,…”) à chaque occasion, en revanche, n’est selon moi pas la marque du plus grand respect. Je trouve son ton profondément choquant, vraiment.

    Sur l’aspect général du discours, la répétition des formules simplistes tend à faire croire qu’il prend son peuple, qu’il dit pourtant adorer, pour des neuneus. “Il faut parler simplement du problème, qui est éminemment complexe”, rappelle t-il à l’élève Chabot (décidément, celle-ci avait encore beaucoup à apprendre). Et forcement, le simplisme entraine le totalitarisme. Analysons ainsi son argumentaire sur les franchises médicales :

    - Alzeihmer, le Cancer, sont des plaies terribles pour la France, et des drames pour chacune des familles. Personne ne peut s’y opposer…

    - La recherche a besoin de moyens, les hopitaux ont besoin de moyens. C’est sur, après avoir été abandonnés pendant 5 ans d’Etat-UMP.

    - Le seul moyen d’avoir de l’argent, c’est d’instaurer des franchises médicales. Et c’est là que le bas blesse.

    L’argumentaire de Sarkozy est toujours le même : je balance des généralités qui font consensus, et qui émeuvent (la mort, la maladie, la dépendance, etc.). Et là, je balance une fausse certitude (il n’y a qu’une seule et unique solution, celle que je propose) contre laquelle le plus grand nombre n’a pas d’argument (s’il le dit, ça doit être vrai). Pourtant, il existe des tonnes d’autres alternatives pour récolter de l’argent pour la recherche : augmenter les impôts, créer d’autres nouvelles taxes, privatiser la sécu… Je prends volontairement des “solutions” extrêmes, très libérales parfois, pour montrer qu’elles existent, ces alternatives.

    Cette construction, presque un sophisme, peut conduire – je le répète – au totalitarisme, interdisant de fait le débat. S’opposer à la franchise médicale, ce serait être contre la recherche sur le cancer et sur Alzeihmer.

    Second exemple : le dossier de l’immigration.

    “Aujourd’hui, l’immigration du travail ne représente que 7% de l’immigration totale”. Il oppose ainsi, avec simplisme, immigration du travail et immigration familiale. Dans la tête des gens, tout se passe alors comme si les personnes bénéficiant du regroupement familiale étaient des inactifs. Non, parce que l’on peut rejoindre la France pour rejoindre un époux, bénéficiant ainsi du regroupement familial, puis travailler. On sera alors comptabilisé dans “l’immigration familiale”…

    Donc, s’assoir sur ce chiffre pour demander à “passer ce chiffre à 50%” n’a aucun sens. Pire même, le risque est d’accroitre le chiffre final de l’immigration, ce qui est comme chacun sait un risque effroyable pour notre Identité Nationale : les “immigrés du travail”, déracinés de leur famille, vont certainement, à un moment où à un autre, vouloir faire bénéficier à leur famille du regroupement familial… Et donc augmenter le nombre d’immigrés.

    Voilà, aujourd’hui, ce que je déteste le plus chez Sarkozy : l’aplomb avec lequel il manipule,  il triche, par des procédés stylistiques. Encore une fois, et c’est la logique de ce blog, tout est chez lui dans le langage. Sans cette illusion médiatique, il n’est rien. On s’en aperçoit à chaque fois que l’on creuse un peu les effets de ses annonces, ses actions réelles.

     
    • titi 11:39 on Samedi 22 septembre 2007 Permalien

      Un des tros gros mensonges, ça serait de faire croire que les franchises peuvent être une source de recette à la hauteur des enjeux de l’Assurance Maladie…

      Imaginons une “petite franchise” comme annoncée (disons 20€ par an pour 40 millions de français) : on a une recette de 800 millions annuels, ce qui ne couvre pas du tout le déficit actuel et encore moins les dépenses futures…

      Le seul but de la franchise, c’est de décourager les Français de dépenser pour la santé. Ce qui peut évidemment avoir des effets particulièrement néfastes, surtout sur la prévention.

      Autre possibilité, mais je me refuse à faire des procès d’intentions : 1ère étape franchise modérée mais suivi d’une augmentation progressive pour atteindre quelques centaines d’euros par an (200€ par an -> 8 milliards d’euros).

