Updates from février, 2007 Masquer les fils | Raccourcis clavier

  • C’est c’lui qui dit qui y est. Na ! 

    binoo 23:55 on Monday 26 February 2007 Permalien | Répondre

    Voilà de quoi clore définitivement le débat sur l’incompétence supposée de Ségolène Royal. Rappelons nous il y a un mois (le 25 janvier 2007) son interview par Jean-Jacques Bourdin (RMC) et sa “chute” sur le nombre de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. J’avais alors commenté le caractère affligeant à mon sens de cette question, et de ses répercussions. Ce qui fut nommé la “nième bourde de Royal” avait alors abondamment inondé les journaux et les attaques des Hyènes de l’UMP. Le cas Royal avait été l’occasion à Sarkozy et sa fine équipe (dont MAM) de rappeler que la Défense, et en particulier le nucléaire, étaient des sujets sur lesquels aucune lacune n’était pardonnable. Il en était moins une pour qu’on ne déclare pas hors jeu un candidat ne connaissant pas le poids exact d’une charge nucléaire dans un M45. La ministre de la Défense avait alors pris le soin de rappeler que la flotte sous-marine française comptait 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) et 6 sous-marins nucléaires d’attaque (SNA)

    Un mois après, presque jour pour jour, M. Sarkozy – Ministre/Candidat/Président/Génie – se vautre sur le nombre de sous-marins nucléaires d’attaque… Décidemment,… Je ne peux donc résister à la tentation, et j’ironise un bon coup pour plusieurs raisons :

    - Plus qu’un manque de connaissances sur un sujet visiblement capital (si si, c’est lui qui l’a dit), je voudrais souligner avec inquiétude le manque de mémoire de notre cher Nicolas. Ou le manque d’écoute de son équipe la plus proche ? C’est vraiment préoccupant pour un candidat à la fonction suprême.

    - Cette formidable illustration de l’arroseur arrosé nous enseigne encore une fois qu’il faut bien se garder d’ironiser sur les faiblesses à un instant t d’un(e) candidat(e) sur ce genre de sujet. En se moquant ainsi ouvertement, relayé par les médias, il devenait évident que le retour de bâton ne devait pas tarder. Le journaliste ne pouvait se permettre de faire autrement.

    - Que Monsieur Sarkozy ose qualifier la question sur laquelle il a trébuché de “spécieuse” alors même qu’il avait insisté sur la grave lacune de Madame Royal illustre une fois de plus les incroyables contradictions dont il est constamment l’auteur.

    Je me suis beaucoup amusé cet après-midi de cette anecdote. Pour moi, ce n’est absolument pas grave que ni Nicolas, ni Ségolène ne connaissent ce genre de détail. Pour moi, ce genre de question est assez indigne d’un débat présidentiel. On a d’autres préoccupations, notamment en matière de Défense, que de tester les connaissances des candidats sur des questions pointues. Mais combien il est délectable de voir la stratégie de décrédibilisation de la candidate du PS par le parti au pouvoir anéantie en une interview, et comment !

    Ce soir, Nicolas va compter les sous-marins pour s’endormir…

     
  • Doit-on confier “la France d’après” à un conservateur ? 

    binoo 10:20 on Monday 26 February 2007 Permalien | Répondre

    J’entend le candidat sortant se réclamer du changement. Qu’en est-il vraiment, en toute objectivité (forcement, je suis toujours totalement objectif sur ces sujets…) ?

    Le Yoyo temporel de Nicolas Sarkozy

    Je suis intrigué par cette “France d’après”. Quelle serait-elle, cette France, dans l’invraissemblable hypothèse de son élection en mai 2007 ? Je suis donc allé pécher ça et là dans quelques unes de ses propositions. Enfin, j’ai essayé (voir mon article à paraître – tiens je me mets au teasing – sur “Sarkozy et le programme invisible”). J’ai repris pour cela des extraits de son dernier discours à Perpignan, sur l’autorité.

    - rejet de l’héritage de Mai 68 : “A bas l’autorité! C’était cela le programme de mai 68!”. Il a passé au peigne fin les ravages causés, selon lui, par cette doctrine. “L’obéissance de l’enfant à ses parents, c’est fini!”, “la supériorité du maître sur l’élève, c’est fini!”, “la soumission à la loi, c’est fini!”, “le pouvoir de la police, c’est fini!”, “l’amour de la patrie, la fidélité à la France, à son drapeau, la gratitude vis-à-vis de ceux qui se sont battus pour elle, c’est fini!”… A t-il ironisé

    - retour à la IIIe République : “Il était bien rare de rencontrer jadis des enfants sortis de l’école vers le début du XXe siècle à l’âge de 12 ans qui ne savaient pas lire, écrire ou compter correctement, ni exprimer de façon compréhensible leurs pensées et leurs sentiments”

    - sur l’éducation : “Comment l’instituteur, le professeur pourraient-ils encore avoir une autorité si [...] l’élève ne se lève pas quand le professeur entre dans la classe?”

    - sur les intellectuels : “comment certains d’entre eux pourraient-ils avoir encore une autorité après (…) avoir tant fait pour saper les fondements de la société et de ce qu’ils appelaient avec mépris la morale bourgeoise?”

    - sur le travail, son serpent de mer : “comment le principe d’autorité pourrait-il encore avoir un sens dans une société où celui qui ne se lève pas le matin pour aller travailler gagne autant que celui qui se lève tôt et qui travaille dur?”

    - sur le droit de grève : “L’ordre [...], c’est quand les usagers ne sont pas pris en otage par les gréviste”

    Que croit donc ce Monsieur Sarkozy ? Que la France d’après doit être celle de la IIIe république ? Qu’en contraignant les méthodes éducatives des enseignants, en censurant la reflexion critique des intellectuels, qu’en niant l’héritage de mai 68, qu’en revenant sur le droit de grève et en opposant la France qui travaille avec celle qui serait fénéante, cette France va de nouveau avancer vers le progrès ?

    Cet homme raille le PS en le désignant comme “parti du passé” mais n’a de cesse dans ses discours de cautionner le fait que ce même parti est l’auteur des principales avancées sociales et démocratiques de ce siècle (en se référant continuellement à Jaurès, à Blum).

    Cet homme rêve de voir une France docile, respectueuse en premier lieu de l’autorité hierarchique (l’élève envers son professeur, le citoyen envers le politique… Et le politique, envers dieu ?). Mais l’autorité ne doit-elle pas être avant tout intellectuelle ? Que sera la France de demain si l’on applique les méthodes d’hier, ou plutôt d’avant hier, où le pensionnat des Choristes deviendrait un modèle pour la France d’après ?

    En un mot, cet homme est dangereux.

     
  • Ségolène et les médias 

    binoo 11:21 on Friday 23 February 2007 Permalien | Répondre

    Je regardais ce soir l’émission “Arrêt sur images – voyage en Ségolie” sur le site france5.fr. Elle faisait écho au “voyage en Sarkozie” de la semaine passée pour comparer les relations entre les deux candidats et les médias. Et il faut avouer qu’on voit là deux styles très différents.

