Updates from avril, 2007 Masquer les fils | Raccourcis clavier

  • En finir avec les préjugés : la dette publique 

    binoo 18:16 on Monday 30 April 2007 Permalien | Répondre

    La droite et son candidat Nicolas Sarkozy veulent nous faire croire que la gauche est la seule responsable de la dette publique, celle dont on nous a dit qu’il fallait à tout prix lutter dans la prochaine mandature. Voici donc un petit graphique de l’évolution du déficit et de la dette des administrations publiques en fonction des différents gouvernements…

    La Dette des administrations publiques

     
  • La république défaillante 

    binoo 16:36 on Monday 30 April 2007 Permalien | Répondre

    Je vais encore une fois diaboliser le gentil Nico. Désolé par avance pour cet affront, désolé si je le blesse, je peux pas m’en empêcher (c’est normal, c’est les diables qui diabolisent). Voici donc ce qu’on peut lire d’une dépèche de l’AFP relatant le discours de lundi 30 avril lors du déplacement du candidat sortant, ministre de l’Intérieur depuis 2002 :

    Sur la question de la violence, Nicolas Sarkozy a estimé que “ce ne sont pas les Corses qui ont été défaillants, mais la République qui a été défaillante“. Et de promettre: “si je suis élu, je reviendrai très vite car la Corse vivrait très mal un sentiment d’abandon”.

    C’est balancé. Donc, suivons sa logique, sanctionnons les artisans de cette République défaillante, à savoir le gouvernement sortant, et particulièrement le Ministre de l’Intérieur. Et sur ce point, que Valérie Pecresse ne nous fasse pas le coup du “ça ne vous aura pas échappé qu’il n’était pas chef du gouvernement”. Parce qu’il me semble bien que la question de la sécurité du territoire (et donc notamment la lutte contre le terrorisme) est du ressors du Ministère de l’Intérieur…

    C’est dur parfois la réalité, et c’est marrant quand un Ministre de l’Intérieur vient lui même avouer que la République a été défaillante…

     
  • Projet contre projet – les chantiers de l’été 

    binoo 10:34 on Monday 30 April 2007 Permalien | Répondre

    Pour éclairer notre choix, voici les priorités de l’été (sorte de cahier de vacances) de chacun des deux candidats :

    Nicolas Sarkozy

    Session extraordinaire du Parlement en juillet (déclaration de François Fillon dans Les Echos du lundi 30 avril) :

    • Instauration du service minimum
    • Création de peines plancher pour les multirécidivistes
    • Révision de l’ordonnance de 1945 sur les mineurs délinquant
    • Changement des règles du regroupement familial
    • Réforme des 35 heures
    • Diverses dispositions fiscales
    • Suppression des dispenses de recherche d’emploi
    • Autonomie des universités

    Ségolène Royal

    Mai-Juin :

    • Conférence sur les revenus et la croissance. Négociation avec l’ensemble des partenaires sociaux (syndicats et patronat) afin de définir les actions à mener en terme de hausse du SMIC, des petites retraites, de l’AAH ; d’accès au premier emploi des jeunes et lutte contre le chômage des + de 50 ans ; contrat de progrès avec les PME, artisans et commerçants (baisse des charges en contrepartie de création d’emplois) ; défense de la sécurité sociale et de l’hôpital public
    • Moratoire sur les OGM en plein champs, aide à l’agriculture raisonnée
    • Baisse des impôts pour les énergies renouvelables
    • Soutien scolaire gratuit pour les élèves en difficulté

    Juillet :

    • Création de la police de quartier
    • Encadrement des primo-délinquants
    • Lutte contre les violences sexuelles sur les femmes et les enfants
    • Création du service public de la caution et mise en place du plan pour les logements sociaux

    Août :

    • Doublement de l’allocation de rentrée scolaire avec contrôle de son utilisation

    Septembre :

    • Référendum sur les institutions de la VIe République

    Voilà…

     
  • Mardi 1er Mai à 17h au stade Charlety 

    binoo 10:09 on Monday 30 April 2007 Permalien | Répondre

    Concert-meeting “Pour nous c’est elle”

    Ségolène Royal
    candidate à l’élection présidentielle
    a le plaisir de vous convier à un


    GRAND CONCERT DE SOUTIEN


    “Pour nous, c’est Elle”
    Mardi 1er mai à 17h
    AU STADE
    CHARLETY

    Avec Bénabar, Cali, Miossec, Yannick Noah, Renaud, Grand corps malade, Mafia K1fri, Michel Delpech, Kery James, les têtes raides, Sapho, Leny Escudero, Yvan le Bolloch et d’autres artistes qui exprimeront leur soutien et leur espoir de voir gagner la “France présidente” le 6 mai.
    Le concert s’achèvera par une intervention de Ségolène Royal.