      Bref… ce ne sont pas les franchises qui vont permettre de financer le régime de santé. On y échappera pas, il faudra trouver beaucoup de nouvelles recettes, et pas seulement un petit pansement.

      Mon avis : il faut affecter une partie de la TVA au financement de l’Assurance Maladie. Ce qui sous-tend qu’une partie de la TVA n’ira plus dans le budget de l’état et que donc le budget doit être largement assaini.

    • binoo 13:45 on Samedi 22 septembre 2007 Permalien

      Excellent développement de M. Titi. Je te décerne le prix du “commentaire de la journée” (bon ok, le challenge était pas non plus énorme)

  • Plus de gaspillages (suite) 

    binoo 22:42 on Wednesday 19 September 2007 Permalien | Répondre

    Nicolas Sarkozy disait donc aujourd’hui, le 19/09/07 :

    “Nous n’avons plus les moyens de gaspiller”. Puis, un peu plus tard “L’exemple doit venir d’en haut”.

    J’attends donc la mise en vente de La Lanterne, du Fort de Brégançon, et surtout le déménagement de l’Elysée vers un appartement confortable, comme ça se fait dans les républiques ayant opté pour l’Etat Exemplaire.

    Mais, je ne comprends pas, tout ceci est absent du discours de Sarkozy… Un oubli ? Alzeihmer, vraiment, il faut faire quelque chose contre ce crabe qui vous ronge de l’intérieur…

     
    • titi 16:56 on Jeudi 20 septembre 2007 Permalien

      Si tu es contre l’Alzeihmer présidentiel, c’est que tu es d’accord pour les franchises médicales.

      Bravo la gauche : bourrée de contradiction !

  • Le péril étranger 

    binoo 22:02 on Wednesday 19 September 2007 Permalien | Répondre

    Notre ami Brice H., le ministre au beau titre (Immigration, Intégration, Identité Nationale et Codéveloppement), nous dit qu’il faut faire super attention au regroupement familial, parce qu’il y a péril, surtout si ils connaissent pas bien notre langue et les valeurs de notre République. Aux dernières nouvelles d’ailleurs, on ne sait toujours pas quelles sont-elles, ces valeurs. Le coq ? Le béret ? La Marseillaise ? La colonisation non repentance ?

    Donc, vu qu’il y avait péril, et vu que j’ai quand même une pensée scientifique parfois (et en plus depuis que Sarko a dit “je veux du chiffre”, bah il faut lui en donner), bah j’ai cherché à savoir combien étaient concernés.

    Le monde publie un très bon article là dessus le 19/09/07 intitulé Regroupement familial, mythes et réalités.

    Des chiffres

    Le regroupement familial a proprement parler, un conjoint, une famille, qui rejoint un immigré en France, a représenté 22990 personnes en 2005 (et sensiblement le même nombre les années précédentes).

    Sur 63 000 000 de Français, on a donc un péril représentant un flux de 0,03% d’entrées annuelles.

    A ce rythme là, effréné, on risque vite d’atteindre les 1% dans… 33 ans ! Horreur, malheur ! Déclin de notre chère Identité Nationale… A titre de comparaison, au moins 10% des français de 18 à 65 ans seraient aujourd’hui illettrés, et donc ne seraient pas en mesure de valider le nouveau test de “maitrise du français” nécessaire à l’entrée sur le territoire.

    Un flot de familles nombreuses ?

    Une autre menace insurmontable pour notre Identité Nationale : le risque de voir arriver sur notre Saint Sol des familles nombreuses, s’engouffrant par 10aine dans le regroupement familial trop laxiste.

    Les chiffres : en moyenne, les familles venant rejoindre le parent immigré sont 1,6, et le plus souvent elles se réduisent au conjoint.

    Et le mariage ?

    On l’oublie, ils n’en parlent pas, mais les mariages bi-nationaux sont également touchés par ces mesures (tests de français, et des valeurs de la République). En somme, un français ne pourra se marier en France avec un étranger que si se dernier maitrise la langue, et connait les valeurs de la République… Drôle d’atteinte aux libertés fondamentales, non ?

