La gauche française : la mort de la notion de Parti ?

On peut se perdre dans des explications sans fin, des rationalisations a posteriori du vote des citoyens aux Européennes. On peut aussi tenter de mettre ce vote entre parenthèses, invoquant tantôt une abstention qui en limite les effets, tantôt des enjeux différents des enjeux nationaux. Une chose est sure : on a vu une dynamique se créer en dehors du PS autour d’un « peuple de gauche » (même si je n’aime pas tellement l’expression).

Ce que nous montrent ces élections, c’est qu’on assiste à une émancipation des citoyens, et c’est tant mieux. Une émancipation, car on ne se sent plus attachés à un Parti en particulier ; mais nous, sensibilités de la gauche, avançons là où les idées de gauche semblent progresser. Là où ces idées semblent le mieux défendues.

Lors des présidentielles, une partie de nous s’est dirigée vers la candidature de François Bayrou : parce que le PS avançait en ordre dispersé, parce que la candidature de Ségolène Royal n’apparaissait plus crédible à force de combats internes, parce que François Bayrou incarnait l’alternative crédible. Parce qu’aussi, on ne peut le nier, le Plan Média de François Bayrou était particulièrement bien huilé, aidé certainement par un attrait médiatique certain.

Ces mêmes, rejoints par d’autres, ont voté Europe Ecologie lors des élections européennes, par conviction (on aimerait croire à un vote d’humeur, je crois bien au contraire que c’est un vote éclairé) : parce que le PS n’a pas su être crédible, parce qu’il est apparu replié sur lui-même, loin des préoccupations de chacun. Parce qu’aussi, le Plan Média de Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly était particulièrement bien huilé.

Ce qu’elles ont en commun, ces deux élections, c’est que les « vainqueurs – outsiders » sont en fait des personnalités qui se sont extraites de la logique de Parti pour créer une structure ad-hoc à usage unique, dans la vision d’une seule élection. Europe Ecologie a été créé pour les européennes ; Bayrou était dans une démarche purement présidentielle, et on voit aujourd’hui toute sa difficulté à s’en extraire pour rentrer dans une logique de Parti.

Demain, aux Régionales, aux Présidentielles, aux Législatives, nous pourrons connaitre les mêmes lendemains qui déchantent : faute d’incarner LA dynamique à gauche, nous serons dépassés par des écuries créées ou recomposées pour l’occasion. Les électeurs, et s’est tant mieux, ne nous donnerons plus leur blanc-seing. Et si par malheur aucune dynamique suffisamment forte ne se créé à gauche, c’est systématiquement l’UMP qui vaincra, et c’est je pense ce qui a toutes les chances de se passer en Ile de France.

La dynamique ne se décrète pas, elle se travaille.

Il ne tient qu’à nous de nous positionner comme le pivot d’une force de gauche pour les prochaines échéances, à condition de mettre au placard nos postures hégémoniques. Proposons, dans chacune des régions, à l’aide de débats ouverts à tous, de composer des listes communes Verts – PC – Parti de Gauche – MoDem – PS dès le premier tour. En cas d’échec des négociations avec un ou plusieurs partenaires, nous serions tout de même ceux qui auraient proposé le rassemblement, premier pas de la dynamique.

Il ne tient qu’à nous d’être attractifs sur le plan médiatique, au lieu de nous lamenter éternellement sur une hypothétique collusion des médias et de la droite, lamentation qui ne nous sert à rien d’autre qu’à évacuer notre responsabilité dans ce désamour des médias. N’ayons pas peur des mots « marketing », « communication », soyons modernes dans notre rapport à tous les médias : reprenons l’ascendant sur le média Internet, créons un nouveau journal, papier et électronique, à destination de tous les gens de gauche en remplacement d’un Hebdo des Socialistes aux relents moribonds.

Il ne tient qu’à nous, enfin, d’associer chacun à notre projet commun. A travers un vrai travail sur les valeurs (qu’est-ce que ça veut dire, « être de gauche », en trois valeurs clés), et en permettant à chacun de faire siennes ces valeurs, de se les approprier, pour pouvoir les défendre et les promouvoir.

Demain, ça ne sera pas le PS, les Verts ou le MoDem qui gagneront les élections, ce sera une dynamique, autour d’une ou plusieurs personnalités, affranchie des luttes internes de chaque Parti. Les partis de gauche sont morts, vive la Gauche !

Add comment Mardi 23 juin 2009

Non à la médiocrité européenne !

Il est loin, le temps où Jacques Delors, alors président de la Commission Européenne, incarnait la vision et l’ambition européennes du Parti Socialiste français. Aujourd’hui, ce parti, dirigé par sa fille, mais elle est loin d’être la seule responsable de cet abandon, a fait le choix de la médiocrité, comme l’indique Jean Quatremer dans son article du 04/03/2009 (PS et Européennes : la conjuration des médiocres).

 

Ce format de consultation des militants me pose toujours problème.

Le PS se gausse toujours d’être le parti le plus démocratique de la scène politique française. C’est surement vrai, mais cette carence démocratique des autres partis ne doit pas occulter le fait que bien souvent, la consultation des militants est organisée de telle manière qu’elle est contraire à tout principe démocratique. En effet, j’ai toujours été dérangé par les espèces de référendum pour lesquels nous étions consultés : pour ou contre la réforme des statuts ? pour ou contre le programme aux présidentielles ? pour ou contre cette liste aux européennes ? Cette formulation laisse perplexe : et qu’advient-il si on vote « contre » ? Bien souvent, le cas n’est même pas prévu, ou alors de manière peu détaillée. Pire, ceux qui sont tentés par le nonisme sont stigmatisés, accusés de mettre en péril notre belle unité, de fragiliser notre position dans la prochaine élection. En témoignent les « mises au point » régulièrement adressées par certains de nos responsables nationaux, visant à intimider ceux qui seraient tenté d’exprimer leur désaccord.

Mais alors, à quoi bon nous soumettre ces questions, si au final il est évident que seul le « oui » est une véritable réponse ?

Pour ces raisons, parce que je ne comprends pas du tout l’intérêt d’une consultation si elle n’est que de façade, j’ai toujours voté « abstention » (ce qui est comptabilisé, au PS) lors de ce type de consultation (lors du programme présidentiel, lors de la réforme des statuts et la déclaration de principe).

 

La dé-corrélation projet/personne renforce la personnalisation du débat.

J’étais de ceux qui, lors des primaires aux élections présidentielles, ont critiqué la séparation entre le projet d’une part – consensus mou entre les différentes sensibilités du parti – et les candidats – qui sont censés être l’incarnation de ce projet. S’il est évident que l’on doit s’attacher à garantir l’unité du parti, ce travail de rassemblement ne doit s’effectuer selon moi qu’une fois des primaires effectuées en bonne et due forme. La vitalité d’un parti dépend de la capacité à confronter ses idées. N’ayons pas peur de nos désaccords : c’est eux qui nous font avancer. A la condition, bien entendu, qu’une fois que le militant a tranché, sur le fond et non sur des simples questions de personnes, la majorité soit respectée.