    Entrée libre

    Stade Charléty
    99 boulevard Kellermann
    75013 Pari
    s
    RER Cité universitaire


     
  • C’est la lutte finale…. 

    binoo 23:05 on Sunday 29 April 2007 Permalien | Répondre

    Je constate que Nicolas Sarkozy souffre depuis quelques temps d’une diabolisation injuste, excessive, insupportable. Il est la victime d’un complot généralisé, complot dirigé bien entendu par les bien pensants, ceux de la pensée unique, ceux de Mai 68, … Mais qui donc ? C’est qui les méchants loups qui lui veulent la peau, à lui, qui est si gentil, qui veut le bien du peuple ? Les communistes biensur ! Et Nicolas le sait, qui dit : “Non Mme Royal, il ne suffit pas de remplacer l’Internationale par La Marseillaise”… C’est vrai, Mme Royal, la candidate du PS, du MRC et du PRG chante régulièrement l’Internationale…

    Non mais de qui se moque t-il ? En fait, depuis une semaine, nous tentons de porter les idées du Pacte : le débat avec François Bayrou, si on prend la peine de l’écouter un peu, n’est-il pas un excellent exemple de ce débat d’idées en dehors des dogmes ? Et depuis une semaine, on a quelqu’un qui perd son temps de parole sur sa petite personne, il serait blessé, meurtri au plus profond de lui même, et voudrait qu’on arrête de le diaboliser. Et comme je suis très méchant moi aussi, bah je vais continuer de parler de lui en mal, parce que j’aime pas qu’on me donne ce genre d’ordre.

    Et donc, dans la première semaine de l’entre deux tours, Nicolas Sarkozy nous dit que Ségolène Royal, c’est la candidate d’une gauche la plus extrême, parlant de communisme non pas pour faire penser au PCF – se parti communiste qui se réforme – mais pour faire peur, faire peur à tous ceux qui voudraient rallier la candidature de Ségolène : “attention, voter pour elle c’est faire entrer les chars soviétiques”… Je suis donc comptant de remarquer que nous n’avons pas le monopole de la diabolisation…

     
  • Dis moi qui te soutiens, je te dirai qui tu es 

    binoo 22:05 on Sunday 29 April 2007 Permalien | Répondre

    A tous les impatients, tous ceux qui ne pouvaient plus survivre sans savoir, qui n’en dormaient plus, qui auraient donné leur âme au diable pour entrer dans la confidence…. Ca y est ! On le sait, on sait qui sont ces people qui soutiennent Nicolas Sarkozy :

    • Miss Dominique
    • Jean Marie Bigard
    • Johnny Halliday
    • Jean Reno
    • Christian Clavier
    • Veronique Genest
    • Yves Rénier
    • Carlos
    • Doc Gynéco
    • Alain Prost
    • Arthur
    • Philippe Bouvard
    • Gilbert Montagné

    Deux petites déceptions cependant : Henri Salvador et surtout Charlotte Rampling…

    D’un autre côté, on a aussi obtenu la liste des chanteurs présents au grand concert-meeting de soutien à Ségolène Royal le 1er mai au Stade Charlety à partir de 15h30 :

    • Bénabar
    • Cali
    • Michel delpech
    • Disiz la Peste
    • Grand Corps Malade
    • Leny Escudero
    • Miossec
    • Yannick Noah
    • Renaud
    • Têtes Raides

    Sans compter les soutiens de la première heure : Jeanne Moreau, Emmanuelle Beart, Jamel, Diams, etc.

    Au final, je me sens bien auprès de ma candidate :D

     
  • L’écoute 

    binoo 23:08 on Thursday 26 April 2007 Permalien | Répondre

    La principale rupture de Sarkozy, c’est avec le peuple. En effet, Ségolène Royal est la seule à avoir pris le temps de l’écoute, avant de proposer son pacte, et aujourd’hui encore pour proposer le projet de société présidentiel. Pour être la présidente de tous les citoyens, et non pas uniquement des 26% qui ont voté pour elle au premier tour.

    Alors on dénonce une manoeuvre d’appareil. Mais c’est tout le contraire ! Dialoguer, débattre avec un candidat républicain qui a représenté 18% de français au premier tour me parait un signal fort. Le signal que demain, élue par moins de 60% de français, elle ne fera pas une présidence contre les 40% qui ne l’ont pas élue. Le signal d’un pragmatisme : toute idée bonne est bienvenue tant qu’elle reste dans les principes démocratiques.

    On dénonce un grand écart. Mais que dire d’un candidat soutenu par M. de Villiers et des parlementaires de l’UDF, et même un ancien du PS ?

    Pour moi, le choix du 6 avril, c’est la France qui écoute contre la France qui impose.

     
  • La force sans la justice est tyrannique 

    binoo 13:56 on Wednesday 25 April 2007 Permalien | Répondre

    Tel est le titre de l’introduction du livre du magistrat Serge Portelli, intitulé Ruptures. Ce livre, empêché in extremis de paraitre avant les élections, dresse un portrait éclairé et justifié de la politique de Nicolas Sarkozy. On est loin de la diabolisation : M. Portelli explique dans son introduction que  “cet ouvrage n’est en aucun cas un livre “contre” l’intéressé. Car si l’homme essaie par tous les moyens de personnaliser le débat, il serait stupide et vain de s’en prendre au personnage, ni diable, ni ange, en oubliant de plus qu’il n’est pas apparu par hasard, qu’il correspond nécessairement à l’une des évolutions profondes de notre société et qu’une bonne partie de la population partage ses idées.”