    L’idée ici n’est pas de tapper une nième fois sur des médias non objectifs, sur d’éventuelles collusions entre groupes médiatiques et candidats. Non, ce qui est intéressant, c’est la relation qu’entretien chacun avec les journalistes.

    D’un côté, on a un Nicolas Sarkozy qui joue beaucoup sur la proximité, la connivence. Un petit groupe de journalistes le suit depuis le début, il les considère comme amis, à coup de petites tappes sur l’épaule et de vraies/fausses confidences.

    De l’autre, une Ségolène Royal qu’on a décrit comme froide, voire glaciale avec les journalistes. En fait, elle leur laisse tout simplement faire leur travail, refusant de jouer sur la connivence. Peu de off, pas de privilèges acquis à quelques “happy few”. Certes, depuis les affaires des “bourdes”, en fait de faux faux-pas surmédiatisés, elle est devenue méfiante envers ces mêmes journalistes. Mais sans défiance.

    Deux visions opposées des relations aux journalistes, deux éthiques différentes. Les deux cherchent à faire la une, c’est indéniable. Mais par des méthodes différentes. Deux excellents articles sont parus sur le Monde faisant echo aux deux émissions de Daniel Schneiderman :

    - Ma vie avec Sarko

    - Ma vie avec Ségo

    Personnellement, je suis plus à l’aise avec une candidate qui laisse les journalistes faire leur travail, sans complaisance, … Mais ça n’étonnera personne !

     
  • Sondages… 

    binoo 1:14 on Wednesday 21 February 2007 Permalien | Répondre

    “CSA publie ce soir un sondage pour Le Parisien / i-Télé dans lequel Ségolène Royal (+2) repasse devant Nicolas Sarkozy (-5) au premier tour et l’écart se resserre au second tour avec un rapport de forces 49-51 en faveur du candidat conservateur”… Voici le type d’informations brutes dont nous sommes désormais accoutumés.

    Comment l’interpréter ? Je ne vais pas là me faire l’ennemi de ces statistiques qui obéissent malgré tout à une rigueur scientifique et donc livrent une photographie assez représentative de “l’état de l’opinion” à un instant précis. Ce sondage, réalisé au lendemain de la prestation télévisée de Ségolène Royal, ne tend selon moi à prouver qu’une seule chose : l’expression des intentions de vote est extrêmement volatile. Pour reprendre justement un sondage – selon moi le plus signifiant de tous – 79% des sondés estiment que “rien n’est joué” dans la campagne.

    Si un différentiel de 7 points peut apparaitre en une semaine entre deux candidats au premier tour, c’est bien qu’une partie de la population (du moins des sondés, représentatifs) est extrêmement dubitative, et qu’on a une base solide, les militants et sympathisants, dont le choix est quasi définitif. Deux options, deux tactiques sont alors envisageables pour les candidats dans le but de récuperer au final ces précieux votes :

    1. La tactique du coup d’éclat, dont l’objectif est au final de vaincre “sur un malentendu”, en tous cas sur un évènement ponctuel (par exemple la remontée spectaculaire de Le Pen en 2002 avec l’accumulation de faits divers autour du thème de la sécurité durant la campagne).
    2. La tactique du long terme, dont l’objectif est de créer une adhésion de fond à des idées, à un projet, à une vision. Cette tactique est extrêmement risquée puisque précisemment on ne sait pas au bout de combien de temps elle va porter ses fruits.

    On le voit bien, une seule de ces tactiques est réellement “politique”, au sens noble du terme. Cela dit, les deux peuvent conduire à la victoire. Soyons donc prudents avec ces sondages, même s’ils rassurent, et ne le sur-interprettons pas. Je ne pense pas qu’il traduise un mouvement de fond suite à la prestation de TF1. Il s’agit à mon avis pour le moment d’un effet volatile à consolider ou/et d’une sortie de “l’effet investiture” dont était oréolé le candidat UMP.

    Si à présent Ségolène Royal parvient à lever les interrogations (pas nécessairement fondées) sur le financement et les sujets dont on la croit moins proche (défense, international), alors une réelle dynamique sera relancée. C’est possible, ensemble ;)

     
    • rali 11:08 on Mercredi 21 février 2007 Permalien

      On est passé à une campagne à un sondage par jour. C’est pas comme ça qu’il faut faire de la politique. Laissons l’UMP les lire.

    • rAyAne 1:23 on Samedi 24 février 2007 Permalien

      Pensez-vous que les sondages soient une mauvaise chose pour les gens qui ignorent pour qui voter?

      Le fait de voir un candidat au zénith des statistiques ne donnerait-il pas à un français lambda (qui ne s’intéresse que très peu à la politique française, mais qui veut tout de même voter) l’envie de voter pour celui qui a des voies moindres, grosso modo pour équilibrer la balance et perdurer la perversion du suspense.

      A première vue, c’est un peu primitif ce que je dis et presque dénudé de logique, mais il existe bien des gens qui refusent de voter pour ceux qui statistiquement n’en ont pas besoin, aussi par anarchie.

      De plus, je suis certain qu’il y a des gens qui ne lisent pas les programmes politiques -en même temps ils ont raison dans la mesure où les programmes ne sont pas respectés à la lettre et qu’il s’agit plus de promesses qu’autres choses-. Doit-on forcément croire celui qui nous fait rêver le plus ? Ou celui ou celle qui se livre en toute sincérité, avec un projet construit sur des normes réellement réalisables ?

      Sondage ou pas, comme tu l’as dit c’est très volatile.

      Qu’est-ce que ça donnerait si l’on faisait des sondages un jour J et qu’on les diffusait à J+15 seulement ? Cela aurait-il un autre impact ?

      Quel impact a un sondage sur les électeurs ?
      Il m’est difficile de répondre à cette question.
      Ce dont je suis sûr par contre, c’est que les sondages peuvent influencer une catégorie de personnes et qu’il serait préférable de manier avec prudence cet outil recenseur d’opinions sur une échelle qui miroite la société de façon relative.

  • “J’ai une question à vous poser”… 

    binoo 9:52 on Tuesday 20 February 2007 Permalien | Répondre

    Merci Delize

    J’étais assez circonspect hier soir à la fin de l’émission. Les questions n’avaient pas suffisamment permis à Ségolène Royal de se défendre, de prouver qu’elle avait du répondant sur des sujets “inhabituels” pour elle. Comme pour déjouer les critiques du “vous avez tout fait pour la piéger”, TF1 semblait avoir joué la carte du “on lui donne des questions faciles”.

    Double tranchant

    D’un côté, à regarder les premiers editos et unes parus ce matin, il semble que la magie ai fonctionné. Soulignant son empathie, sa proximité, sa façon de suppléer PPDA dans le rôle d’animateur, son professionnalisme dans le débat, les journalistes semblent répondre “oui” à cette question inadéquate : “a t-elle réussi son grand oral”.