Pour moi, il n’y a donc que deux façons de désigner un(e) candidat(e) ou une liste : soit une nomination à la discrétion de la direction, sans consultation des militants, soit l’organisation d’une vraie primaire, avec différents projets portés par différents candidats. Pour les présidentielles, ce choix aurait apporté beaucoup plus de clarté, il aurait évité que notre candidate ait à défendre des choix de programme effectués en amont pour lesquels elle n’était pas forcément d’accord, enfin il aurait – qui sait – facilité un rassemblement plus franc pendant la campagne.

J’ai toujours l’impression que nous avons une peur farouche du débat. J’entends souvent des camarades activer les sirènes de la division pour dénoncer des prises de position non-conformes. Pourtant, si on regarde un peu ce qui se fait ailleurs, les primaires entre Obama et Clinton aux Etats-Unis, mais également celles qui opposent Pécresse et Karouchi pour l’Ile-de-France, on a bien toujours un vote conjoint sur les personnes et le programme. Le PS semble s’isoler dans une idéologie selon laquelle le programme doit être le fruit d’un consensus collectif, et son incarnation le fruit du vote militant. Comme dans un exercice de style où l’on décorrèlerait le fond de la forme. Totalement irréaliste.

Car au final, cette erreur dans le fonctionnement du PS conduit à une hyper personnalisation du débat. En n’invitant à voter que sur les personnes, la direction a déplacé la campagne interne aux européennes sur des polémiques de courants et sous-courants. On ne peut pas à la fois critiquer Ségolène Royal car elle personnalise un projet politique et dans un même temps faire voter des militants sur les seules listes, non sur des programmes. Car au final, pour quoi votera-t-on jeudi soir ? Pour des personnes, uniquement. Au nom de quoi ? En fait, il semble qu’on nous appelle à voter sur la question « estimez vous que votre courant a une bonne place dans cette liste, et du coup vous semble-t-elle acceptable eu égard à votre sensibilité ? ». Nous devons nous rendre à l’évidence, ce déplacement du débat est de la responsabilité de tous, tous ceux qui ont contribué à l’élaboration des listes, tous ceux qui en ont fait un savant équilibre de motions, tous ceux qui ont lutté pour avoir le plus de représentants possibles de son courant, au mépris parfois – souvent même – de l’intérêt commun.

On nous demande donc de juger des personnes, et non des projets. Je ne m’estime personnellement pas apte à juger des personnes que je ne connais pas pour la plupart, je voudrais juste pouvoir m’assurer que ces personnes ont une réelle envie d’Europe, qu’ils porteront hautes les couleurs du socialisme français au sein du Parlement, en y siégeant un peu plus que leurs prédécesseurs.

 

Ces listes et le programme manquent d’une réelle ambition européenne.

Les deux premières raisons que j’ai évoquées, le format de la consultation et la personnalisation de la consultation, auraient pu me conduire à m’abstenir. C’était ma volonté première. Mais cette fois, ce n’est pas un refus de choix, ou refus de ratifier un choix qu’on a déjà fait pour nous, que je veux signifier, mais bel et bien un vrai désaccord sur le fond, la politique européenne du PS, et sur la forme, une consultation qui n’a pas de sens.

Car il nous manque aujourd’hui un vrai programme, des mesures phares, de l’ambition pour l’Europe. Le texte d’orientation, Donner une nouvelle direction à l’Europe, échoue à me rassurer. Sa colonne vertébrale, le Manifesto, est sans conteste une excellente nouvelle : pour la première fois, le PSE – Parti Socialiste Européen – et tous les partis qui le composent se sont mis d’accord sur un projet commun. Mais il n’est qu’un socle, et ne saurait représenter tout notre programme ! Et ce dont j’ai envie, moi, c’est que sur cette base là nous construisions des propositions fortes, lisibles pour les citoyens portés par des véritables passionnés d’Europe. Nous en avons au Parti Socialiste, c’est certain. Peu se retrouvent sur les listes actuelles.

Comme beaucoup de jeunes, j’ai pris réellement conscience de l’Europe en effectuant un échange Erasmus, en Pologne. Ce programme est l’exemple de ce qui peut marcher en Europe, et de ce qui a du sens pour le citoyen. Dire « l’Europe c’est Erasmus » à une personne ayant bénéficié de ce programme, c’est s’assurer de son adhésion au projet européen. De même, j’attends d’un programme Européen qu’il soit porteur de grands projets, clairs, identifiés, ce qui est manifestement absent de l’actuel embryon de programme socialiste.

 

Ce n’est donc pas contre une liste de personnes que je voterai jeudi, mais contre le choix délibéré du PS de ne pas occuper la scène européenne, contre l’absence d’audace, contre une dépolitisation et une people-isation de la consultation.

2 comments Mardi 10 mars 2009

La cotisation à 20€ pour les adhérents du PS 4 !

Nouveau barème de cotisation pour l’année 2009 à la section du 4e : le montant minimum de l’adhésion est cette année fixé à 20€, et la référence aux revenus des militants est abandonnée !

Cet abaissement significatif est pour nous fondamental, parce que nous défendons l’idée d’un parti ouvert à tous, qui passe par la suppression des freins financiers au militantisme.

Nous avons porté cette proposition dès les présidentielles : l’élan créé lors de la campagne, accompagné par la vague d’adhésions à 20€, a montré qu’il était possible d’accroître significativement le nombre de militants, et donc de développer de nouvelles formes de militantisme. Notre motion, “l’espoir à gauche, fier(e)s d’être socialistes” portait également cette proposition, objet de forts clivages lors du Congrès. Nous trouvons très positif que cette proposition, comme celle de la démocratie participative, commence à faire son chemin dans le parti, mais nous avons conscience que beaucoup reste encore à faire, et c’est pourquoi nous continuons de défendre une profonde modernisation de notre Parti.

Les représentants de la motion E dans le 4e,
Dominique Bertinotti, Bergthor Bjarnason, Geneviève Bourgoin, Patrick Bouton, Marianne de Chambrun, Patrizia di Fiore, Julien Landel, Gael Lapeyronnie, Jean-Raymond Magueur, Laurent, Fabien Sécherre, Marie Soulatges, Laetitia de Warren

Add comment Mardi 3 mars 2009

On fait quoi maintenant ?

On l’a beaucoup entendu ce week-end, à propos du vote pour l’élection de la première secrétaire du parti socialiste : “le pire est arrivé”.

Rappel des faits :

Le vote du jeudi 20 novembre avait donné une large avance à Ségolène Royal (près de 43% contre environ 35% pour Martine Aubry et 22% pour Benoît Hamon), mais sans majorité absolue, obligeant donc à l’organisation d’un second tour le lendemain. Sans surprise, Benoit Hamon appelle à voter Aubry, tout en rappelant qu’il n’est pas propriétaire de ses voix.

Le vote de vendredi a lieu, tout le monde l’annonce serré, même si l’arithmétique (la fameuse) donnait Aubry vaincqueur à 57%.

A 22h, dans le 4e, on dépouille. Cette section est très partagée entre delanoistes et ségolénistes. Ainsi par exemple, le premier secrétaire – Nils Pedersen – est delanoiste, élu par 7 voix d’écart avec la candidate de la motion E – Marie Sophie du Montant. A la surprise de beaucoup, Ségolène Royal est en tête dans le 4e, avec 2 voix d’avance. C’est dire si personne ne peut prétendre gérer seul cette section, le vote des militants devra être scrupuleusement respecté.