    Il résume ainsi avec des mots justes, sans discours polémique, la politique de sécurité vue par Nicolas Sarkozy : “La vision simpliste du délinquant qu’on nous propose est le pendant de celle du citoyen “moderne” qui se profile. L’avenir appartient à l’homme qui “se lève tôt”, l’homme sûr de lui,  l’homme qui choisit, l’homme qui réussit, l’homme qui mérite. Si l’exaltation du travail et de l’excellence sont si forte, c’est que à l’autre bout de la chaîne, celui qui a failli, le délinquant, l’homme sans mérite, doit être châtié sans pitié. Il s’agit de refuser toute “excuse”, le mot est choisi expressément au-delà de son sens réel, de refuser en fait toute compréhension. Car l’imposture est de faire croire que comprendre empêche de sanctionner: le délinquant, suffisamment averti par la loi, agissant en toute connaissance de cause, n’a pas droit à un quelconque aménagement.”

    Par opposition, il définit une autre politique possible pour vivre réellement la sécurité. “Elle passe par l’analyse, la réflexion, la prise en compte de l’extrême complexité de la délinquance. Elle ne propose pas de solutions simples ou uniformes mais fait appel à ce qu’il y a de meilleur chez le citoyen, à sa responsabilité. C’est que nous tenterons d’avancer à chacun des chapitres de cet ouvrage. Une alternative est possible qui réussisse à allier d’une part la sécurité, le soin des victimes, l’efficacité de la sanction, de l’autre l’humanité, le respect des libertés et des droits de l’homme.”

    Je conseille donc vivement la lecture de cet ouvrage, du moins de son introduction, à tous ceux qui s’apprêtent à voter pour le candidat sortant parce qu’il serait le seul à pouvoir nous sortir de l’insécurité. Non seulement ce n’est pas le cas, mais j’irais plus loin en disant qu’il en créérait de nouvelles, inéluctablement. Comment d’ailleurs interpréter autrement le score de Ségolène Royal dans le 93. Ce département est malheureusement un symbole de ce qu’on a pris pour habitude d’appeler la “crise des banlieues”. Ses habitants sont donc les plus désireux d’une sortie de crise. Nicolas Sarkozy disait que “les racailles” sont en fait une minorité dans les banlieues. Si Ségolène a fait un si bon score dans ce département, ce n’est donc pas parce qu’elle serait “du côté des délinquants”, mais bien qu’elle est la seule à même de se répondre à cette crise.  

     
  • La diabolisation de la diabolisation 

    binoo 0:41 on Wednesday 25 April 2007 Permalien | Répondre

    On connait assez clairement la campagne à droite au second tour : mise à jour de la stratégie de débauchage et de pressions (le cas Besson, la mise en garde de Fillon aux élus UDF, etc.), conservation d’un discours de droite dure.

    Et surtout, puisque Nicolas Sarkozy a fait “à l’américaine” une campagne de second tour dès le premier tour (à l’américaine puisqu’il n’y a qu’un tour outre atlantique), le candidat sortant n’a plus qu’un argument : contrer le front anti-sarko dont il est victime, et railler l’idée de rassemblement.

    Sur le front anti-sarko, vous savez que j’ai toujours été contre les arguments faciles “Cécilia est scientologue” ou “sarko tape Cécilia”. Ca ne fait pas avancer le débat. Je me suis en revanche toujours exprimé fermement contre Nicolas Sarkozy en ce qu’il représente de danger pour la république. Ce n’est pas le diaboliser que de souligner que l’apologie du déterminisme entraine un risque de dérive eugéniste, que la maitrise de son vocabulaire est importante (Karcher, Racaille), même lorsqu’on reprend les propos d’une personne. Non, NS ne peut pas s’en sortir en disant “je ne faisais que répondre à une femme qui me parlait elle même de ‘racaille’”. Non, un homme politique honnête aurait justement cherché à apaiser la tension apparente entre cette femme et les émeutiers, en refusant justement la stigmatisation induite par ce genre de vocabulaire. M. Sarkozy a fait tout le contraire, en opposant la banlieue de racailles à la banlieue qui subit. Donc oui, M. Sarkozy doit rendre des comptes, sur le bilan du gouvernement dont il a fait partie et dont l’intégralité des ministres et le président le soutiennent. Oui, Sarkozy doit rendre des comptes sur ses dérives, sur ses dérapages nombreux. Il a répété hier soir que “la France n’était tout de même pas l’inventeur de la solution finale“. Les Allemands apprécieront la main tendue, la pérénité de l’amitié franco-allemande. On peut imaginer, et ça aurait déjà été une énorme gaffe, que ce dérapage était isolé. Il a répété ses propos. Ce n’est même plus simplement inquiétant, c’est extrêmement dangereux.

    Sarkozy s’est aussi découvert un nouveau grand combat : il est contre l’idée de tout ralliement, car dit-il, ils se font à gauche sur la manoeuvre d’appareils. En effet, il dénonce “Cette gauche [qui] voudrait contenter à la fois le trotskiste, le communiste, l’écologiste, le chevènementiste, le socialiste, le radical de gauche et le centriste”. Je crois malheureusement qu’il n’a pas finement analysé ce qu’il s’est passé dimanche soir. A l’issue du scrutin, qui qualifie très nettement Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy pour le second tour, on assiste en moins d’une heure à un appel systématique, franc et sans réserve des candidats communistes, trotskistes, écologistes au vote Royal. C’est donc tout le contraire d’une manoeuvre d’appareil, simplement le constat que la candidate est la plus proche (ou moins éloignée) de leurs idéaux. Et ça ne changera pas, même avec une réorientation vers le centre. Et ce n’est pas la droite dure qui sera plus proche des préoccupations de cet électorat, qui sera à même de le comprendre. Quant à ceux qui ont soutenu la candidate avant le premier tour, les chevenementistes et radicaux de gauche, ils ont pleinement contribué à la définition du pacte, et me semblent moins antinomiques que les courants de l’UMP : Conservateurs libéraux, Néo-gaullistes, Libéraux réformateurs, Modérés de centre-droit et démocrates chrétiens, Radicaux, Gaullistes « légitimistes », Souverainistes et nationalistes, Gaullistes sociaux, Libéraux sociétaux, Chrétiens sociaux, Indépendants, Écologistes « bleus » (source Wikipédia).