    Cela dit, en ne donnant pas à Ségolène les moyens de répondre à des attaques plus franches, comme ça avait été le cas de Nicolas Sarkozy, TF1 minimise de fait le possible effet de cette émission. Car pour reconquérir des points dans les sondages, il aurait fallu voir une Ségolène Royal conquérante, se justifiant sur les domaines où elle a été attaqué, démentant une fois pour toutes et en direct le côté idiote dont on l’affuble. Et c’est bien ce qu’elle a tenté de faire, à plusieurs reprises, en s’affichant comme “la seule candidate de rupture”, en rappelant son parcours ”pur produit de l’école de la république [...] trois fois ministre [...] je connais les arcanes de la présidence”.

    Avec un public mou, on risque de faire une intervention molle. Ségolène Royal l’a bien senti, qui a tenté durant toute la deuxième partie de l’émission de rythmer ses interventions entre rire et émotion, puis adoptant un ton tantôt pédagogique, tantôt extrêmement volontariste.

    Challenge

    Son challenge ce soir, c’était à mon sens de montrer qu’elle était encore debout. Et elle a excellé en ce domaine. Reste à voir quel impact (à court ou long terme) dans les sondages, et surtout si la sauce servie par TF1 n’a pas agacé le public.  

     
    • rali 11:31 on Mardi 20 février 2007 Permalien

      Là où elle a réussi son coup sur ses compétences en disant haut et fort son CV… ça c’est du bon!

  • Chiffrage, catalogue et contradictions 

    binoo 15:16 on Monday 19 February 2007 Permalien | Répondre

    On entend tout et son contraire depuis le discours de dimanche. Voici un florilège des critiques adressées à l’encontre de Ségolène Royal, et des éléments de réponse.

    Idée reçue n°1 : “Pas de chiffrage, un projet infinançable”

    Arguments de réponse :

    • Déjà, si on demande un chiffrage, c’est qu’il y a des propositions, c’est qu’il y a un projet. Déjà un bon début d’entendre cela dans la bouche des amis de Nicolas.
    • Ensuite, lisez bien le programme. Si les propositions sont ambitieuses, elles sont évidemment bien financables. D’ailleurs, le PS a précisé dès Villepinte que chaque proposition sera chiffrée, car un chiffrage global ne vaut rien tant il est nécessairement imprécis.
    • Chiffrer un programme, cela relève de l’équilibrisme et du “pifomêtre”. En effet, cela dépend des effets conjoncturels (croissance, etc.) et d’un faisceau de critères tellement disparates qu’il est invraissemblable de proposer une fourchette crédible (sauf à dire “entre 10 milliards et 100 milliards).
    • Enfin, que dire du programme du candidat sortant ? Et de la promesse de 70 milliards de baisse de prélèvements obligatoires, financés par “la croissance” ? Et de son bureau politique qui a dû le raisonner en faisant des coupes franches dans ses promesses électoralistes ?

    Idée reçue n°2 : “elle change toujours d’avis”

    Arguments de réponse :

    • Demander des exemples précis. Dans 90% des cas, les gens disent ça parce qu’ils l’ont entendu dire, sans réel argument.
    • Si c’est sur le cas de l’Iran, de l’encadrement militaire, ou de la carte scolaire, toutes ces propositions ont été précisées et reprises dans le Pacte Présidentiel.
    • Enfin, citer le cas du candidat sortant. Promesse = baisser les prélèvements obligatoires de 4 points de PIB (soit environ 70 milliards) d’ici à 2012 (Le Monde du 23 janvier dernier. Reculade n° 1 : quelques jours plus tard, l’UMP annonce que cette diminution serait finalement étalée sur 10 années et non sur 5. (2012 devient 2017). Reculade n° 2 : Thierry Breton précisait hier qu’en cas de victoire, l’UMP “ne commencera la baisse promise des prélèvements qu’après 2010″. (2017 devient 2020, et demain…)

    Idée reçue n°3 : “elle ne connait pas les affaires internationales / la défense”

    Arguments de réponse :

    • Sur l’Iran : le TNP précise qu’en cas de non coopération d’un pays signataire du traité, alors le développement du nucléaire civil (bien lire civil) peut lui être refusé par la communauté internationale. CQFD
    • Sur la Chine : la question de la rapidité des tribunaux chinois a été mal utilisée. Elle parlait des tribunaux de commerce, qui effectivement traitent les affaires plus rapidement qu’en France, dans le respect des règles de droit. Elle n’a en rien cautionné la justice expéditive chinoise, qui est bien évidemment condamnable.
    • Sur les propos du Hesbollah : croyez-vous que le diplomate français qui était dans la salle aurait également “cautionné” des propos visant à comparer Israel aux nazis ? C’est absurde, autant que la réaction de Mme de Panafieu, le lendemain, refusant de saluer Ségolène Royal du fait de ce faux évènemment. C’est bien évidemment une attitude comme celle de Panafieu qui peut créer des tensions sur le plan international.
    • Sur les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins : croyez-vous sincèrement que cette question soit digne d’un débat présidentiel ? Demande t-on à Nicolas Sarkozy le taux légal d’émission de CO2 pour qu’une voiture passe le contrôle technique ?
    • Sur le second porte-avion : Ségolène Royal n’a pas dit “il faut choisir entre la défense et l’éducation”, comme le voudrait le candidat de la continuité, mais “si nous avons els moyens pour créer un second porte avion de remplacement, je préfère mobiliser ces moyens pour l’éducation”. Elle donne ainsi ses priorités, tout en précisant par la suite que le porte-avion doit être l’occasion de développer l’Europe de la défense. Elle fait preuve par là d’un excellent pragmatisme économique (le rapport coût / nécessité d’un porte avion national est très faible, les bénéfices de le développer en commun sont nombreux : création par la preuve d’une Europe de la défense, partage des coûts, etc.)

    Idée reçue n°4 : “son programme, c’est un inventaire à la Prévert” 

    Arguments de réponse :

    • Son programme repose en intégralité sur le slogan fondateur : “plus juste, la France sera plus forte”. Une vision forte et de gauche : il faut d’abord et en priorité travailler à remettre de la justice sociale, environnementale, économique en France. C’est-à-dire rétablir l’ascenseur social, miser sur l’éducation, refonder les rapports internationaux, rendre à chacun sa dignité et à tous son utilité. Redonner confiance, par la preuve.
    • Elle a présenté à Villepinte ses grandes orientations, qui sont résoluement de gauche. Restaurer le dialogue dirigeants / salariés, rénover l’éducation, faire l’excellence environnementale, etc. Tout est lié, il suffit de lire ou d’entendre le discours de Villepinte pour le comprendre.

    Voilà pour le moment, l’idée est que vous m’envoyiez les “idées reçues” qui vous viennent, puis ensemble nous trouverons les arguments de réponse.