Un peu plus tard dans la soirée, vers minuit, Royal est annoncée gagnante, avec 53%. Je suis heureux : nous avons encore une fois gagné en opposant la dynamique à l’arithmétique. Mais beaucoup d’appels à la prudence : certaines grosses fédérations refusent de donner leurs résultats pour le moment, et on les sait toujours pleines de surprises, ces fédérations.

On part vers la Maison des Polytechniciens, où a lieu la soirée des ségolénistes. Les visages sont crispés. L’équipe de Martine Aubry a annoncé sa victoire, alors que certains n’ont pas encore fini de voter. Une victoire sur le fil, on parle d’une poignée de voix d’avance, peut être 200 tout au plus. J’écoute Manuel Valls proclamer, solennel “on ne se laissera pas voler la victoire”. A ce moment là, j’ai peur que l’on passe pour les mauvais perdants.

Puis, période de flotement, tout le monde est un peu ébété, inquiet. La foule se dissipe un peu. Pour ma part, je quite aux alentours de 2h. Dans la nuit, les SMS affluent. On parle désormais de 42 voix d’avance pour Aubry. Autant dire que nous ne sommes pas en mesure d’annoncer de vainqueur, tant on sait que les résultats sont ajustés pendant plusieurs jours. Par exemple, au premier tour, on annoncait d’abord 42.7 pour Ségolène, puis 43.1 pour se stabiliser à 42.9 (soit 0.2 pts de plus que la première déclaration du PS). Si la marge d’erreur est la même au second tour, ce qui est plutot probable, cela veut dire que Ségolène Royal peut espérer l’emporter avec 50.18%.

Et pourtant, Martine Aubry n’en démords pas, elle s’auto-proclame “la première secrétaire de tous les militants”, et ose même “narguer” les ségolénistes en affirmant “comprendre la déception de Ségolène Royal, d’autant plus que le résultat est assez serré”. C’est le moins qu’on puisse dire. Pour moi, cette auto-proclamation est la provocation de trop. Même si la comission de récollement devait valider l’avance de MArtine Aubry, il est indigne de la part d’un responsable politique de faire un hold-up sur un vote qui n’est pas encore validé.

En face, Ségolène Royal appelle à la plus grande prudence, et propose un nouveau vote. Elle et son équipe expliquent que quels que soient les résultats officiels, avance de 10 voix pour Ségolène, ou de 20 pour Martine, on ne peut plus réellement départager les deux candidates.

Que faire ?

Mais que faire alors ? Deux solutions sont envisageables.

1/ Revoter : d’abord, il faudrait fiabiliser les listes, améliorer les vérifications dans chaque section, et contrôler mieux les fédérations que l’on sait être toujours soupçonnées de fraude (le Nord, les Bouches du Rhône, l’Hérault). Ensuite, il faut laisser suffisamment de temps pour faire une vraie campagne, de vrais débats entre les deux candidates, histoire que l’on comprenne réellement les différences et points communs de chacunes sur les questions clé : la conception du parti, le programme de gouvernement, les alliances. Enfin, il faut un contrôle renforcé dans chaque section le jour du vote. Et aucune auto-proclamation : rappeler pour ça que seule la direction sortante est habilitée à proclamer des résultats.

2/ Une direction bicéphale : la seconde possibilité, c’est de tirer les conclusions de cette égalité de fait. Les militants ont au final choisi de ne pas choisir. Ils ont déjoué l’arithmétique favorable à Aubry sans pour autant laisser gagner Royal. Au final, c’est un peu un message : non au tout sauf Ségolène. On peut dès lors estimer que la meilleure façon de respecter les militants, ce serait de partir du constat de l’égalité des deux “camps” et de modifier la direction du parti. Avec par exemple deux “lieutenants” à sa tête, un de chaque courant. Cette idée, défendue aujourd’hui par Pierre Moscovici, pourrait sembler séduisante, retour d’un PS Uni, fin des querelles de personnes, ou de courant. Il n’en est rien je pense, au contraire nous ne ferions que scléroser un peu plus le parti. Non, le travail a commencé, il fait mal, très mal, mais il faut le finir. Rendre le parti démocratique, quel belle aventure !

Une seule certitude : Non, Martine Aubry n’a pas gagné, elle n’est pas Première Secrétaire du parti socialiste. Ségolène Royal n’a pas gagné non plus. Quoi qu’en dise la commission de récollement et quoi qu’en dise le conseil national de mardi.

1 comment Lundi 24 novembre 2008

Le PS : des bons militants contre des méchants supporters ?

Dans la même veine que mon précédent billet (qui dénonce les oppositions de posture sur les stratégies d’alliances), une autre fausse opposition absurde visant à justifier la non-synthèse du Congrès de Reims : l’adhésion à 20€. “Pas d’accord, pas d’accord, pas d’accord”, disaient Martine et Bertrand.

J’ai entendu et essayé de comprendre deux arguments à ce sujet : le risque de dérive vers un parti de supporters fénéants, et l’attachement à la progressivité du coût de l’adhésion. Deux faux arguments à mon sens.

1. Les militants à 20€ ont-ils nécessairement un poil dans la main ?

A en croire les opposants à une baisse significative du coût de l’adhésion, la notion de “parti de masse” s’opposerait à un “parti de militants”. Sous entendu : à 20€, l’adhérent ne milite pas, il ne fait que supporter. On pourrait comprendre ces craintes, qui seraient légitimes si l’histoire très récente de notre parti ne nous avait pas prouvé le contraire. La vague d’adhésion sans précédent qu’a connu notre parti en 2006, grâce à la campagne d’adhésion à 20€ défendue avec tant d’ardeur par Jack Lang, a permis une campagne présidentielle très active. Les nouveaux militants, venus d’abord pour désigner le candidat aux présidentielles, se sont emparés du Parti, sont allé tracter, débattre, défendre notre vision. Ils ont fait du PS le parti le plus actif sur Internet, le plus moderne dans les formes de militantisme. Bref, cet appel d’air avait donné un coup de jeune à un parti ringardisé par la droite.

Le fond du problème, on le sait, c’est que nombre de militants à 20€ ont désigné Ségolène Royal comme candidate aux présidentielles, et qu’aujourd’hui beaucoup d’entre nous (car je suis moi même de ceux là) sont “incontrolables”. Incontrolables, en langage PS, ça veut dire qu’ils n’obéissent pas à la voix de leur premier fédéral, ou du secrétaire de section. On courrait donc le risque, insupportable, d’avoir un parti – oserais-je même dire le mot – imprévisible ? C’en est trop pour certains, qui préfèrent alors un parti à 100 000, 200 000 militants grand maximum, alors que nous pourrions attirer 500 000, voire 1 million de militants en nous y prenant différemment.

Sur ce point, on est bien face à l’opposition du moderne et de l’ancien, d’un parti qui reste dans des méthodes du XXe siècle contre un parti innovant ancré dans le XXIe siècle. N’ayons pas peur de nous même, pas peur de ces simples sympathisants qui souhaiteraient s’engager à leur manière, débattre, parfois simplement comprendre, mais qui ne souhaitent pas devoir s’acquiter de 300€ pour donner de la voix. Ouvrons nous aux nouvelles formes de militantisme. Ne réduisons pas l’acte militant au règlement d’un droit d’entrée (comme si le PS était comparable au Lions Club ou au Rotary Club) et au tractage et boitage lors des campagnes électorales. Osons donner la voix aux militants, à tous les militants ! Ecoutons les et respectons les !