     
  • Rupture et gaspillages 

    binoo 19:07 on Wednesday 19 September 2007 Permalien | Répondre

    “Nous n’avons plus les moyens de gaspiller”

    Nicolas Sarkozy, le 19/09/07, discours sur la fonction publique

    Mais en a-t-on jamais les moyens ? Encore une fois, formule à l’emporte pièce qui me saoule. Comme si tous les problèmes étaient identifiés aujourd’hui, comme si tout repartait de zero. Au final, c’est ça le vrai gaspillage : à brasser du vent, à ignorer tout ce qui a été fait jusqu’à présent, bref, à proner la rupture à tout prix, c’est bien Sarkozy qui nous fait perdre de l’énergie, et notre argent !

     
  • (in)justice 

    binoo 14:19 on Wednesday 19 September 2007 Permalien | Répondre

    Sur la préoccupante question de la dérive de la justice depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, je me permets de recopier un excellent entretien de Robert Badinter par Alain Salles paru dans Le Monde du 09/09/07. Il vaut mieux que tout autre discours selon moi.

    Nicolas Sarkozy a annoncé des mesures nouvelles sur la justice, à l’occasion de plusieurs faits divers. A chaque fois, il affirme son intention de se placer du côté des victimes. Quelle doit être la place de la victime dans le processus judiciaire ?

    La justice pénale doit impérativement prendre en compte les intérêts de la victime, assurer le respect de ses droits et la réparation des préjudices subis. La victime doit être traitée en justice avec toute l’humanité que sa souffrance appelle. J’ai été le témoin jadis de l’indifférence avec laquelle l’appareil judiciaire traitait la victime. A la chancellerie, j’ai beaucoup oeuvré pour étendre les droits et améliorer la condition des victimes d’infractions. Depuis lors, des progrès sont encore intervenus.

    Mais il faut rappeler que la justice pénale n’a pas pour mission d’être une thérapie de la souffrance des victimes. Elle a une fonction répressive, dissuasive et expressive, car elle exprime les valeurs de la société. Mais elle ne saurait avoir une finalité thérapeutique. Il existe des systèmes judiciaires, notamment anglo-saxons, qui n’admettent pas la victime comme partie dans le procès pénal, la réparation de son préjudice étant assurée par les juridictions civiles.

    Ce n’est pas notre choix et l’on doit s’en féliciter. Mais au nom de la souffrance des victimes, qui appelle toute la solidarité de toute la société, nous ne devons pas altérer le difficile équilibre de la justice pénale qui repose sur les principes du procès équitable inscrit dans la Convention européenne des droits de l’homme.

    Or nous assistons à une sorte de dérive. Se proclamer du côté des victimes est toujours politiquement profitable. Qui serait contre ? Nous sommes dans une société d’émotion qui se veut compassionnelle. Rien ne mobilise plus l’émotion que le crime et la souffrance des victimes, décuplée par la médiatisation et la puissance des images à la télévision. Cela nourrit la pulsion de vengeance qui est au coeur de la réaction humaine en présence d’un crime atroce. Mais la justice ne peut se confondre avec la vengeance ni avec la compassion pour les victimes. C’est ce qui rend son exercice si difficile. Rappelons-nous l’affaire d’Outreau…

    En matière de justice, on a l’impression que la loi est modifiée à chaque fait divers. Peut-on construire une politique pénale de cette façon ?

    Devant la vague émotionnelle que suscite un crime odieux, les femmes et les hommes politiques se sentent interpellés. La réponse la plus simple consiste à dire : faisons une loi pour éviter que cela se reproduise. Regardons ce qui est advenu depuis 2002 en matière de récidive, notamment celle des délinquants sexuels. Alors que la loi Guigou de 1998 avait déjà instauré un suivi socio-judiciaire, on a voté successivement les lois Perben 1 et 2, la loi sur la récidive de 2005, celle sur la prévention de la délinquance en mars 2007, un nouveau texte à la session extraordinaire de juillet, et on nous annonce une nouvelle loi à la rentrée parlementaire !

    La multiplication des lois, sans chercher à s’assurer de leur efficacité, engendre un désordre législatif préjudiciable. Trop de lois nuisent à la Loi. Quel bilan a-t-on fait de l’ensemble de ces textes ? Quelle a été l’effectivité de leurs dispositions ? On est entré dans un système où la loi devient un mode de communication politique. Mieux vaudrait s’assurer de sa mise en oeuvre.