     
    • rali 16:20 on Lundi 19 février 2007 Permalien

      C’est absurde, autant que la réaction de Mme de Panafieu, le lendemain, refusant de saluer Ségolène Royal du fait de ce faux évènemment.

      C’est plutôt l’inverse.
      Ségolène a refusé de la saluer, suite aux critiques de Panafieu sur la visite de Ségolène au Liban.

    • binoo 17:13 on Lundi 19 février 2007 Permalien

      Oui tu as raison c’est Ségolène qui a dit la phrase “Je suis désolée mais après vos propos Madame, je ne vous salue pas !”
      Je voulais faire référence à Panafieu qui saute sur l’occasion pour juger profondemment choquante l’absence de réaction de SR aux propos du Hesbollah. C’est ce genre de réaction qui selon moi est dangereux pour la crédibilité de la France à l’international.

  • Prédictions ? 

    binoo 14:30 on Monday 19 February 2007 Permalien | Répondre

    Je ne fais pas dans les incantations. Cela dit, plusieurs facteurs me rendent plus confiant en ce début de semaine.

    Le rendez vous de ce soir

    Encore une étape… On lui avait mis la pression avant le meeting de Villepinte, elle l’a vraiment réussi (quoi qu’en disent les sondages, force est de constater que son discours était bon). On lui met aujourd’hui la pression sur le rendez-vous de TF1 : “j’ai une question à vous poser”.

    Elle a les outils pour réussir :

    • un programme solide, ambitieux mais réaliste
    • une réelle habitude du contact direct avec les citoyens, maintes fois expérimenté lors des débats participatifs

    Biensur, les débateurs ne seront pas les mêmes : on peut estimer que ceux qui se déplacent lors des débats participatifs sont a minima sympathisants PS? quant ce soir se trouveront des opposants. Elle montre cela dit qu’elle gagne en sang froid, et qu’elle ne se démonte pas. En effet, malgré les embuches, malgré les attaques parfois vraiment très personnelles, elle reste digne et soucieuse de préciser sa pensée lorsque c’est nécessaire, d’expliquer sa vision, son projet.

    C’est aussi l’occasion de discuter en direct avec des vrais citoyens, par delà le filtre des journalistes professionnels.

    La réorganisation de cette semaine

    Ségolène Royal a annoncé dimanche qu’elle allait réorganiser le staff de campagne. C’est une bonne chose. Non que l’équipe actuelle soit incompétente, mais que “les temps ont changé” (ceux qui connaissent mes goûts musicaux apprécieront). Je m’explique. La campagne était jusqu’au discours de Villepinte une campagne participative, où l’objectif était de démultiplier un maximum les forces, pour organiser des débats fortement ancrés terrain. Nécessairement, l’équipe était donc organisée en conséquence, et le relai médiatique pas optimal.

    Aujourd’hui, on est dans la phase programme, où il faut à tout prix montrer les points de confrontation entre le programme socialiste et le programme du sortant, montrer vraiment la cohérence du projet, sa faisabilité, et la vision de notre candidate. Le programme est solide, de gauche, il doit juste être expliqué, compris. Il faut donc organiser des relais médiatiques efficaces et une meilleure organisation interne. C’est le choix qui sera fait jeudi, c’est évidemment une bonne nouvelle.

    Sondages et contre-sondages

    Enfin, il convient de “relativiser” les sondages. L’expression est à la mode. Il est évident que les sondages donnent une bonne vision du rapport de forces à un instant T. Il est évident de ce fait que le candidat sortant est “en avance” dans la campagne, comprenez qu’il a déjà fourni son effort. Cela dit, il convient d’interpréter tous les sondages, y compris lorsque 79% des français estiment que “rien n’est joué” dans la campagne…  Et la campagne de fond menée par le PS et sa candidate est solide, sur des bases terrain qui vont porter leurs fruits, forcement sur plus long terme.

     
    • rali 16:21 on Lundi 19 février 2007 Permalien

      Je crois à un effondrement de Sarkozy dans un mois environ…

  • Merci Renaud ! 

    binoo 15:32 on Thursday 15 February 2007 Permalien | Répondre

    Renaud s’installe à Londres.

    Il déclare cependant : “Le pays qui m’offre 80% de mes revenus, c’est la France (…) je suis fraternel et solidaire de ce pays qui m’a vu naître, que j’aime et que je ne méprise pas sous prétexte que je vais vivre huit mois par an à Londres [...] même si demain je pouvais fiscalement m’installer en Angleterre, je ne le ferais pas”.

    Et de souligner, dans une critique non dissimulée à Halliday, l’indécence des “artistes milliardaires qui osent se plaindre de la fiscalité” en précisant “Je trouve cela honteux quand on a conscience du monde qui nous entoure”.

    Des propos qui rassurent sur le modèle social français ! Merci Renaud, de m’avoir donné un peu de baume au coeur aujourd’hui !

     
    • rali 16:36 on Jeudi 15 février 2007 Permalien

      Il aime la France…

    • rAyAne 12:33 on Vendredi 16 février 2007 Permalien

      Je dirai même plus rali, il aime la France !
      Optique 2000 n’a qu’à se rhabiller, je n’achèterai plus jamais ses disques déjà que j’aime pas sa musique … enfin c’est subjectif.
      M Afflelou et d’autres semblables l’ont précédé et il est vrai que l’exode fiscal de Jonhy se serait passé presque inaperçu s’il n’était pas aussi célèbre d’autant plus que surmédiatisé ces derniers temps du fait de son soutien à Nicolas Sarkozy.
      N’oublions point certains grands patrons, et autres vizirs des temps modernes qui s’exilent dans des paradis fiscaux…. Johny bouquémissaire mais l’histoire a voulu qu’il y en ait toujours un… mais bon qu’est-ce qu’il les représente bien !

      Ps : si on pouvait exiler ses pubs aussi : ça serait top !

    • rali 12:45 on Vendredi 16 février 2007 Permalien

      lol … Rassure toi Rayane, il va continuer a payer ses impots en France! Donc c’est un exil “civique”.

  • Que lui reproche t-on, au juste ? 

    binoo 14:30 on Thursday 15 February 2007 Permalien | Répondre

    Aujourd’hui, je suis de très mauvaise humeur. Quand on est très mobilisé derrière un candidat (en l’occurence une candidate) et qu’on sent que la campagne lui échappe, et qu’elle ne parvient pas à marquer son empreinte, ça met en boule.

    Qu’est-ce qu’il lui manque ?