2. La progressivité du coût de l’adhésion : la fausse bonne idée

Un autre argument entendu contre “la généralisation de l’adhésion à 20€” est l’attachement de certains à la progressivité du coût de l’adhésion, principe non négociable. C’est notamment l’argument phare de la motion A portée par Bertrand Delanoë.

En effet, le Parti Socialiste défend partout la progressivité de la taxation. Nous y sommes attachés, car c’est au coeur même du principe fondateur de la redistribution des richesses.

Mais enfin, encore une fois, cette bonne idée de facade n’est autre chose qu’une posture. En effet, refléchissons 5 minutes au fonctionnement d’une adhésion à un parti. Je règle annuellement 300€ pour avoir le droit d’assister aux AG, de militer, de voter. Sur ces 300€, 200€ sont déduits de mes impôts (déduction fiscale de 66% des dons associatifs, notamment aux Partis Politiques). Donc, au final, on peut dire que sur 300€ :

- 100€ sont payés par le militant

- 200€ sont payés par l’Etat

Où est le socialisme là dedans ? Je préfère personnellement donner moins pour le fonctionnement de mon parti et plus à la construction des infrastuctures, au financement du service public, à l’éducation.

Quand on sait que les cotisations des militants ne représentent qu’une petite part des revenus du Parti Socialiste, ne doit-on pas préférer que ces même militants payent plus d’impôts, participent plus à l’augmentation des recettes de l’Etat ? Il est là, je pense, le vrai acte militant !

1 comment Lundi 17 novembre 2008

Les alliances : des paroles et des actes

On l’aura compris, il n’y a pas pu avoir synthèse au Congrès de Reims, parce qu’il y avait d’énormes désaccords insurmontables sur le fond (bien au fond du gouffre, en effet). Et parmi les 3 sujets de fond sur lesquels aucun rassemblement n’était possible, c’était sur la question des alliances. Le MoDem est méchant, le MoDem est dangeureux.

Non seulement cette question des alliances est largement instrumentalisée, elle n’est pas mentionnée dans la Motion E et Ségolène Royal a été très claire sur le “rassembler d’abord la gauche, puis tous les démocrates qui se reconnaissent dans notre programme”, mais en plus, on ne peut que dénoncer des oppositions de posture, quand les plus virulents opposants d’aujourd’hui sont ceux là même qui ont prouvé hier que de telles alliances étaient possibles.

Il en est ainsi de Martine Aubry, qui dénonce aujourd’hui un risque de droitisation du parti si Ségolène Royal en prend la tête, mais qui hier concluait une alliance entre les deux tours des municipales alors qu’elle n’en avait nullement besoin pour regagner la mairie de Lille.

Aussi, je ne peux résister à l’exquise tentation de citer Martine (le 29 février 2008 au micro d’Europe 1) :

Si le MoDem souhaite travailler autour de notre projet en l’enrichissant éventuellement sans le dénaturer, je suis ouverte à des discussions après que la gauche ait été réunie

Ce n’est ni plus, ni moins que ce que nous défendons au sein de la motion E, et que désormais seule l’élection de Ségolène Royal et Vincent Peillon aux postes de premier secrétaire et premier secrétaire délégué pourra porter.

Si une telle alliance ne doit ni ne peut bien évidemment pas être un pré-requis, un parti se construit d’abord et avant tout sur une ligne politique forte, elle ne peut pas ni ne doit pas être rejetée non plus a priori. Sous peine de sombrer dans un sectarisme que beaucoup attendent pour nous stigmatiser toujours plus.

Un parti fort, c’est aussi un parti capable de discuter avec ses voisins, tous ses voisins, autour de ses convictions.

Cessons donc les faux débats et oppositions de posture, et attaquons nous aux vrais défis du PS : un parti fort en opposition crédible à la politique de Nicolas Sarkozy.

1 comment Lundi 17 novembre 2008

Vanneste blanchi : vers une hierarchie des discriminations ?

La cour de cassation a cassé hier, mercredi 12 novembre 2008, la condamnation pour injure envers la communauté homosexuelle du député UMP Christian Vanneste.

Rappel des faits :

En contestation à la loi du 30 décembre 2004, qui réprime les injures et discriminations homophobes au même titre que les injures et discriminations racistes ou sexistes, M. Vanneste avait déclaré à la presse régionale que l’homosexualité était “inférieure à l’hétérosexualité. Si on la poussait à l’universel, ce serait dangereux pour l’humanité”.

En janvier 2006, le tribunal correctionnel de Lille avait condamné M. Vanneste à 3.000 euros d’amende, ainsi qu’à 2.000 euros de dommages et intérêts à verser à SOS-Homophobie, Act-Up Paris et au Syndicat national des entreprises gays (Sneg).

Suite à l’appel de M. Vanneste, la cour d’appel de Douai (Nord) avait confirmé cette décision. le 25 janvier 2007.

M. Vanneste s’était alors pourvu en cassation, estimant qu’”un parlementaire est investi d’une parcelle de la souveraineté nationale” et que “sa liberté d’expression est une condition de la démocratie et de l’Etat de droit”.

Le jugement en cassation

L’avocat général avait conclu au rejet de ce pourvoi le 14 octobre 2008.

Mercredi 12 novembre, la chambre criminelle a cassé la décision de la cour d’appel, sans même renvoyer le dossier devant une autre cour d’appel.

La cour suprême a estimé : “Si les propos litigieux, qui avaient été tenus dans la suite des débats et du vote de la loi du 30 décembre 2004, ont pu heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles, leur contenu ne dépasse pas les limites de la liberté d’expression”.

Quels impacts ?

Cette décision de justice m’inquiète fortement, et sur plusieurs points :

1/ J’ai l’impression qu’on est entré dans une espèce de hierarchie des discriminations. En effet, qu’en aurait-il été si, à l’issue d’un débat sur la reconnaissance des effets de la colonialisation, un député avait expliqué que : “les noirs sont inférieurs aux blancs” ? Et si, à l’issue d’un vote sur la parité, un autre député avait affirmé que : “les femmes sont inférieures aux hommes” ? Ces propos auraient été à juste titre condamnés, et ils ne peuvent entrer dans le cadre de la liberté d’expression, car ils sont discriminatoires. Visiblement, l’injure homophobe est moins grave…

2/ La réponse de la cour de cassation est très inquiétante. Non, les propos de M. Vanneste ne font pas que “heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles”. Ils choquent l’ensemble des personnes soucieuses de la lutte contre les discriminations, contre toutes les discriminations. Ils choquent tous ceux qui refusent l’idée qu’un Homme serait inférieur à un autre, qu’une orientation serait meilleure qu’une autre. Parler de sensibilité de “certaines personnes homosexuelles”, c’est en quelques sortes minimiser les propos tenus, et accuser ces personnes d’une certaine sensiblerie.