    Prenons le cas de l’affaire Francis Evrard. Elle pourrait faire l’objet d’une commission d’enquête parlementaire. Pourquoi, dans ce cas, l’arsenal des dispositions inscrites dans les lois existantes n’a-t-il pas fonctionné ? Pourquoi les mesures de surveillance judiciaire ont-elles été inopérantes ? A-t-il fait l’objet d’un traitement psychiatrique en détention ? A-t-on mobilisé juges de l’application des peines, psychiatres, agents d’insertion et de probation à sa sortie ? Cette affaire grave révèle une série de dysfonctionnements auxquels il serait plus urgent de porter remède que de légiférer dans la hâte.

    La principale mesure est celle d’un hôpital-prison pour délinquants sexuels dangereux, où ils iraient après leur peine. Que pensez-vous de cette initiative ?

    Il faut bien mesurer que ce qui s’annonce là est un changement profond de la fonction du juge. Que prévoit-on ? Le juge sera en présence d’un détenu qui aura purgé entièrement sa peine, qui “aura payé sa dette à la société”, comme on le dit familièrement. Que va-t-on demander à ce juge ? Au vu d’un rapport d’expertise psychiatrique – et la psychiatrie n’est pas une science exacte -, le juge devrait décider la détention de quelqu’un qui n’aurait pas commis de nouvelle infraction, mais qui recèlerait en lui la possibilité d’en commettre, en fonction d’une dangerosité présumée. Le juge ordonnerait une détention sans infraction ni condamnation !

    Je crains que pour pallier les carences dont on aura fait preuve, dans le traitement des condamnés au cours de l’exécution de leur peine, on ne crée un système judiciaire destiné à mettre à l’écart, sinon à éliminer, des individus en raison d’une dangerosité présumée. Nous sommes là en face d’un choix très grave pour l’avenir.

    Quelle solution faudrait-il mettre en place ?

    Il faudrait, dès l’arrivée en détention de tels condamnés, mettre en place un véritable projet pénitentiaire, élaboré à partir d’un bilan médical et psychiatrique. Il faudrait élaborer un programme de traitement pour les années à venir en détention et au-delà dans le cas d’une libération conditionnelle ou d’une surveillance judiciaire.

    Il faudrait qu’une telle prise en charge soit effective, qu’elle ne soit pas seulement inscrite dans la loi ou sur des circulaires sans être réellement appliquée. Si l’on ne mobilise pas tous les moyens de traitement pendant que de tels criminels sont en prison durant des années, alors comment supprimer ou atténuer leur dangerosité et préparer leur sortie ?

    Cela vaut non seulement pour ceux qui sont atteints de troubles mentaux ou les délinquants sexuels, mais aussi pour tous ceux qui sont condamnés à des peines d’une certaine durée. La préparation à la sortie est essentielle pour tout détenu et pour la société. La réinsertion est l’un des objectifs fondamentaux de la prison. Il faut s’en préoccuper dès l’entrée et pas à la veille de la sortie. Toutes les mesures qui facilitent cette réinsertion et la prévention de nouvelles infractions doivent être effectivement mises en oeuvre, y compris la généralisation du bracelet électronique dans le cadre de la libération conditionnelle ou de la semi-liberté s’agissant de tels criminels.

    Autre fait divers, autre annonce. Nicolas Sarkozy a demandé que l’on organise des procès pour les irresponsables pénaux.

    Ce serait un détournement de la justice que de juger des déments déclarés comme irresponsables. On aurait un procès fictif dont le but serait de permettre aux familles des victimes de “faire leur deuil”. Les psychiatres estiment que le processus de deuil est si complexe qu’on ignore réellement quel effet thérapeutique peut susciter un tel procès. Il est naturel qu’une victime veuille assister au jugement de l’auteur de l’infraction. Mais on ne va pas transformer le procès en psychodrame judiciaire. Ce serait dévoyer la justice sans mieux assurer les droits des victimes.

    Il existe déjà des dispositions en faveur des victimes en présence d’une éventuelle irresponsabilité pénale pour cause de démence. La partie civile peut demander une contre-expertise psychiatrique. Si le non-lieu est prononcé, elle peut faire appel devant la chambre de l’instruction qui tient une audience publique. La loi permet de reconnaître que le crime a été commis par la personne jugée irresponsable, et la victime peut obtenir des dommages-intérêts en l’absence de condamnation pénale.