    - Pendant un temps, le boulet tiré par l’UMP était “elle est belle mais qu’est-ce qu’elle est cruche”. Comprennez : elle n’a pas de programme, elle ne connait pas les dossiers, elle fait des bourdes. Cette époque, c’était la phase participative. L’objectif, c’était de montrer, par la preuve, pour reprendre une des expressions consacrées, qu’il y avait une autre manière de faire de la politique en associant plus les français qui le souhaitent, avec une vraie méthodologie de prise de décision. Cette phase ne pouvait avoir qu’un impact limité : les personnes se déplaçant dans ces débats ne sont par définition que ceux qui souhaitent voter pour Ségolène (car en participant, ils légitiment sa méthode, ce qui en période électorale revient à lui donner du poids). Sur les bourdes, on le sait, le candidat sortant en a fait au moins autant, sans jamais qu’elles ne soient médiatisées (de ses néologismes lors du show de TF1 à sa confusion entre VGE et François Mitterrand, en passant biensur par des promesses electorales sur des lois qui existent déjà). on sait que ce n’est pas ce qui fait la valeur ou la faiblesse d’un candidat, les bourdes qu’il peut faire.

    - Puis, une fois que les propositions ont été formulées, sous le format d’un Pacte Présidentiel et d’un discours fédérateur, on a parlé d’inventaire à la Prevert et d’absence de chiffrage. “Irréaliste”, “trop cher”, “trop flou”… Une salve de critiques dès le lendemain. L’objectif du Pacte et du discours, c’était d’orchestrer la fin de la période de reflexion, le discours permettant de livrer la vision de Ségolène Royal (résumée très précisemment par le “Plus juste, la France sera plus forte”) et le pacte permettant de dresser une liste de propositions pour mettre en musique ce projet. Comme dans une grande entreprise : une vision stratégique (“Plus juste, la France sera plus forte”), plusieurs axes stratégiques (“La présidente de la confiance retrouvée”, “La présidente de l’excellence environnementale”, etc.) et des leviers opérationnels (les 100 propositions). Le plan de financement du projet est prévu pour après, au fur et à mesure qu’on va dans le détail de chaque axe stratégique, les coûts et finacements associés devaient être déclinés. Option totalement cohérente.

    - Aujourd’hui, recrudescence d’une critique qui était un peu en deçà des autres pendant quelques temps : “le PS n’est pas rassemblé”. Je milite dans le 4e arrondissement de Paris. Nous participons nombreux à la campagne, que nous ayons voté pour DSK, Fabius ou Royal lors des primaires. Nous sommes en ordre de marche. La puissance militante du PS s’active. Mais dans les médias, on ne voit que les accrochages sur la fiscalité, les faux pas des portes parole, les contradictions entre les ténors. Le parti a toujours fonctionné avec de fortes personnalités, cela dit en temps de campagne il ne faut pas se tromper d’ennemi.

    La com’

    Non, ce qu’il manque, aujourd’hui, c’est incontestablement une communication mieux gérée, mieux organisée afin de repasser dans une posture offensive, et non défensive comme elle l’est actuellement. On a trop l’impression que la stratégie de campagne s’adapte aux critiques, alors qu’elle devrait plus justifier la démarche, la rendre claire et visible de tous, rejetant ainsi les critiques. Par exemple, sur le financement, il eut-été préférable de dire “nous préférons détailler projet par projet le coût du programme, car on le sait bien donner un coût global n’a pas grand sens tant il repose sur des incertitudes (croissance, etc.)”.

    Et surtout, surtout, être capables d’organiser la critique du candidat sortant. Beaucoup de choses sont dites contre lui par les portes paroles, mais pas encore une fois de façon concertée. ce qui marche à l’UMP, c’est le mattraquage qui est fait systématiquement contre des points précis (les bourdes, puis l’absence de programme, puis le financement, puis le manque d’unité). Tous les portes paroles y vont de leur contribution, dans le même sens, chacun avec ses spécificités. Il faut absolument organiser la même chose avec nos porte-parole : identifier les points faibles évidents du candidat sortant et ce qui pourrait lui faire perdre son assurance. Par exemple, le fait qu’il soit le candidat sortant (ayant participé au pouvoir en place), ses contradictions sur la réhabilitation du travail (en taxant moins le capital), etc. Mais pas tout en même temps… Saisir une opportunité puis se dire “on répète telle critique pendant 1, 2 semaine(s)”.

    Il y a tant d’évidences à opposer à la candidature du ministre actuel, et si peu qui soit fait aujourd’hui…  

     
    • rali 16:40 on Jeudi 15 février 2007 Permalien

      Malheuresement NS fait le rythme de la campagne. C’est ulcérant pour la majorité des français non UMP.
      On est passé d’un semblant de duopole (pourquoi pas…) à un monopole, toxique pour la démocratie elle même.
      La phase du “projet” contre “projet” n’est toujours pas arrivée.

  • Oppositions 

    binoo 12:32 on Monday 12 February 2007 Permalien | Répondre

    J’écoutais hier soir, incrédule, des commentaires du président de Synergies, le syndicat de police apparenté UMP. Celui-ci s’opposait à la vision d’un psychologue dont j’oublie le nom, qui tentait de comprendre les raisons des comportements violents. Et ce faisant, le président de Synergies opposait à la compréhension du comportement délinquant un devoir de protection des victimes. Comme si, pour mieux protéger les victimes, il fallait à tout prix faire payer le déliquant, fut-ce en mettant en péril toute possibilité de réhabilitation future.

    Biensur, il faut être ferme dès le premier acte de délinquance. Biensur, la victime doit être la première protégée. Biensur, justice doit être rendue. Mais la république a également un devoir envers tous ses citoyens, et je ne crois pas que le modèle d’une France qui marginalise des délinquants en les envoyant dans des prisons dont on sait qu’elles ne peuvent aujourd’hui remplir leur mission de réinsertion soit un modèle pour tous. Je crois au contraire qu’on gagnerai beaucoup à comprendre les causes des comportements violents, pour mieux les prévenir (et, je le crois, c’est en cela que l’éducation est bien le premier des piliers de notre société). Comprendre, pour traiter le problème de la violence à la source, et non pas pour en traiter uniquement les conséquences (la délinquance). Comprendre les causes de la violence, c’est mieux la prévenir ; c’est aussi mieux réhabiliter les auteurs de ces actes. Il faut renforcer les cellules psychologiques dans les prisons, favoriser la réinsertion à tout prix : c’est je pense la clé d’une diminution de la récidive. Et non pas la repression aveugle où l’on tapperait sur le déliquant sans le comprendre.

    Là encore, on a une opposition claire entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy centre vraiment son discours sur la repression et l’élimination de la délinquance, et répugne régulièrement l’idée de réhabilitation des délinquants. Quand il utilise la publication d’un rapport sur les indices d’un comportement violent dès le plus jeune âge, c’est pour promouvoir une repression dès le plus jeune âge. Alors que le rapport aurrait dû servir à dire “réajuster l’éducation dès le plus jeune âge pour éviter que ces indices se confirment plus tard”. Ségolène Royal quant à elle adopte un discours d’abord centré sur l’éducation. L’apprentissage des limites, dès le plus jeune âge. Dans le même temps, elle ne renie en rien le principe républicain de protection des victimes et condamnation ferme dès le premier acte de délinquance, tout en proposant des méthodes rénovées pour favoriser l’émergence d’une peine éducative (par exemple avec les missions humanitaires encadrées au besoin par des militaires).

