Pas de temps pour les class action
Comme vous le savez, notre cher Président nous a promis, entre autres, la possibilité de se réunir entre consommateurs afin de poursuivre en justice des entreprises peu scrupuleuses. Ces actions de groupe, ou class action sont à l’étude depuis avril 2005, et un rapport favorable a été remis au gouvernement en décembre 2005. S’en sont suivies deux propositions de loi déposées en avril 2006. Le projet de loi devait être examiné à l’automne.
Aujourd’hui, le projet de loi vient d’être retiré de l’ordre du jour de l’Assemblée. Motif : le calendrier parlementaire est trop serré.
Coïncidences
L’esprit taquin, je vais m’attacher à démontrer quelques coïncidences.
Saint Nicolas, le candidat, s’est déclaré récemment “très réservé” sur les class action à la française. Bah oui, il est très soucieux du respect du droit Nicolas, on le sait. En témoignent ses fréquentes interventions dans des procédures judiciaires, et ses critiques récurrentes des juges. C’est de notoriété publique : c’est du domaine de compétence du ministre de l’intérieur, la justice ; c’est ce qu’on appelle l’indépendance de la justice. Et donc, dans son rôle de garant du droit, le petit (très petit) Nicolas a peur, avec les class action, de la “judiciarisation et la pénalisation du droit économique français”.
Mais cela n’a rien à voir, puisque la cause de l’abandon de ce projet de loi est le manque de temps.
Etrange également, la position du Medef : voir ici. Les amis de Laurence nous disent donc qu’on ne peut pas comparer la France aux Etats-Unis, et donc que c’est mal les class action, parce que ça nous enlèvera 1 point de PIB, chiffres à l’appui, ceux des Etats Unis justement (sic). Et puis, étant donné qu’on est très méchants avec les entreprises déjà (on ne leur donne que l’équivalent de 4 points de PIB en subventions…), ce qui freine la croissance, il ne faut pas les pénaliser encore plus en leur demandant de respecter la loi. Car enfin, qu’on t-elles à craindre si elles sont irréprochables ? Mme Parisot redoute t-elle que la loi soit mal faite ? Est-il impossible de cadrer une loi pour en prévenir les dérives (par exemple, en prévoyant certains cas – je pense notamment aux professionnels de santé – pour lesquels il n’est pas possible de faire une action) ? Toujours est-il que le Medef – je cite – “refuse l’introduction de l’action de groupe en France”. Non pas qu’ils émettent un avis négatif, ni qu’ils demandent une consultation. Non, ils refusent, comme s’ils avaient à refuser un projet de loi.
Mais, encore une fois, la position du Medef non plus n’a rien à voir, puisque la cause de l’abandon de ce projet de loi est le manque de temps.
Dénouement
Dommage, moi, j’étais prêt à faire une action de groupe – et gageons que j’aurais trouvé des compères – contre Noos qui refuse de me rembourser ma caution depuis 5 mois et qui me réclame 50€, alors que j’ai rendu mon modem en bon état, en temps et en heure, preuves à l’appui. Probablement que Noos non plus, n’a pas le temps de s’en occuper…
Mon premier article politique sera un coup de gueule. On a vu souvent des campagnes commencer assez raz-des-paquerettes, avec des coups bas. On y était habitués. Aujourd’hui, on n’est même plus au niveau des paquerettes, mais plus bas, en sous-marin, comme dans un roman de Jules Verne. Je veux parler bien sur de “l’affaire” des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins.
rali 13:36 on Mardi 30 janvier 2007 Permalien
mdr… incroyable, je me lance aussi dans un blog… Mais encore à l’état de test ( http://elrali.free.Fr ) et chez wordpress…
NikoLeChat 12:19 on Jeudi 1 février 2007 Permalien
moi je dis …. vive la Marine “Royale”