3/ Aucun commentaire à ce jour de la part de l’UMP, si ce n’est les laconiques “je ne commente pas une décision de justice” de quelques uns. Rappelons d’ailleurs que Vanneste n’a pas été exclu de l’UMP suite à ses propos, et qu’il est même élu UMP aujourd’hui. On ne peut s’empécher également de faire le rapprochement avec les récents propos de M. Longuet lors d’une réunion de commission : « J’avais une question malicieuse, mais je la poserai plus tard… c’est de savoir où commençait et où s’arrêtait l’homophobie… mais enfin, ça c’est un autre sujet (…) C’est extrêmement réjouissant de savoir que l’on promeut en effet des formes nouvelles de sexualité dans l’école et qu’on combat en même temps la pédophilie… Il y a quand même un moment où il faut savoir sur quelles valeurs on s’arrête… ». Ces propos avaient été condamnés dans la même réunion par Xavier Darcos.

Je souhaiterais vivement que le PS dénonce fermement la décision de la cour de cassation, montrant ainsi que malgré le débat interne actuel, le parti reste actif dans son combat et son rôle d’opposition constructive à un parti qui campe vraissemblablement sur des positions d’un autre temps.

Add comment Jeudi 13 novembre 2008

Ségolène Royal à Athènes (3/10/2008) : pour un nouvel ordre financier, économique, écologique et social

Suite au très bon discours de Ségolène Royal à Athènes le 3/10/2008, qui nous éclaire sur les orientations de la Motion E en matière d’économie et plus particulièrement de gestion de la crise, j’ai effectué un résumé des principaux points abordés.

La finance au service d’elle-même.
Mai, émeutes de la faim à Dakar et Ouagadougou. Septembre, effondrement de Lehman Brother, puis d’autres empires financiers : les conséquences du libéralisme appellent la gauche à une lucidité radicale et à la proposition d’un autre système.
La sphère financière s’est affranchie de l’économie réelle : on est passé de 18 milliards d’échanges quotidiens en bourse en 1971 à près de 1800 milliards aujourd’hui. Alors que la finance devait servir l’économie réelle, elle ne sert désormais qu’à elle-même. Or, le bon ordre des choses, c’est : la finance au service de l’économie et non d’elle-même, et l’économie au service du développement humain.
Rien ne serait pire qu’un colmatage de la crise. Il est temps d’inventer un nouvel ordre financier, économique, écologique et social juste et efficace : voilà la gauche que le monde attend avec impatience.

L’échec de la mondialisation libérale.
-    Les règles prudentielles sont contournées. Le comité de Bâle impose aux banques de détenir 1$ de capital pour 12$ de crédit. Certains acteurs ont contracté jusqu’à 32$ de crédit pour un seul dollar de capital. Les fonds spéculatifs, eux, n’ont jamais été soumis à aucune règle.
-    Certaines convictions économiques sont devenues des dogmes. Reposant sur le Consensus de Washington, par exemple, le FMI a imposé une déréglementation et une libéralisation de l’économie de nombre de pays africains et latino américains, ce qui devait leur ouvrir la voie du développement. C’est l’inverse qui s’est produit, ces économies étant sorties exsangues de cette thérapie de choc.
-    Cet échec de la mondialisation libérale est à la fois dans les têtes – 74% des Français jugent la mondialisation inquiétante – et dans les faits – les classes moyennes sont partout fragilisées, et l’écart entre pays riches et pays pauvres s’est accentué.

Les raisons de cet échec : le déficit démocratique de la mondialisation.
-    La propriété intellectuelle et l’accès aux médicaments génériques est l’exemple tragique d’une mondialisation qui a placé les valeurs économiques (les profits des entreprises pharmaceutiques) au dessus des autres valeurs fondamentales (en l’occurrence la vie des malades des pays pauvres).
-    Le déficit démocratique, c’est par exemple l’attribution des droits de vote dans les institutions internationales, proportionnel non pas au nombre d’habitants mais à la richesse de chaque pays. C’est aussi les décisions du FMI, qui affectent les économies des pays en développement, qui sont prises sous l’angle unique de la maitrise de l’inflation, et non de l’emploi ni de la croissance.
-    Au final, les grandes décisions qui ont fait la mondialisation telle qu’elle est aujourd’hui ont presque toujours été prises hors de tout processus démocratique.
-    Il faut donc agir différemment, avec à l’esprit l’intérêt des citoyens et des peuples de cette planète.

Faut-il sauver le système ou le changer ?
Nous sommes face à un dilemme : renflouer les banques aveuglement revient à sauver un système pervers où l’irresponsabilité serait au final encouragée. Mais ne rien faire représente un risque pour l’économie réelle, asséchant les entreprises faute de financement. Pour dépasser ce dilemme, il faut conditionner l’intervention publique à une révolution en profondeur du système financier international.

1. Créer un fond d’intervention commun aux membres de la zone euro. Face à la crise d’ampleur mondiale, l’Union Européenne doit se doter d’une véritable politique financière commune.

2. Conditionner cette intervention au respect de nouvelles règles :

    • revoir les règles prudentielles,
    • limiter la possibilité de sortir les créances des bilans des banques par la titrisation,
    • assujettir les fonds spéculatifs aux règles de solvabilité bancaire,
    • créer une agence publique européenne de notation portant de nouveaux mécanismes d’évaluation
    • interdire les bonus non assujettis à l’impôt sur le revenu
    • refuser l’accès au territoire européen aux fonds ayant leur siège social dans des paradis fiscaux

    3. Revoir en profondeur le rôle du FMI : lui donner une assise financière beaucoup plus large et lui permettre de devenir le gendarme international des bourses et des banques. Il doit être responsable de l’élaboration des nouvelles normes et de leur bonne application. D’où la nécessité d’une composition plus démocratique de ce fonds.

    Vers une mondialisation politique
    Trop longtemps, la mondialisation s’est réduite à sa dimension économique, reléguant les valeurs culturelle, intellectuelle, environnementale et sociales. C’est-à-dire l’affirmation de l’action politique pour en définir le contenu.
    Il est donc temps de réaliser, à côté, et même au-dessus de la mondialisation économique, la mondialisation politique.
    La domination des marchés doit être remplacée par la primauté des gouvernements démocratiquement élus : ceux-ci doivent donc intervenir dans l’économie pour protéger les travailleurs, pour protéger l’environnement, pour repartir les richesses entre le capital et le travail, assurer la confiance de tous les acteurs, pour garantir les dépenses importantes comme la santé, la recherche, l’innovation et l’éducation.

    Pour retrouver le discours intégral.

    Add comment Vendredi 31 octobre 2008

    Fraternité, fraternité, vous avez dit fraternité ?

    J’étais ce samedi, le 27 septembre 2008, au grand Rassemblement de la Fraternité qui avait lieu au Zénith, organisé par Ségolène Royal et en présence de nombreux artistes.

    Le contexte

    Après le grand rassemblement de Charlety lors de la campagne présidentielle, qui avait réuni 100 000 personnes, Ségolène Royal avait pris un engagement : quelle que soit l’issue de l’élection, ce genre d’évènement populaire se reproduirait. L’objectif : faire venir, grace à la musique et avec une approche festive, plus de monde vers la politique. Tenant son engagement, Ségolène Royal a donc tenu à organiser un rassemblement, qui a finalement eu lieu ce 27 septembre.