    Vraiment, je pense que M. Sarkozy est en train de perdre son sang froid, et en vient à tenir des discours incohérents de cette nature. Il doit tout de même bien savoir qu’une majorité présidentielle se fonde sur une diversité, sur un rassemblement. Peut-être s’était-il trop habitué à l’idée du rouleau compresseur…

     
  • Pourquoi j’y crois 

    binoo 14:44 on Monday 23 April 2007 Permalien | Répondre

    A priori, le score du premier tour devrait nous laisser dubitatifs. Certes, nous sommes sélectionnés pour le second tour, effaçant ainsi le traumatisme du 21 avril 2002. Certes, nous réalisons le même score que François Mitterrand en 1981. Mais nous ne disposons pas de réserves de voix importantes à gauche, et surtout Nicolas Sarkozy dispose d’une confortable avance.

    A priori donc, on pourrait s’avouer vaincu. Ne baissons pas les bras, croyons-y :

    - sur le terrain des idées, je suis extrêmement convaincu que Ségolène Royal est la seule à pouvoir rassembler les électeurs du centre. Pourquoi ? Car elle est contre le clientelisme. Bayrou a incarné au premier tour le “ras-le-bol” du dogmatisme. Ségolène incarne, à gauche, la volonté de ce renouveau démocratique. Elle l’a déjà démontré en sachant rassembler des “nonistes” et des “ouiistes” du référendum sur le traité constitutionnel. Je crois que les électeurs de François Bayrou, que je crois honnète, ne se laisseront pas avoir par les oeuillades si peu discrètes des Copé et autres Borloo. Il n’y aura pas de chantage à la coalition avec Ségolène Royal. Le but de l’élection présidentielle étant de rassembler autour d’un projet, et non pas de se répartir je ne sais quel siège. Le dialogue avec l’UDF, oui, les tractations, non.

    - Un certain nombre d’électeurs sont profondément anti-sarko. Car il représente ce qu’on n’aime pas : violence des propos, brutalité, personnification du pouvoir. Il ne faut pas je pense faire une campagne du second tour centrée sur l’anti-sarko : nous avons bien mieux à faire à expliquer la réelle avancée que représente le Pacte. Cela dit, les peurs qu’il hatise, et qui sont légitimes, joueront probablement en notre faveur.

    Je ne me mettrai toujours pas à faire des calculs de report de voix (je m’y tiens !!!) et donc ce que j’avance ne repose sur rien d’arithmétique. Mais on peut gagner !!!

    Certains dirons que ça tiens de la méthode Coué, j’assume !

     
    • rAyAne de Duras 23:47 on Lundi 23 avril 2007 Permalien

      Ce petit commentaire pour réaffirmer mon soutien à Ségolène Royal (on peut vraiment battra Sarkozy au 2nd tour), et d’une autre part pour encourager mon cher Fabien qui fait un excellent travail !
      J’aime bcp te lire. Dommage que les textes les plus beaux les plus cohérents, les plus vrais soient les moins consultés, les moins encouragés, les moins commentés, quand je vois ce qu’il en est dans d’autres blogs…. je me sens alors davantage privilégié par rapport à autrui de par la rareté et la beauté de tes productions dont je me délecte continuellement.

      Bravo et Merci pour tout !

    • binoo 0:32 on Mardi 24 avril 2007 Permalien

      Merci beaucoup Rayane ! J’invite d’ailleurs “tout le monde” (un peu présomptueux, disons mes 20 lecteurs assidus) à consulter également le blog de Rayane, et mea culpa de ne pas suffisamment prendre le temps de te lire… Je sais que j’y perds. Et je ne me retrancherai pas derrière un “j’ai pas le temps”, car comme disais je ne sais plus qui (et oui, ma culture trouve rapidement ses limites) : “on a toujours le temps, il suffit de le prendre”

  • J-13 – Tous Ségo ! 

    binoo 2:17 on Monday 23 April 2007 Permalien | Répondre

    Et voilà le premier tour de l’élection présidentielle 2007 achevé. Sur un soulagement : notre candidate Ségolène Royal est qualifiée pour le second tour ! Plusieurs “moments historiques” ce soir :

    - le taux de participation : grace à un formidable sursaut civique (nouvelle génération de candidats, opposition de projets de société) nous semblons en passe d’enregistrer le taux de participation le plus fort de la 5e république. Une victoire quand on se souvient de l’abstention de 2002.

    - le score du PS : 25,7 %. C’est près de 10 points de plus qu’en 2002. C’est aussi le score de Mitterrand en 1981. Lui aussi avait été second au premier tour… On confirme ainsi la dynamique des régionales.