    Comprendre les origines de la délinquance, ce n’est en rien l’excuser, c’est au contraire tenter d’y remédier plus efficacement, et plus durablement. 

     
  • La malédiction des ressources (2) 

    binoo 0:35 on Monday 12 February 2007 Permalien | Répondre

    Je réflechissais cet après-midi à ce révoltant problème de la malédiction des ressources dont je parlais précédemment. Et si la solution, du moins la lutte plus efficace contre cette injustice, passait par la création d’un conseil international de gestion des ressources naturelles ? Organe de l’ONU, ce conseil aurait en charge de déterminer le prix réel de la ressource non extraite, donc ce qui revient de fait aux Etats d’origine. Il aurait aussi pour mission d’assurer que ces sommes soient bien allouées au développement des pays concernés : à l’éducation, à l’industrialisation, à la santé – et non à la corruption, au financement des guerres. L’idée serait donc que les compagnies de “valorisation de la ressource” (compagnies pétrolières, diamantaires, etc.) versent la part définie directement à ce conseil, et que celui-ci le reverse aux pays concernés, directement aux populations quand l’Etat n’assume pas son rôle de protection. Ce conseil pourrait avoir la charge également, au sujet des énergies fossiles (qui sont elles aussi des ressources naturelles), de préparer l’après pétrole par une augmentation progressive du prix de la ressource “pétrole brut”.

    Encore une fois, je dois rendre hommage à Stiglitz qui expose ce problème et ce genre de réponse de manière brillante dans son livre Un autre monde et m’excuser par avance des inexactitudes que pourrait contenir cet article.

     
    • Héla 12:38 on Mardi 13 février 2007 Permalien

      Bravo pour ton blog Fabien, ça ne m’étonne pas de toi!
      Pour info: des rumeurs circulent sur un ONU de l’Environnement présidé par…Chirac!!! Il souhaite transformer le PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement) en une Organisation des Nations unies pour l’environnement (ONUE). On verra ce que ça va donner…

    • binoo 15:03 on Mardi 13 février 2007 Permalien

      Merci Héla ! Oui en effet j’ai entendu le projet d’ONUE. Il était temps je pense, pour équilibrer le travail de l’OMC. Sur la gestion des ressources, je pensais un peu à un organe comme l’UIT (Union Internationale des Telecoms) qui gère le spectre radio dans le monde (parce qu’il s’agit de ressources rares). Donc, pourquoi pas imaginer ce type d’Organisation pour la gestion de l’ensemble des ressources naturelles (elles aussi des ressources rares) ?

    • rali 17:03 on Mercredi 14 février 2007 Permalien

      Je pense que c’est dans la logique de la politique de Ségolene : l’aide directe aux populations…
      Mais le risque, c’est de responsabiliser les pays en leur disant : vous êtes de toute façon incapable de gerer votre developpement, donc laissez nous vous developper et choisir où dois aller l’aide.

      C’est ce que le FMI a fait avec les plans d’ajustement structurel… Et ça a fait des ravages.

      JE pense qu’il faut séparer développement et existence de ressources.
      Un pays comme le Japon n’a pas de ressouces et pourtant s’est developpé de manière spéctaculaire.
      A l’inverse, l’Arabie saoudite ou l’Algérie a plein de ressources mais ne se développe pas.

      L’un des seuls exemples, c’est à mon avis l’exemple Norvégien qui est de dire : Faisons comme si nous n’avions pas de ressources mais sans oublier que nous en avons si besoin est – Je fais référence notamment aux fonds d’investissement norvégien, une véritable réserve de 100aines de milliard de dollars en cas de besoin.

    • rali 17:04 on Mercredi 14 février 2007 Permalien

      il fallait lire “déresponsabiliser”

    • binoo 17:20 on Mercredi 14 février 2007 Permalien

      Merci Rali pour ce commentaire. En fait, l’idée n’est pas tant de se dire “seuls les pays riches en ressources se développeront et les pays pauvres en ressources sont condamnées au sous-développement” mais bien de se dire “les ressources naturelles sont propriété du pays où elles sont extraites et donc celui-ci doit en tirer le bénéfice économique”. D’où la nécessité de décomposer le prix du baril de brut en “prix du pétrole en sous-sol” (le prix de la ressource à l’état naturel, non extraite) + “valorisation” (le prix de l’extraction, etc.).
      Pour l’exemple norvégien, leurs réserves ont fait augmenter leur monnaie et fait baisser la compétitivité de leurs autres entreprises. Mais plus grave, aujourd’hui on sait que le FMI a une attitude particulière avec les fonds de stabilisation : il a par exemple demandé au Chili de considérer comptablement l’utilisation de son fond de stabilisation comme une dette…
      Pour les plans d’ajustements structurels du FMI, ce n’est pas le même sujet. Leurs préconisations sont d’ordre libéral, il ne s’agit pas de s’inquiéter du développement du pays mais du respect des lois du marché. L’idée, comme le dit notre candidate, c’est de faire de ces institutions des institutions de développement et non pas des institutions de commerce.
      En revanche, je suis totalement d’accord avec toi sur la grande difficulté de mise en oeuvre notamment par rapport à la deresponsabilisation des Etats et à une espèce de forme d’ingérence… Tout est à construire ;)

  • Fondateur 

    binoo 0:10 on Monday 12 February 2007 Permalien | Répondre

    Une foule en liesse

    La date du 11 février 2007 restera, je l’espère, celle d’un discours fondateur. En faisant reposer son discours sur les trois piliers – l’économie, la société et l’environnement – et en entourant l’ensemble par une république réformée et un Etat modernisé, Ségolène Royal a su montrer à ses détracteurs qu’elle l’a bien, cette stature présidentielle.

    Elle a su affirmer avec force ses convictions. Celles de la gauche réunie d’abord, avec des propositions faisant écho à Blum, Jaures, Mitterand et tant d’autres, mais sans jamais avoir besoin de les citer, car il vaut mieux s’en inspirer dans les actes que s’en prévaloir par la parole. Celles des français ensuite, qu’elle a entendu – et surtout écouté – à travers plus de 6000 débats particulièrement constructifs. Les siennes enfin, avec de forts moment d’émotion lorsqu’elle parle de sujets qui la touchent plus particulièrement, de la famille aux femmes battues. La somme de ces trois forces est particulièrement riche, cohérente, éclairante.

    En découle un discours passionnant et passionné, particulièrement courageux lorsqu’elle parle des scandales de la mondialisation financière ou du poids de la dette. Ambitieux lorsqu’elle aborde la réforme de l’Etat, pour que chaque euro dépensé soit un euro utile, ou encore lorsqu’elle propose une France fidèle à ses valeurs humaines qui les défend dans le monde à l’aide de tous ses partenaires.