    Aujourd’hui, le nombre de non-lieux pour irresponsabilité totale est infime par rapport à celui des criminels qui sont considérés comme partiellement irresponsables, condamnés et envoyés dans des établissements pénitentiaires où ils sont très nombreux. C’est là une des grandes difficultés à laquelle est confrontée l’administration pénitentiaire : la détention et le traitement des condamnés atteints de troubles mentaux et qui sont en prison. Dans le cadre de la loi pénitentiaire, cette question majeure devra être traitée.

    Le gouvernement a annoncé son intention de créer un juge des victimes. Qu’en pensez-vous ?

    Je ne vois pas son rôle. S’il s’agit de défendre les intérêts des victimes en justice, c’est aux avocats de le faire. Et toute victime peut obtenir au besoin l’assistance d’un avocat d’office. Alors que fera le juge ? Recevoir la victime, la guider à travers le dédale des procédures, c’est là aussi la fonction de l’avocat. Veiller à l’exécution de la décision rendue ? Là aussi, c’est à l’avocat de le faire. Devra-t-il alors veiller à ce que les avocats s’acquittent avec diligence de leur tâche ? Singulière mission pour un magistrat.

    Il y a quelques années, le gouvernement avait instauré un ministre délégué aux droits des victimes. Ses mérites personnels n’étaient pas en cause, mais son domaine de compétence est toujours demeuré insaisissable. Et on n’a pas renouvelé l’expérience.

    ———-

    Brillant, vraiment. Si vous avez le temps également, à lire le livre de Serge Portelli, Ruptures, censuré par l’éditeur en période de campagne…

    Flippant, tout ça…

     
  • “Les français ont tranché”… 

    binoo 14:00 on Wednesday 19 September 2007 Permalien | Répondre

    A en croire notre SuperPrésident, et ses faire-valoir ministres, les français ont approuvé sa politique pour les 5 ans à venir, sans aucune limite.

    En effet, depuis son élection, à chaque objection de l’opposition, à chaque lever de bouclier syndical, on entend “mais il faut respecter le choix du peuple”.

    Exemple ici avec Hortefeux, à l’Assemblée Nationale le 19/09/07 : “les Français ont tranché, il faut l’accepter” (à propos du Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Co-développement)

    Le peuple, cette masse informe qui aurait donné carte blanche au roi président (décidément, problèmes de fautes de frappe). Comment auraient réagi les français, si on leur avait dit avant les élections que voter Sarkozy, c’était voter pour un Ministère mêlant de manière hasardeuse la question de l’immigration à celle de l’identité nationale + voter pour la liquidation d’un fonctionnaire sur deux + voter pour une politique étrangère basée plus sur l’affrontement que la diplomatie + etc., je ne suis pas sur que le résultat eut été le même.

    Sans vouloir interpréter le vote, je pense que chacun s’est décidé sur un thème qui l’interpelait. Ce que sous-entend Nicolas Sarkozy, c’est si on pousse un peu plus loin que le référendum est une aberration, puisque les français ont déjà tranché. Et après tout, pourquoi revoter dans 5 ans, puisque “les français ont déjà tranché”.

    Non, très sérieusement, c’est – et je le pense vraiment – un sérieux coup porté à notre démocratie que d’abuser de cet argument. Car il est faux, et encore une fois symbolise la pensée simpliste que Sarkozy tente de faire passer au peuple. “Si vous n’êtes pas pour tout ce que je fais, alors vous êtes contre moi”. Je crois l’avoir déjà dit sur ce blog, mais on est dans la droite ligne de la pensée néo-conservatrice américaine (souvenez-vous, l’axe du mal, et “quiconque n’est pas allié des Etats-Unis pour anéantir l’axe du mal est l’ennemi des Etats-Unis”).

    Voilà, donc moi, ça, ça me préoccupe beaucoup. Qu’on élude les débats parce que “les français ont déjà choisi”, c’est quand même pour le moins réducteur. Et ça me rappelle les rois, envoyés divins. L’élu de la république serait-il en train de devenir l’Elu ?

     
    • Astorg 15:10 on Mercredi 19 septembre 2007 Permalien

      Je ne dis pas que je ne suis pas d’accord avec toi. Je dis juste qu’il faut balayer devant sa porte. Qui a dit (et quand) “vous avez juridiquement tort, parce que vous êtes politiquement minoritaires” ?