    - les candidats au second tour : l’histoire retiendra aussi que pour la première fois, une femme est qualifiée au second tour de la présidentielle. Je ne veux pas jouer de cet argument, mais tout de même, ne nions pas qu’il s’agit d’un moment fort de la parité.

    Alors oui, certes, Nicolas Sarkozy a fait un excellent score au premier tour (aux alentours de 31%). Alors oui, l’écart est important avec Ségolène Royal. Alors oui, il reste énormément d’incertitudes pour le second tour. Je ne me livrerai à aucun calcul de report de voix, aussi tentant que cela puisse être. Car un électeur n’est pas une masse que l’on déplace entre deux tours sur un échiquier politique. Car je crois sincèrement que dès ce soir, tout repart, une nouvelle campagne s’amorce, qui devra rassembler biensur, mais sans se trahir. Ecouter ceux qui n’ont pas voté pour nous au premier tour, puis les convaincre de la qualité de la candidate que nous portons. Car je suis persuadé que nous étonnerons encore, et qu’une responsabilité énorme pèse aujourd’hui sur les épaules de la candidate.

    J’ai confiance en elle. Nous devons la porter.

    Maintenant plus que jamais, tous Ségo !

     
  • Fin de campagne – premier tour 

    binoo 21:25 on Friday 20 April 2007 Permalien | Répondre

    Ca y est, on y est… Déjà… Comme vous le savez, ce soir minuit, c’est la fin de la campagne, les bloggeurs doivent cesser de mettre à jour leurs blogs.

    Rendez-vous donc dimanche soir ou lundi matin, pour les résultats du premier tour !

    Et n’oubliez pas : soyez audacieux, votez Ségolène !

     
  • Sarkozy par Sarkozy 

    binoo 10:32 on Thursday 19 April 2007 Permalien | Répondre

    Appréciez ses valeurs, sa vision de l’intégration, de la réussite, …

    On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas…

     
  • Voter en conscience 

    binoo 10:56 on Wednesday 18 April 2007 Permalien | Répondre

    Dimanche, nous devrons voter en conscience.

    Le plus massivement possible tout d’abord. La France, c’est le pays où se sont conquis les droits de l’homme, et de leur plus belle réussite, la démocratie. L’outil absolu de la démocratie, c’est le vote. Donc votons !

    Voter, et donc choisir. Et qu’on nous l’a annoncé difficile, ce choix ! “Fin des clivages gauche / droite”, “brouillage des repères”, “démagogie”, … Tant de pièges qui devaient rendre difficile notre choix citoyen. A 4 jours du premier tour de l’élection présidentiel, quand on fait nous même cette comparaison programme contre programme qu’on nous a tant de fois annoncé et jamais proposé, les différences apparaissent pourtant au grand jour.

    Je ne vais pas passer de temps à analyser le cas Le Pen. Non, sans vilain jeu de mot cet homme n’en vaut pas la peine, ses provocations sur les “chapons du marais”, sur le droit d’un immigré à représenter la France, sur le révisionnisme et tant d’autres thèses nauséeuses sont tout le contraire de notre identité. Je ne peux pas imaginer la France dont il parle, sans immigration, se coupant du reste du monde, repliée sur soi.

    Donc, il y aurait un choix entre trois candidats qui finiraient par se ressembler : Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Ségolène Royal, de droite à gauche.

    Nicolas Sarkozy… Avant tout, l’homme du gouvernement sortant. Donc, un gouvernement de la poursuite de la fracture sociale, un gouvernement qui a insulté sa jeunesse en voulant instituer la précarité, un gouvernement qui – par les provocations de son ministre de l’intérieur – conduit à l’embrasement des banlieues. On ne peut pas se réclamer de la rupture et en même temps ne rien avoir fait pour initier cette rupture lorsqu’on était au pouvoir, a fortiori quand on a tout fait pour rester le plus longtemps possible au gouvernement. Nicolas Sarkozy, c’est aussi l’homme des provocations, utilisant ainsi les mêmes méthodes que le candidat de l’extrême droite (je ne dis pas qu’ils sont équivalents, je dis que la méthode : la provocation, la peur, l’affrontement sont les mêmes). “Racaille”, “Karcher”, “Gêne du pédophile”, … Je ne peux pas croire que toute cette sémantique ne soit que pure maladresse. Non, quand Sarkozy dit “racaille”, il sait qu’il attise les tensions, il sait qu’il créé le terreau des émeutes. Quand il se dit enclin à “penser qu’on nait pédophile”, je dis qu’il sait sur quel terrain il se place, que la dérive eugéniste est proche.

    Alors, on voit en François Bayrou une alternative… Quelle alternative ? Je crois les gens sur leurs actes. Je veux bien croire Bayrou sincère. Mais alors, pourquoi, déjà animé par cette idée d’alternative, il a personnellement soutenu en août 2006, il n’y a pas si longtemps, la candidature de Alain Juppé à la Mairie de Bordeaux, où des conseillers UDF sont colistiers… Je ne crois pas pourtant que dans cette liste, il y a des gens de gauche. Voyons son programme, me dira t-on. Alors je le regarde. Et j’y extrait des phrases de type “Dans un pays qui compte quatre millions de chômeurs, pourquoi aller chercher de la main-d’œuvre à l’extérieur ?”, ou encore “permettre aux salariés qui le souhaitent d’améliorer leur revenu par le jeu libre des heures supplémentaires”. Je suis bien sur le site http://www.bayrou.fr, et non http://www.sarkozy.fr. La proximitude est évidente. Alors biensur, il y a aussi des rapprochements inquiétants : un candidat qui se veut du centre (droit et gauche confondus) et qui reçoit le soutien d’un parti de la droite la plus libérale (Alternative Libérale de Edouard Fillias), ça peut paraitre suspicieux tout de même. Et puis, je ne pense pas que Bayrou soit particulièrement réformiste, sur les questions de sociétés notamment (euthanasie, droits des couples du même sexe).