    Ce soir je suis donc plus que jamais en accord avec ses idées, ses propositions. Beaucoup de chemin reste à parcourir, et je sens déjà l’odeur de la colle à affiches ;-)

    Vraiment, ce discours était un pur bonheur : complet, reflet de toute la complexité de nos environnements et dans le même temps porteur d’un incroyable espoir ! Plus juste, la France sera plus forte !

    Pour consulter le pacte présidentiel de Ségolène Royal, cliquez ici

     
  • La malédiction des ressources (1) 

    binoo 23:45 on Saturday 10 February 2007 Permalien | Répondre

    blood diamonds

    Je sors de ma séance de cinéma. Au menu ce soir : “Blood Diamonds”, sur le scandale des diamants qui financent la guerre dans divers pays d’Afrique. D’aucun diront que c’est un film à grand spectacle, avec il est vrai de longues scènes d’action un peu superflues vu le contexte. Je répondrai que si ce support permet d’attirer plus de personnes voir ce type de films, c’est tant mieux. Parce que si l’on peut critiquer la forme à certains instants, le film insiste surtout sur la trame de fond. Je parlerai donc du fond.

    Stiglitz nomme ça “la malédiction des ressources” : les pays ayant sur leur territoire le plus de richesses naturelles – pétrole, or, cuivre, diamants – sont aussi les plus pauvres, et surtout les plus instables politiquement. Car leurs ressources attirent nos capitaux, et lors que les réserves sont gigantesques, et la ressource rare, nous sommes prets à tout pour la récupérer. Nous avons la force économique suffisante pour “convaincre”, et nous avons l’industrie (armes, etc.). Donc, pour récupérer la ressource là où elle est, il faut trouver un arrangement à notre avantage avec les forces qui dirigent le pays. Et si elles ne sont pas conciliantes, il faut aider des milices à prendre le contrôle. Il en va ainsi du pétrole, où une infime fraction de la réelle valeur de la ressource est reversée à-qui-de-droit, c’est à dire l’Etat propriétaire de cette ressource naturelle. Et lorsque de l’argent est reversé, c’est le plus souvent sous la forme de bakchich aux pouvoirs corrompus. Il en va de même des diamants – et c’est l’objet de ce film – pour lesquels les diamantaires échangent des armes indifferemment avec des milices ou l’armée officielle (selon là où penche le pouvoir, donc le contrôle des précieuses mines) pour quelques cailloux. Inutile de dire là encore que la valeur des armes n’est sans commune mesure avec celle des diamants. Mais inutile de dire non plus que les diamants ne sont pas très utiles aux pays d’origine qui n’ont ni la maitrise du polissage ni les débouchés pour ces pierres : si une entreprise nationale décidait de créer sa propre industrie d’extraction et de polissage de diamant, la pression serait telle qu’elle ne trouverai aucun débouché, le marché du diamant étant totalement verrouillé par quelques “happy few”. L’équation est donc simple : ce n’est pas “pétrole contre nourriture”, mais “diamants contre pouvoir”.

    J’ai insisté sur le “nous” : car c’est bien “nous” les responsables, pas directement biensur, mais au moins nous en sommes les cautions muettes, quand ce n’est pas plus. Au banc des accusés, tout devant, les grandes firmes de “valorisation, extraction de la ressource” comme Total, De Beers, et bien d’autres. Mais aussi, très proches de la première ligne, les Etats industrialisés et les institutions internationales, qui ne font rien pour dénoncer cette prise en otage du Sud connu de tous. Mais également, plus indirectement, nous tous, citoyens et consommateurs de ces pays qui, le plus souvent à notre insu, sommes les utilisateurs de ces “ressources sales”.

    J’espère que ce genre de films va se multiplier, c’est déjà le cas (The Constant Gardener, par exemple), pour aider à la prise de conscience collective.

     
  • Pour une approche systémique du développement durable en politique 

    binoo 1:28 on Friday 9 February 2007 Permalien | Répondre

    les trois pilliers du développement durable

    Je ne vais pas m’en justifier à chaque prise de parole, mais ma conscience politique et citoyenne s’oriente bien souvent vers le concept de développement durable. Tant et si bien que je me questionne à présent sur la problématique suivante : peut-on tout rapporter au développement durable en politique ? Et si, au fond, c’était ce concept qui pouvait être le liant de tout un programme, le dénominateur commun à toute proposition, l’identité même du discours politique ?

    Le concept de “développement durable”

    Notion souvent galvaudée, le concept n’en est pas moins novateur et plein de sens. Souvent présenté comme “un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs” (rapport Brundtland – 1987). En fait, il repose sur l’enchevêtrement de trois écosystèmes : l’économie, la société et l’environnement. L’hypothèse fondamentale du développement durable, c’est que ces trois écosystèmes doivent être équilibrés entre eux : on ne peut donner à aucun des deux plus d’importance qu’aux deux autres, et aucun ne peut être considéré indépendamment des autres. Ainsi par exemple, à quoi sert la richesse (écosystème économie) si elle ne bénéficie pas au plus grand nombre (écosystème société) et/ou si elle s’exerce dans un environnement non vivable (écosystème environnement) ? On peut bien entendu multiplier l’exercice en isolant chacun des écosystèmes et en tentant de les opposer aux deux autres.

    Un programme articulé autour du développement durable

    Dans cette définition, loin donc d’une vision marketée du développement durable, on voit bien qu’il s’agit d’une véritable révolution dans la conception de la société et de ses environnements. En ce sens, il est également un véritable enjeu politique.

    Comme dans l’entreprise le développement durable ne peut fonctionner s’il n’est pas porté directement par la direction générale – j’aurai surement l’occasion de développer cela dans un prochain article – l’idée de développement durable ne peut qu’être travestie si on ne la place pas au coeur du projet politique. Par au coeur, j’entend au fondement, en socle, en principe commun de tout le programme.

    Je vais en guise de démonstration sommaire de mon intuition reprendre certains des sujets majeurs du débat politique et tenter de montrer en quoi le développement durable peut être au coeur de ces sujets :

    - l’éducation : certains présentent l’éducation comme “le moyen d’accéder à l’emploi”. Cette vision est bien évidemment simpliste. L’éducation, c’est le lieu ou l’individu se construit, et prend sa place dans ses différents écosystèmes. Ainsi, la mission de l’école, c’est de former un citoyen (social) écologiquement responsable (environnement) et un futur acteur économique (économie). Les trois orientations de l’éducation doivent être en cohérence avec les trois écosystèmes élémentaires : apprentissage des règles et du fonctionnement de la société (histoire, éducation civique, philosophie, etc.) ; conscience écologique (à travers par exemple les enseignements de biologie, de physique et de chimie) ; formation professionnelle (esprit d’entreprise, droit, formation pratique et théorique aux métiers).