    • binoo 15:19 on Mercredi 19 septembre 2007 Permalien

      Je ne sais pas. En tous cas, je ne suis pas d’accord du tout avec cette phrase, qu’elle ait été prononcée par un homme ou une femme de gauche ou de droite

    • Astorg 2:22 on Jeudi 20 septembre 2007 Permalien

      “Vous avez juridiquement tort car vous êtes politiquement minoritaires”. C’était le député socialiste André Laignel devant l’Assemblée nationale, en 1981.

      C’était stupide. Et ça le reste autant aujourd’hui.

    • binoo 8:43 on Jeudi 20 septembre 2007 Permalien

      Oui, on est d’accord : de gauche comme de droite, cette remarque demeure stupide, et fausse de surcroit.

    • epinard 10:37 on Samedi 6 octobre 2007 Permalien

      Elle est au contraire totalement fondée, et dans le contexte de l’époque sur les nationalisation, et actuellement avec la politique menée par sarko et compagnie…
      Cela veut simplement dire que celui qui fait les lois, et est donc majoritaire, change le droit selon son bon gré… Comme pour des analyses ADN ou autres petites choses peu agréables.

    • icarius 8:19 on Samedi 22 décembre 2007 Permalien

      D’accord avec epinard…

      On ressort cette phrase à tout bout de champs en la vouant aux gémonies, alors qu’elle était, et est toujours d’actualité…

      Si les journalistes avaient un peu de morale et de déontologie, d’ailleurs, ils ressortiraient la phrase entière qui était (source wikipedia) :

      [votre] débat bascule du juridique au politique. C’est [votre] droit. Mais dans ce cas, vous avez juridiquement tort, puisque vous êtes politiquement minoritaires.

  • Imposture dans l’alégresse 

    binoo 13:07 on Monday 17 September 2007 Permalien | Répondre

    Jeu de mot, piteux certes, mais jeu de mot quand même.

    Voici ce que Claude Allègre déclarait dans l’Express 13/11/2003, dans une tribune titrée “Dépasser Kyoto” :

    “L’homme, en brûlant du charbon, du pétrole et des forêts, est responsable de l’augmentation «anormale» des teneurs en CO2 de l’atmosphère et modifie donc l’équilibre séculaire naturel”

    Pour ajouter à son crédit, rappelons la carrière de ce brillant universitaire : il est un des premiers géochimistes à travailler sur les échantillons de roche lunaire. Ses recherches portent sur l’origine du système solaire et sur le développement et la dynamique des grandes unités du globe terrestre. En 1986, il obtient le prix Crafoord aux côtés de l’américain Gerald Joseph Wasserburg pour ses travaux en géologie. (source : Wikipedia)

    Brillant, certes, mais très loin de la climatologie…

    Enfin, pour le plaisir, rappelons ses quelques mots sur le désamiantage de Jussieu,  un « phénomène de psychose collective » (Le Point, 19/10/96). Et sa récidive, arguant que les risques réellement encourus étaient « pour ainsi dire » nuls (Quand on sait tout, on ne prévoit rien – 2004).

    Ce cher Claude serait-il l’un de ces dangereux multirécidivistes ? Comment expliquer cet acharnement à se ridiculiser ?

     
  • Borloo SuperCrédible 

    binoo 8:45 on Monday 17 September 2007 Permalien | Répondre

    Pour clore le sujet relatif au déplacement très très inutile de Borloo sur un glacier du Groënland. Le même Borloo déclare, dans une interview à paraitre aujourd’hui (17/09/07) dans le JDD :

    “Je suis par exemple favorable à ce qu’un grand nombre de réunions soient réalisées en visio-conférence pour éviter des déplacements inutiles qui génèrent de la pollution”

    Sur qu’avec ça, SuperPrésident va lui donner un bon point…

     
  • Françoise, very close with Sarkozy 

    binoo 13:40 on Thursday 13 September 2007 Permalien | Répondre

    Une petite vidéo cette fois, tellement drôle.

    Contexte : le Maire de Chicago vient voir Bertrand Delanoë pour découvrir le système Velib et le Tramway. Discussions informelles entre la première adjointe Anne Hidalgo et le Maire de Chicago à l’issue de la rencontre, sur le parvis de l’Hotel de Ville.