    La forme

    Depuis samedi soir, les critiques pleuvent, le plus souvent au sein de notre famille politique, il faut bien l’avouer. Ségolène Royal serait devenue une “gourou”, et nous, ses “supporters” (parfois également appelés “fans”) serions donc par extension de malheureux fidèles. Ou bien heureux, car au final bien simples d’esprit pour écouter une grande pretresse sans aucune faculté du jugement. Ces beaux mots, en tous cas la comparaison à une secte, sont signés M. Emmanuelli. Ailleurs, on critique – mais de manière positive pour ne pas passer comme “grand méchant qui attaque les personnes” – on critique donc une scénarisation, arguant que “moi, je suis naturel, je n’ai pas besoin de me mettre en scène”. Ces mots sont de Bertrand Delanoë.

    Ce qui choque, au fond, c’est de réunir plus de 4000 personnes dans une salle de spectacle, de mêler discours politique et fête. Comme si la politique se devait d’être austère, comme si au final il ne fallait surtout pas rassembler les non-initiés.

    Je pense au contraire, sur cette question de forme, que la musique engagée – celle de Cali, de Trust, et bien d’autres – est un excellent moyen de repolitiser les personnes, un axe plus ouvert pour intéresser à la politique. Car au final, c’est bien un discours de fond qui a été délivré durant 45 minutes par Ségolène Royal.

    Le fond

    Et c’est surement sur ce fond que Ségolène Royal dérange surement le plus au sein même de notre famille politique. Et pour moi, deux idées force ont été développées durant le rassemblement du Zénith.

    1. La politique ascendante

      Ségolène Royal a développé durant la campagne présidentielle une nouvelle façon de faire de la politique. C’est là une transformation fondamentale, un nouveau socle démocratique qui est proposé. Schématiquement, l’idée est de renverser l’ordre politique : passer d’une politique descendante (le chef décide, le peuple applique), à une politique ascendante (remontée des idées, synthèse et décision puis re- descente des décisions). L’objectif de la démocratie participative est double :

      • elle permet de baser l’action politique sur les préoccupations réelles, remplaçant donc la politique d’opinion – reposant sur les sondages – par une politique reposant sur des “entretiens quantitatifs permanents”. En recueillant les idées, les inquiétudes du plus grand nombre en permanence, on créé ainsi une offre politique plus pragmatique
      • elle permet de re-politiser le plus grand nombre : en écoutant, et surtout en investissant les individus dans l’action politique, on endigue le désintérêt de la politique, cette dernière étant trop souvent vue comme une “chose extérieure” que l’on subit

      Tout ceci peut paraitre utopique et inapplicable. Durant la campagne, on a pu voir que des outils existaient, et tout une littérature existe, ainsi que des applications concrêtes, de cette nouvelle politique. Avec de la rigueur, beaucoup de choses sont possibles dans ce domaine.

      Et bien évidemment, cette nouvelle politique vient co-exister avec la démocratie représentative et la démocratie sociale.

      2. La lucidité radicale

      L’autre élément de fond porte sur la réponse à apporter à la crise actuelle. Un Etat préventif, qui accompagne l’individu dans toutes les étapes de sa vie, une réforme de la fiscalité en profondeur, réforme du Sénat, etc. Et surtout, se ré-emparer de thématiques de gauche qui ont été reprises par la droite lors des dernières années : le travail, la sécurité, etc. Face aux désordres financiers, face au cynisme au pouvoir, oser des propositions radicales.

        1 comment Lundi 29 septembre 2008

        Les priorités selon Bush

        Il y a des comparaisons malheureuses. Des chiffres qui, mis en regard l’un avec l’autre, sont exaspérants, et montrent quelque part les priorités qui sont données par tels et tels pays.

        Il en est ainsi des Etats-Unis.

        Face à la menace de récession pesant sur l’économie américaine, Georges Bush annonce début février un plan de relance chiffré à 168 milliards de dollars.

        Face à la crise alimentaire en cours dans le monde (également l’une des conséquences de la crise financière mondiale), le même Georges Bush annonce, 2 mois plus tard, une aide de 200 millions de dollars.

        En étant provoquant, on pourrait dire qu’aux yeux des Etats-Unis, la crise alimentaire mondiale est 1000 fois moins prioritaire que la crise financière mondiale, alors même que la première est une conséquence directe de la seconde…

        Parmi les questions auxquelles nous devrons trouver rapidement des réponses, besoin devenu impérieux à mesure que la crise alimentaire, sociale et environnementale se rapproche :

        Comment sortir de cette frénésie financière ?

        Add comment Mardi 15 avril 2008

        Le question des Droits de l’Homme n’est pas une question politique

        Beaucoup de bruit en ce moment autour des JO de Pekin. Boycotter ? Ne pas boycotter ? Valeurs de l’olympisme ? Les responsables des organisations sportives ainsi que les responsables politiques semblent se poser d’innombrables questions quasi-philosophiques.

        Et la Chine de répondre systématiquement aux attaques dont elle fait l’objet actuellement : “la charte olympique stipule de ne pas introduire de facteurs politiques hors de propos”.

        Cet argument, répété à l’envie non seulement par les autorités chinoises, mais également par des responsables politiques et sportifs ne souhaitant pas prendre position ou contrarier le régime chinois, ne tient pas la route selon moi. En effet, les Droits de l’Homme sont au delà du champ politique. Le principe même de ces Droits, c’est d’être positionné au-delà de toutes considérations politiques, et c’est ainsi notamment que Kouchner justifiait le droit d’ingérence.

        Respecter, mais ne pas se boucher les yeux

        Partant de ce principe, il est donc légitime, même nécessaire, que le mouvement olympique défende ces valeurs fondamentales. Dans le respect du pays hôte, bien entendu. Mais respect ne veut pas dire compromission. Respecter la Chine, ce n’est pas se taire sur le contrôle de la presse, sur la répression des opposants. C’est au contraire, sans aucun esprit néo-colonialiste, aider ce pays à avancer vers les Droits de l’Homme, pré-requis indispensable à toute respectabilité du régime.

        Les principes fondamentaux de l’olympisme

        La Charte Olympique présente un certain nombre de principes fondamentaux contraignants pour les villes organisatrices des Jeux Olympiques. Parmi ces principes, on peut lire notamment :

        1. L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentaux universels.
        2. Le but de l’Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’homme en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine.

        Dans ce même document, on peut lire (Chapitre 5 – Les Jeux Olympiques / Paragraphe 37 – Responsabilités, retrait de l’organisation des Jeux Olympiques):

        En cas de non-respect de la Charte olympique ou d’autres réglementations ou instructions
        du CIO, ou en cas de violation des obligations contractées par le CNO, le COJO ou la ville hôte, le CIO est en droit de retirer, en tout temps et avec effet immédiat, l’organisation des Jeux Olympiques à la ville hôte, au COJO et au CNO, sans préjudice de la réparation de tout dommage ainsi causé au CIO. Dans ce cas, le CNO, le COJO, la ville hôte, le pays hôte et toutes leurs autorités gouvernementales ou autres autorités, ou toute autre partie, que ce soit au niveau communal, local, étatique, provincial, ou autre niveau régional ou national, n’auront envers le CIO aucun droit à une quelconque forme d’indemnisation.

        Les Droits de l’Homme sont donc bien évidemment au dessus des questions politiques. Ils sont au coeur des valeurs de l’olympisme. Le non respect des Droits de l’Homme peut donc entrainer jusqu’au retrait de l’organisation des Jeux Olympiques.