    Enfin, il y a Ségolène Royal. Ce n’est pas un choix par défaut, mais un choix de conviction. Conviction que la méthode qu’elle représente n’est pas un gadget. La démocratie participative, ce n’est pas de la démagogie. Ca existe déjà, au niveau local, à Paris (les conseils de quartier par exemple). Ca existe aussi au niveau de certaines régions, dans les lycées, avec des budgets participatifs. Cette méthode, avec son pendant dans l’entreprise (la démocratie sociale), c’est l’outil de base d’une sorte de “révolution copernicienne” qui vise à remettre le citoyen, l’employé au coeur de la démocratie. Moi, je suis convaincu que ça fonctionnera si on trouve pour chaque sujet l’échelle la plus cohérente pour la prise de décision : le quartier, la commune, la région, le pays. Et puis la tolérance, un vrai engagement pour la défense de ce qui fonde notre identité. L’identité de la France, c’est l’ouverture, c’est la liberté, c’est l’égalité. L’immigration, c’est une de nos valeurs. Elle n’est pas un danger, mais une chance, évidemment ! Ségolène Royal est la seule à le reconnaitre, et à vouloir mettre fin à cette honte que représente notre actuelle politique “d’immigration choisie” voulue par le ministre de l’intérieur. Et biensur, Ségolène Royal est la seule crédible sur les questions de l’environnement. On me dit : “mais elle n’en parle plus”. Je répond : “c’est une épine dorsale de son programme”. Elle fera l’excellence environnementale, car c’est indispensable, car ça créé du lien social, de l’emploi non délocalisable, de la recherche, de l’innovation.

    Pour tout ça, dimanche, je voterai en conscience, je voterai Ségolène !

     
    • rali 13:45 on Jeudi 19 avril 2007 Permalien

      Je partage ton point de vue sur la nécessité de voté en conscience. Je rajouterais qu’il est essentiel de voter massivement à cette élection pour donner un maximum de voix au candidat qui va gouverner la France dans une période cruciale :
      - Affaiblissement du role de la France en Europe
      - Remise en cause sans contreparti du système de protection sociale
      - Danger environnemental
      - Montée des insécurité.
      - Lutte contre la culture de la rente et de l’assistanat

  • Identité nationale, suite 

    binoo 11:47 on Sunday 15 April 2007 Permalien | Répondre

    Nicolas Sarkozy : “Dans le patrimoine de l’identité nationale française, il y a ce long manteau d’églises qui couvrent la totalité du territoire français. C’est si vrai qu’à l’époque où les dirigeants socialistes aimaient les belles lettres, à l’époque de François Mitterrand, quand il choisissait une affiche, il prenait bien soin de mettre le clocher sur cette affiche”.

    Au moins maintenant c’est clair : le Ministère de l’immigration et de l’identité nationale qu’il appelle de ses voeux ne sera-t-il pas en fait un ministère du clergé ?

    Et sinon, quelqu’un voit le rapport entre les belles lettres et le clocher sur l’affiche ?

    Moi je suis d’accord qu’on ouvre le débat sur l’identité nationale, qu’on demande aux gens ce que veut dire pour eux “être français”. Ce serais un bon exercice pour N. Sarkozy : je pense, et j’espère, qu’elle se définirai beaucoup plus sur les terrains de la tolérance, de la liberté, des valeurs des droits de l’homme, de la France métissée dont parle Ségolène Royal, que sur des notions de repli identitaire, d’exclusivité du christianisme, de communautés étanches…

    Vraiment, posons nous la question de l’identité de la France, nous serons confortés : c’est bien Ségolène Royal qui a l’approche la plus fine de ce que s’est qu’être Français, dans toute sa complexité.

     
  • Le gène du pédophile, le gène du suicidaire, etc. 

    binoo 10:13 on Wednesday 11 April 2007 Permalien | Répondre

    Juste pour boucler sur ce sujet, voici un excellent article du chercheur Hervé Chneiweiss, rédacteur en chef de la revue “Médecine/Sciences” et directeur du laboratoire plasticité gliale du centre Paul-Broca de Paris :

    lire l’article “Le meilleur des mondes” de M. Sarkozy

     
  • Retour en force de l’insécurité sur nos écrans… 

    binoo 23:48 on Tuesday 10 April 2007 Permalien | Répondre

    Je suis atterré (apeuré) par les journaux télévisés de ce soir.

    “A la une de l’actualité ce soir, la mort tragique d’un policier à la foire du Trône. [...] Avec seulement 50 policiers, et une fête de moins en moins sure, les forces de l’ordre n’étaient semble t-il pas suffisamment nombreuses pour assurer le calme. Décidément, la manifestation fait rire de moins en moins de monde.”

    “Arrestation d’un ingénieur de 28 ans qui jetait de l’acide sur les vêtements d’usagères du bus à Paris.”