    Soudain, Super Françoise arrive, et très élégamment coupe la parole à tout le monde pour déballer son CV, d’abord en se trompant de cible, puis enfin devant un maire de Chicago un peu médusé par la situation. Et Anne Hidalgo, très digne et un peu taquine sur le finish.

    Un bon moment d’humour. Notons son angle d’attaque pour marquer les esprits : “I’m very close with Nicolas Sarkozy”.

     
    • titi 21:31 on Jeudi 13 septembre 2007 Permalien

      C’est vraiment tout petit… mais vraiment tout petit.

      Mais tellement drôle :^p

    • napoleonbonaparte 1:14 on Vendredi 14 septembre 2007 Permalien

      La droite ne va pas reprendre Paris de sitôt avec de pareils baltringues. :(

  • Objectif Charter 

    binoo 10:38 on Wednesday 12 September 2007 Permalien | Répondre

    Je sais que c’est annoncé depuis longtemps, mais ça me fait toujours autant frémir. Une dépèche de l’AFP de ce matin (le 12/09/07) mentionne

    “Brice Hortefeux va échanger avec les préfets dont les résultats doivent être améliorés”

    Quels résultats ? Les reconductions à la frontière des immigrés clandestins. Et oui, car des objectifs numériques sont fixés à 25000 expulsions pour 2007. Imaginez les circulaires qui doivent circuler (c’est mieux pour elles) :

    “En retard sur objectifs. Urgent : virer du Rom ASAP. Risque de rétrogradation.”

    Non, plus sérieusement, fixer des objectifs quantitatifs est tellement honteux… Concrètement, ça veut dire que si on est à 24 000 au 31/12/07, la nuit du Réveillon risque d’être sanglante… Et il se passe quoi si les objectifs ne sont pas atteints ? Et si les préfets dépassent leurs objectifs ?

    Au lieu de passer son temps à stigmatiser les clandestins, ne pourrait-on pas avoir un vrai raisonnement :

    • La plupart des clandestins travaillent, principalement dans le bâtiment et la restauration
    • Les entreprises ayant recours au travail clandestin sont responsables pénalement et privent l’Etat de recettes fiscales qui seraient aujourd’hui les bienvenues

    Donc, au lieu de se livrer à cette “chasse au clandestin” qui nous fait honte (en tous cas, moi, j’ai honte de me dire que je vis dans un pays qui a des objectifs de reconduite à la frontière), pourquoi ne pas adopter une démarche positive, proposée par Ségolène Royal durant la campagne :

    1. Identifier les entreprises qui emploient les clandestins : facile, on a quelques noms qui viennent spontanément en tête quand on évoque le BTP
    2. Leur proposer un pacte : l’Etat passe l’éponge sur les pénalités dont devrait s’acquitter l’entreprise à condition que celle-ci s’engage à employer légalement les travailleurs jusqu’ici clandestins. Le clandestin obtient alors un permis de travail
    3. Assurer un suivi des régularisations pendant une assez longue période (5 ans par exemple) afin de s’assurer du respect du pacte : l’entreprise ne doit pas rompre le contrat (sauf faute grave, bien entendu) pendant cette période sous peine de devoir s’acquitter de son amende

    Le bilan : plus d’argent dans les caisses de l’Etat, baisse du nombre de clandestins, et proportionnellement baisse du chômage (puisqu’il a par définition 0% de chômage dans ce type de régularisation qui alimente le marché global).

    Mais que fait M. Hortefeux ?

     
    • tophou 18:15 on Jeudi 24 avril 2008 Permalien

      c est normale que les policiers s execute sans bronchè car on apprend aujourd hui (24/04/08) que lorsqu’ un policiers accompagne un expulsè il accumules des points bonus qui lui rapporte ensuite des voyages au soleil comme cela on comprend la motivation des fonctionnaire a faire du chiffre c est tous simplelent scandaleux et comme dab on vas avallè de travers et puis enuite retournè chaqun a sa cause personnelle et si on se revoltè un bon coup ? ou alors on continue comme ça et bientot le rechauffement climatique nous apparaitra comme secondaire face a la decheance qu atteindra l humanitèe

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