        Il n’est peut-être pas souhaitable d’en arriver là aujourd’hui. Cependant, il est indispensable de mettre le gouvernement chinois face à ses responsabilités et à ses engagements. Ne rien dire, et surtout ne rien faire, reviendrait à cautionner la répression et l’absence de liberté d’expression dans ce pays.

        Add comment Jeudi 10 avril 2008

        Repression au Tibet : hierarchiser les valeurs

        Une vision volontairement simpliste de la diplomatie internationale

        On nous parle de la répression chinoise au Tibet. La presse à l’unisson fait part de son émoi, les ministres sont scandalisés, les chefs d’Etat appellent à “la retenue”. Différence criante de registre, donc. Juppé faisait part dans son blog de l’ironie du choix des mots : “retenue”, comme si on pouvait “tuer avec retenue”…

        Et c’est vrai que c’est un peu avec ce paradoxe qu’essayent de jongler les ministres qui courent après la parole présidentielle.  Clamant médiatiquement leur indignation fasse à la situation actuelle, les Kouchner et autres Yade reconnaissent dans le même temps qu’il ne faut pas être trop brutal avec la Chine. Et Juppé reconnait que c’est facile de s’indigner lorsqu’on ne préside pas au destin de tout un peuple. Tant d’éloquence pour protéger un manque de courage.

        Quels seraient les risques de condamner plus fortement la répression actuelle ? Une rupture de la coopération économique franco-chinoise ? S’il s’agit bien du seul risque, alors quelle est la différence avec la françafrique que le président a si lourdement condamné ? Commercer avec un pays bafouant impunément les Droits de l’Homme, est-ce pire ou moins pire qu’entretenir des gouvernements corrompus ?

        Ma vision, certes très simplificatrice, c’est qu’il y a une hiérarchie des valeurs, qui place les droits de l’homme au dessus de la sphère économique. Partant de cette hiérarchie, la première des priorités est de garantir le respect de ces droits, avant de penser à ses intérêts économiques. Ou bien, qu’on annonce clairement qu’on ne croit plus tant que ça à ces Droits hérités de notre Révolution.

        3 comments Mardi 25 mars 2008

        61%

        Avec une semaine de retard, me voici de retour. La liste conduite par Dominique Bertinotti a donc réuni 61% des suffrages au second tour des municipales de 2008. Ce score est historique. Historique dans un quartier sociologiquement aisé. Historique, car en 2001, la gauche affrontait une droite divisée et gagnait avec 54,23%. 7 ans plus tard, face à une droite rassemblée (dans l’arrondissement en tous cas), avec une évolution sociologique sensée jouer en notre défaveur, la gauche a donc enregistré une hausse de près de 7 points.

        Sept points, qui sont à mettre au crédit d’un bilan particulièrement positif. Mais on ne gagne pas sur un bilan. Ces 7 points sont également le fruit d’un projet crédible, l’approbation d’une liste dynamique, volontairement renouvelée pour donner des idées neuves à la municipalité.

        Cette campagne aura été intense, et le résultat est là. Je sors à présent du mode “suivi de campagne”, et me replonge dans l’analyse critique des évènements qui font l’actualité politique.

        2 comments Dimanche 23 mars 2008

        Second tour : J-2

        A minuit ce soir, la campagne officielle du second tour des élections municipales 2008 sera clause.

        A minuit donc, ce vendredi soir, plus de nouveau tract, plus de nouvelle affiche, plus d’article ni commentaire, sur les médias (TV, Radio, Presse) ni sur les blogs et sites politiques. Samedi donc, ne sera autorisé que le tractage et la présence des militants avec le matériel de campagne déjà distribué.

        L’heure ici donc de signer le dernier article de cette campagne. Avec un appel à voter, forcement. Dimanche, il faut une participation maximale, pour que l’on ne puisse en aucun cas remettre en cause la légitimité des élus.

        Et biensur, un appel à voter pour les listes de rassemblement, d’ouverture : les listes de Bertrand Delanoë, celle de Dominique Bertinotti dans le 4e arrondissement.

        En 7 ans, cette équipe a redonné sa dignité à Paris, a redonné la parole aux parisiens. L’environnement a été un sujet de préoccupation majeur également, ainsi que la relance économique de la capitale. Mais on ne vote pas uniquement sur un bilan.

        Pour les 6 prochaines années, ce que proposent les candidat(e)s rassemblés autour de Bertrand Delanoë, c’est d’amplifier le mouvement initié, c’est de donner un temps d’avance à Paris : en termes économiques, en termes de savoirs, en termes d’environnement, en termes de démocratie.

        Dans le 4e arrondissement, Dominique Bertinotti souhaite faire du 4e un modèle d’excellence environnementale et mener ce qu’elle nomme “la révolution des ages”. En somme, encrer l’arrondissement dans le XXIe siècle, en en faisant un arrondissement solidaire et durable, pour tous : jeunes, moins jeunes, habitants, touristes, foyers modestes, précaires, etc.

        Prochain post lundi pour les résultats !

        Add comment Vendredi 14 mars 2008

        Paroles d’habitant(e) : les dérives du communautarisme

        Lors d’une distribution de tracts ce soir à la sortie de métro Saint Paul, une dame m’interpelle sur le bilan de Delanoë au sujet des femmes. “il n’a rien fait pour nous”, me précise t-elle. Je me lance donc dans une petite énumération, de l’augmentation du nombre de places en crèches (+5200) au dépistage gratuit du cancer du sein. “broutilles”, me répond-elle. Nous continuons la conversation, de manière plus informelle, puis je découvre qu’il s’agit d’une femme ayant milité entre autres pour le droit à l’avortement, et plus généralement pour l’égalité des femmes. Je salue bien évidemment son combat.

        Puis, je relance la conversation sur cette question de ce que Delanoë n’a pas fait pour les femmes. Ce qui me permet de mieux comprendre le fond de la pensée de mon interlocutrice. A mon interrogation, celle-ci répond : “de toutes façons, il a préféré s’occuper des homosexuels avec la lutte contre le SIDA”. Je passerai sur mon exaspération un peu blasée sur la juxtaposition systématique de la cause homosexuelle et de la lutte contre le SIDA. Ce qui m’a le plus inquiété, c’est l’opposition qui était opérée entre la lutte pour l’égalité des femmes et la lutte pour l’égalité des droits homosexuels. Alors que je pointais du doigt ses contradictions, elle me répliquait : “mais ça n’a rien à voir, nous on est 51%”… Comme si l’égalité était une affaire de statistiques, comme si l’égalité des uns était nuisible à celle des autres, comme s’il était inconcevable de mener de front 2 combats, qui sont en fait un seul et même : la lutte contre toutes les formes de discriminations.

        Alors il est vrai qu’il y a des différences entre les 2 combats : dans un cas, on a un combat pour une égalité de fait (l’égalité de droit étant déjà acquise), dans l’autre il s’agit d’une égalité de droits. Cela n’empêche rien à la perversité du mode de pensée profondément communautariste, qui conduit à une vision de la société comme une juxtaposition de communautés représentées par leurs lobbys. Si on ne peut nier les pressions communautaires qui peuvent s’exercer sur les pouvoirs politiques, il est inconscient de promouvoir une telle vision de la société. C’est à mon avis ce qu’a commencé à introduire Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle (opposition des lève-tôt et des couche-tard, des travailleurs et des assistés, des réguliers et des clandestins). C’est aussi ce que tente de faire Françoise de Panafieu lorsqu’elle met l’accent sur un soit-disant lobby gay servi par le Maire de Paris (chiffres faux à l’appui : elle aussi mélange Défense des droits des homosexuels et lutte contre le SIDA).