    ” Actualité internationale maintenant. Les kamikazes de Casablanca seraient liés à Al Qaida”

    ….

    J’ai peur, très peur : je me souviens de 2002, de ce vieillard brulé à son domicile qui avait fait l’ouverture de tous les journaux télévisés à quelques jours du vote, et dont les analystes politiques s’accordent à dire qu’il est un symbole fort du rôle des médias dans le passage de Le Pen au second tour.

    J’ai peur, parce que je constate avec effroi qu’on ne voit jamais ce genre d’image, qu’on n’a jamais ce genre  de “mise sur agenda” en dehors des périodes électorales.

    J’ai peur, parce que j’avais cru comprendre que les médias traitaient principalement dans leurs journaux des préoccupations des français, et qu’actuellement ces préoccupations étaient principalement le pouvoir d’achat, le chômage.

    Faisons donc passer le message : oui, l’insécurité est un mal majeur de notre société. Elle est la conséquence du mal-logement, du mal-emploi, de la mal-considération, en somme du mal-être de ceux que l’on nomme les “fauteurs de trouble”. Il ne faut pas être laxiste envers celui qui commet une faute, mais il faut par dessus tout, par respect de la dignité humaine et pour les victimes, remédier aux causes du problème de l’insécurité, qui est la pauvreté et l’exclusion. Seule Ségolène Royal propose cette analyse de l’insécurité, elle est donc la seule à pouvoir proposer durablement des solutions à la violence.

    Mais surtout, il faut dire, répéter, marteler qu’il ne faut surtout jamais instrumentaliser l’insécurité, que cette question ne peut être traitée sans d’abord se préoccuper des sujets sociaux. Que, en somme, tout se tient. Qu’on n’est pas dans un système de vases clos.

    Si les médias, poussés par je ne sais quoi, doivent continuer cette désinformation qui consiste à ne traiter que des faits divers durant la fin de la campagne, alors l’ensemble de la communauté d’internautes se doit de faire contrepoids en proposant une autre mise sur agenda !

    On a vu ce que ça donnait en 2002, ne prenons pas le risque que le 22 avril ressemble à un 21 avril en bien plus désastreux encore…

     
  • Place du Trocadéro 

    binoo 23:14 on Tuesday 10 April 2007 Permalien | Répondre

    Parfois, on éprouve des choses tellement fortes, qu’on ne peut s’empêcher d’en parler.

    Quand j’étais petit (ça commence bien, me direz-vous…), j’étais émerveillé par la Tour Eiffel chaque fois que je montais sur Paris. Elle était majestueuse, je ne pouvais pas en croire mes yeux. Elle se dressait, là, fière, élégante, cette dame de fer qui me rassurait. Il me semblait que je la connaissais personnellement. On a de drôles d’impressions, quand on est enfant.

    Le plus inquiétant, c’est que je conserve cette béatitude intacte aujourd’hui. Sur la ligne 6 du métro, je ne peux m’empêcher,  fut-ce au prix d’un torticolis. Et il m’arrive, lors de mes fréquents passages aux alentours de Trocadéro, de m’arrêter un instant sur le parvis et d’admirer cette Tour étincelante. La Place du Trocadéro a quelque chose de magique. Elle semble être une fenêtre sur le monde, sur un monde éclairé par la Tour Eiffel. L’idée n’est pas imbécile, quand on sait que Gustave a également contribué à la création de la Liberté éclairant le monde, autre nom de la Statue de la Liberté. Place du Trocadéro, c’est pour moi toujours un moment fort ; les larmes aux yeux, je fais une pause, je contemple, béat, comme le petit d’antan. Au fond, je n’ai pas tellement grandi.

    C’est incroyable, parfois, comme on a l’impression de retomber en enfance, comme on garde intactes des émotions. Ce soir était l’un de ces moments magiques que l’on aimerait pouvoir prolonger mais qui s’enfuient comme ils viennent…

     
    • Rali 23:19 on Mardi 10 avril 2007 Permalien

      tu es encore un petit

    • Anne Christine 21:07 on Mercredi 11 avril 2007 Permalien

      Elle te semble si grande car tu es resté un tout petit binoo !

      Jolies photos de NY.

      Bises.

  • Maintenant 

    binoo 17:11 on Tuesday 10 April 2007 Permalien | Répondre

    J’ai profité du long week-end Pascal pour lire “Maintenant”, le livre d’entretien de Ségolène Royal par Marie Françoise Colombani. Je ne vais pas en faire le résumé (il faut l’acheter et le lire !), juste vous livrer mes maigres impressions.

    1/ C’est super facile à lire. Le format retenu : 200 mots, de une à trois questions par mot, des réponses courtes (de 3 lignes à 3 pages) et le plus souvent très précises. Du coup, on peut au choix naviguer librement parmi les mots, ou encore adopter une lecture linéaire. Le style utilisé est la plupart du temps simple, mais pas simpliste.

    2/ C’est éclairant. La grande majorité des sujets me semblent y être abordés, même des sujets plus personnels (sur son non-mariage avec François Hollande, sur ses enfants, etc.) bien qu’heureusement ce sont les sujets politiques qui sont plus largement évoqués. On comprend mieux la ligne politique de Ségolène Royal : pragmatisme et dialogue au centre et en préalable de tout, liberté de parole et refus des dogmes, sobriété dans la vision de la fonction présidentielle. Et surtout, on comprend mieux le sens de ses concepts fétiches d’”ordre juste”, et le fameux “tout se tient”.