    - les affaires étrangères : il est admis que soigner ses relations diplomatiques avec l’étranger est bon pour les affaires économiques d’un pays. En témoignent les dirigeants d’entreprises accompagnant le chef de l’état (souvent appelé le “VRP de l’Etat”) lors de ses déplacements à l’étranger. Dans une vision honnète de la politique étrangère, on admettra également qu’il faut tendre vers une harmonisation des règles sociales et des conditions de vie de chaque habitant du globe. Enfin, les enjeux écologiques de demain ne peuvent être appréhendés à la simple échelle nationale : le réchauffement climatique ne s’arrètera pas aux frontières des Etats n’ayant pas ratifié Kyoto, le manque d’eau peut être une menace pour la paix mondiale. De ce fait, une politique étrangère responsable doit également intégrer la dimension environnementale. Ainsi, preuve est faite que dans ce domaine également, les trois champs d’action sont : le développement économique, le développement humain (ou la préservation de la vie, dans le cadre du maintien de la paix) et le respect de l’environnement. Aucune de ces 3 actions ne doit être absente des relations internationales.

    Je n’ai pris que deux exemples, me semble t-il assez distincts et représentatifs, et vous invite si vous le souhaitez à continuer l’exercice sur d’autres thèmes en vous posant la question : “quelle est la dimension économique / sociale / environnementale de ce thème ?

    Cet exercice a pour but d’une part de montrer l’ambition du concept de développement durable, et de légitimer l’utilisation du mot “révolution” : “La révolution est une transition entre un ordre ancien qui tombe en ruine et un ordre nouveau qui se fonde.” (Littré). A l’aune de ces quelques exemples, et au fur et à mesure des articles et commentaires de ce blog, j’espère qu’on pourra démontrer à quel point il y a bien rupture entre un ordre ancien et un ordre nouveau lorsque l’on parle de développement durable. Passer d’une vision purement économique du monde, de la mondialisation à une approche globale des trois écosystèmes est un véritablement bouleversement idéologique. Aussi, ce bouleversement doit être relayé par une action politique rénovée qui doit intégrer cette logique.

     
    • ronny balcaen 23:42 on Lundi 12 mars 2007 Permalien

      “l’idée de développement durable ne peut qu’être travestie si on ne la place pas au coeur du projet politique. ”
      C’est en effet le coeur du projet de l’écologie politique, porté depuis presque 30 ans par les partis verts dans le monde.
      Les partis productivistes, essentiellement axés sur la consommation et la production effrénée n’ont pas encore intégré toute la portée de ce projet aujourd’hui.

    • binoo 23:17 on Mardi 13 mars 2007 Permalien

      Merci pour votre commentaire. Je pense qu’aujourd’hui, Ségolène Royal incarne justement ce changement de référentiel, en faisant sortir le PS d’un “parti productiviste” comme vous le nommez. La démocratie participative, le nerf de son projet, c’est justement au centre du principe de développement durable. Je n’accepte pas que l’on réduise le développement durable au simple fait écologique. C’est en effet l’une des dimensions, mais il ne doit prendre le pas sur l’économie et le social. Les trois dimensions doivent être équilibrées. C’est ainsi que Ségolène Royal a entamé son discours présentant son Pacte Présidentiel à Villepinte : “mon programme est centré sur les trois piliers : l’économie, le social et l’environnement”

  • TGV : Territoires de Grande Valeur 

    binoo 10:00 on Monday 5 February 2007 Permalien | Répondre

    J’étais à bord de mon moyen de transport préféré : TGV… Pour moi, trigramme magique, trois lettres comme autant d’invitations au voyage. Car au final, j’éprouve toujours au moins autant de plaisir lors du trajet qu’une fois à destination.

    Pourquoi donc cet engouement particulier ? Cette fascination, même… Parce que je crois aujourd’hui pouvoir me définir comme un romantique, au sens que je suis toujours suffoqué devant la richesse des paysages traversés : subjugué par la beauté de cette montagne enneigée – majestueuse, époustouflé face à cette succession de collines cultivées, apaisé par cette longue forêt isolée. Là où l’on parle d’isolement, d’enclavement, de ruralité – comme s’il s’agissait d’une maladie par rapport à un ordre citadin établi – je parle d’oxygène, de force atemporelle, de la “vraie face de la France”. Je prends, à chacun de mes deplacements, conscience de cette incroyable richesse que l’on est en train de détruire, une conscience ravivée à chaque fois, comme un rappel à l’ordre par Dame Nature.

    A la fois, je me sens infiniment petit face à cette Majesté, à la fois je ressens l’immense envie, l’impétieux besoin d’agir pour sa préservation. Car quand on s’inquiète de la respirabilité de l’air à Paris, je m’inquiète bien plus encore du risque de ne plus voir de neige sur cette montagne, de constater que la forêt d’hier est bien clairsemée, et que ces collines ont revêti un aspect inquiétant… C’est demain, demain que l’on verra ces changements, si l’on intervient pas radicalement aujourd’hui. J’ai peur, demain, de découvrir le sentiment de déception lors de mes deplacements en TGV, de ne plus être émerveillé, de me désoler devant des paysages devenus fantomatiques.

    Et j’ai l’espoir, je caresse la douce utopie que ma génération sera celle qui impulsera un nouvel ordre dans l’économie mondiale, une sortie par la grande porte du capitalisme aveugle pour rentrer dans une ère du développement responsable. Cet ordre juste devra être celui de la responsabilisation de chacun des acteurs : citoyens, entreprises et collectivités, Etats, institutions internationales. Ambition de chacun, prise de conscience de tous, volonté d’agir. La voici, mon utopie : j’espère la faire vivre en compagnie du plus grand nombre, j’espère ringardiser ceux qui défendraient la règle du “faisons le minimum légal sans transformer nos modes de fonctionnement”, j’espère l’émergence d’entreprises modèle, proactives, à la pointe de l’innovation sur ces sujets. J’espère le développement de l’excellence environnementale, en somme. Ce ne sont pas des mots creux, ni une formule toute faite, mais un vrai projet de société, le défi majeur depuis la révolution industrielle.

    Nous avons la chance d’accumuler suffisamment de savoirs pour connaître à quoi ressemblera notre destin si nous ne faisons rien. Nous avons la chance d’avoir tous les outils en main pour mener une vraie révolution, à la fois sociétale et économique. Saisissons cette chance : soyons révolutionnaires, osons rêver !

     
    • Anne Christine 10:46 on Mardi 6 février 2007 Permalien

      Il me semble que tu étais moins « romantique » à bord des trains polonais !

      Bonne surprise ce blog, on y reconnaît bien ta touche. Compte sur moi pour te lire ;)

      A très bientôt !

    • binoo 15:04 on Mardi 13 février 2007 Permalien

      Mais, je conteste ! Je frolais les envolées lyriques lorsque l’on traversait les grandes étendues inhabitées de Pologne voyons ! Quelle mauvaise langue, vraiment :P

    • lemaire 12:09 on Mercredi 6 juin 2007 Permalien

      Bonjour, je voudrai votre avis sur mon site
      http://www.vu-du-train.com
      Merci. Laurence

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