    3/ C’est éclairé. J’ai ainsi particulièrement apprécié les questions relatives au développement durable ou au co-développement. Les théories développées par J. Stiglitz sont largement reprises (sur le principe de conditionnalité du FMI, par exemple), le principe du Développement Durable prend tout son corps.

    Vraiment, après la lecture de ce livre-entretien, je peux dire que je mesure de plus en plus le caractère fondateur de l’arrivée de Ségolène à ce niveau de la politique. Elle incarne vraiment un changement radical, une nouvelle donne, pour faire un anglicisme facile.

     
  • Quand Nicolas Sarkozy fustige la pensée unique… 

    binoo 16:54 on Tuesday 10 April 2007 Permalien | Répondre

    Je vous ai dit récemment que je n’irai pas sur le terrain des attaques personnelles. Je m’y tiens. Je veux m’attacher au coeur des débats (ça fait extrêmement présomptueux-merdeux-j’melapètisme comme ça, mais j’assume). Et là, on a encore une fois un débat de fond, lancé par le candidat UMP.

    Déclaration sur Psychologies Magasine : “[j']inclinerais à penser qu’on nait pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie”. Tollé auprès des candidats, mais également – et c’est surement bien plus inquiétant, tant on sait les premiers enclins à la mauvaise fois lors d’une campagne présidentielle – tollé d’une écrasante majorité de chercheurs spécialistes de génétique. Il existerait donc un gène du pédophile, mais également – le candidat poursuit – un gène du suicidaire.

    Je ne veux pas faire de polémique sur ce sujet, c’est pour moi tout simplement abjecte, ou pour reprendre un mot qui a visiblement irrité le président du conseil général, ignoble. Abjecte qu’on puisse être enclin à penser que l’on naitrait pédophile, et demain ? Un gène du tueur ? Ignoble parce que dire ça, c’est ouvrir demain une boite de pandore : le déterminisme d’un individu, et la dérive eugéniste. Je ne dis pas que Nicolas Sarkozy en est ici aujourd’hui, je ne veux pas caricaturer. Mais la frontière est désormais très floue. On avait déjà eu cet amer sentiment lorsque le candidat, alors ministre de l’intérieur, avait instrumentalisé un rapport de l’INSERM : ce rapport soulignant le lien entre troubles de conduite et délinquance des mineurs, Sarkozy y avait vu la justification de sa loi sur la délinquance des mineurs.

    Mais bon, Nicolas l’a dit aujourd’hui (mardi 10 avril 2007) : “Il y a un certain nombre de candidats qui n’ont pas compris qu’une campagne électorale, c’était fait pour débattre et qui sont tellement membres des élites et de la pensée unique qu’on ne peut plus rien dire.” Condamner des propos faux, dont l’inexactitude est prouvée par les scientifiques, c’est donc se faire le chantre de la pensée unique ? Dans cette hypothèse là, contre cette méchante pensée unique – et sans commettre un parallèle hasardeux entre les deux sujets – les thèses révisionnistes de Le Pen devraient-elles aussi entrer dans le débat ? Je ne le pense pas.

    Je pense que Monsieur Sarkozy sait parfaitement ce qu’il dit, ce qu’il fait, les terrains sur lesquels il va. Et cette idée de déterminisme est pour moi insupportable, contraire même à nos principes fondamentaux de liberté, d’égalité. Elle est, je le répète, la porte ouverte à beaucoup de dérives. Surtout que la question politique n’est pas de savoir si la pédophilie est innée ou acquise – la question appartient aux chercheurs compétents et semble être tranchée depuis longtemps. Non, la question politique, c’est comment lutter contre la pédophilie, comment comprendre les criminels pour prévenir ces comportements, comment protéger les victimes.

    Cette question de la pensée unique contre laquelle se dresserait soudain Nicolas Sarkozy me rappelle une autre des flèches qu’il avait lancé aux intellectuels. Lorsqu’il avait dit, à propos des intellectuels, “comment certains d’entre eux pourraient-ils avoir encore une autorité après (…) avoir tant fait pour saper les fondements de la société et de ce qu’ils appelaient avec mépris la morale bourgeoise?” Là, on a une orientation évidente vers la pensée unique, puisque le candidat nous explique que les intellectuels n’ont pas le droit d’aller sur certains terrains (en l’occurrence d’interroger certains fondements de la société). J’avais déjà pris soin de souligner ces risques il y a quelques articles de ça.

    Je ne veux pas aller sur le terrain de l’attaque personnelle ou de la caricature. Mais je pense sincèrement, honnêtement, que Nicolas Sarkozy est un homme dangereux, pour ces raisons là. Parce que dire qu’on “nait pédophile”, ce n’est pas anodin, et ça fait résonance avec les heures les plus sombres du XXe siècle. Parce qu’en essayant d’opposer le peuple à une élite représentée par ses compétiteurs, et surtout en éludant totalement les critiques documentées des chercheurs, il fait insulte à ce même peuple.  Parce que, décidément, j’ai la triste impression d’une surenchère de fin de campagne qui donne vraiment le vertige.

    Et pour finir sur un clin d’oeil : si comme il le dit (voir plus haut) “la campagne électorale est faite pour débattre”, pourquoi justement le refuser, ce débat ?

     
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