        Dans le 4e arrondissement, on voit bien qu’une vision communautariste de la société mènerai au déclin du quartier. Le Marais tire toute sa richesse de la coexistence de plusieurs composantes : un quartier juif historique, mêlé à un quartier gay qui lui est aujourd’hui indissociable. Il suffit de se ballader rue des Rosiers pour se rassurer : le vivre ensemble, ça marche !

        2 comments Mercredi 12 mars 2008

        Arguments de campagne : Staline s’installe à Paris ?

        On entend souvent, à droite, le même argument pour contrer le dynamisme des listes conduites par Bertrand Delanoë. Voter Delanoë, nous dit-on, s’est voter pour les communistes. Les termes employés alors systématiquement ont pour but de renvoyer aux heures sombres de l’URSS. Pour exemple, une dépèche Reuters publiée mardi 11 mars au soir, qui reprenait les principaux temps forts du meeting de Françoise de Panafieu dans le 12e arrondissement.

        A la tribune, la ministre de l’Economie a mis en garde l’éventualité que la mairie tombe à nouveau dans “des mains socialo-communo-vertes”.

        Avant elle, un de ses co-listiers a rappelé que “le 18 mars 2001, nous avons entendu jouer l’Internationale” pour célébrer la victoire de Bertrand Delanoë.

        Le meeting de mardi soir s’est terminé lui par une Marseillaise. “Voilà notre Internationale!”, a conclu Jean-Marie Cavada.

        La spécialiste des finances qu’est Mme Lagarde devrait se garder de dénoncer cette alliance. Oui, sur Paris, les listes “Un temps d’avance” regroupent des candidats socialistes, verts, communistes, radicaux, chevenementistes, ainsi que des personnalités de la vie civile. Oui, depuis 2001 déjà, nous fonctionnons avec ces différentes sensibilités. Cela ne nous a pas empéché d’avoir une gestion financière extrêmement saine (cf mon article précédent). Et ce n’est pas pour cela que l’internationale est enseignée dans les écoles de la capitale.

        Agiter le spectre d’un communisme totalitariste et rétrograde relève selon moi de la calomnie, et tend à prouver que Mme de Panafieu, à court d’arguments tangibles, tente un rebond par la peur.

        Espérons qu’elle adopte un discours plus politique et constructif lors du débat télévisé ! Paris mérite mieux que ce genre d’argumentaire désespéré ! Quant à utiliser la Marseillaise à la fin d’un meeting pour une élection locale et non nationale, je trouve cela déplacé et manipulateur.

        Add comment Mercredi 12 mars 2008

        Point sur la fiscalité et la gestion financière à Paris

        Alors que certains voudraient nous faire peur en assurant que “voter à gauche, c’est voter une augmentation des impôts et une mauvaise gestion financière des villes”, je crois qu’il faut rétablir la vérité sur la base des faits observés dans la mandature qui s’achève en ce qui concerne la gestion financière et fiscale de Paris. [merci au site des jeunes Paris 15 pour avoir collecté ces informations]

        1. Gestion financière : La ville de Paris a obtenu pour la première fois en 2007 la note maximale (AAA) décernée par les trois grandes agences de notation financières Standard&Poors, Moody’s et Fitch Ratings.

        - Pour Standard&Poors, cette note reflète “la richesse du tissu économique, ses performances financières solides, son endettement modéré, la qualité de son management ainsi que son important potentiel fiscal“.

        - Moody’s souligne que Paris, avec ces notes, se situe au même niveau qu’Ottawa, Stockholm ou Vienne, ou des régions comme la région flamande ou la Bavière, réputés pour leur gestion financière.

        - Fitch Ratings a souligné que le niveau d’endettement de la ville représente “trois années d’épargne brute” et a salué “la capacité de la ville à faire face aux défis futurs

        - Enfin, Bertrand Delanoë rappelle : “Chaque fois que nous gérons mieux, nous pouvons financer des logements sociaux, des crèches, le tramway

        2. Fiscalité : Depuis le début de la mandature, huit budgets ont été présentés sans toucher aux taux de la fiscalité directe et indirecte. Dans le même temps, l’effort d’investissement pour améliorer le service rendu aux Parisiens “a augmenté de 50% par rapport à la mandature précédente” et a été financé “pour plus de 90% par autofinancement“, selon la Ville.

        Voici pour le bilan.

        Pour la prochaine mandature (2008-2014), Bertrand Delanoë a tenu à indiquer dès la présentation de son programme que les efforts d’investissement (1 milliard d’euros pour la recherche, 40 000 logements sociaux supplémentaires, création de places en crèches, en maisons de retraites, de places supplémentaires pour les SDF, financement d’une politique de transports ambitieuse, etc.) nécessiteront une légère augmentation de la fiscalité :

        - hausse limitée strictement aux 2 premières années du nouveau mandat (2009 et 2010)

        - correspondant à une augmentation à 1 chiffre

          On est donc bien loin d’un risque d’explosion de la fiscalité à Paris ! Il faut souligner également la transparence de Bertrand Delanoë à ce sujet, puisqu’il est le seul à avoir évoqué ce point, sans aucune volonté de dissimulation.

          2 comments Mardi 11 mars 2008

          Les ministres malmenés à Paris !

          La capitale ne réussit visiblement pas aux ministres…

          - dans le 7e, Dati ne fait “que” 49.5%” au premier tour ! Bon, avouons que c’est un beau score malgré tout, mais pour le plaisir, la Garde des Sceaux devra rester dans cet arrondissement à faire campagne jusqu’à dimanche prochain. Trop dur !

          - dans le 4e, la liste Roger/Albanel accuse 17.2 points de retard avec la liste Dominique Bertinotti. Dans cet arrondissement qui était soit-disant “prenable” par la droite (source des espoirs de l’UMP), la droite perd donc 10.3 points par rapport aux élections municipales de 2001. Belle performance !

          - dans le 12e, le duo de superstars a visiblement souffert d’une extinction de voix…  Débaucher Cavada du Modem et recruter la (presque) prix Nobel Ministre de l’Economie Christine Lagarde n’aura pas suffi à faire vasciller Michèle Blumenthal, candidate discrète mais disposant d’une arme redoutable : la compétence. Avec 24.3%, la liste UMP accuse un retard de 21.8 points par rapport à la liste PS (à 46.1%) !

          2 comments Lundi 10 mars 2008

          Les résultats du 1er tour dans le 4e arrondissement

          Voici les résultats confirmés à l’issu du premier tour des élections municipales du 9 mars 2008 dans le 4e arrondissement de Paris :

          - Liste Dominique Bertinotti (PS) : 48.49%

          - Liste Vincent Roger (UMP) : 31.33%

          - Liste Fadila Mehal (MODEM) : 8.16%

          - Liste Corinne Faugeron (Vert) : 7.89%

          - Liste Jacques Vivies (FN) : 2.71%

          - Liste Marie Jose Borsari (LO) : 1.43%

          A 160 voix prés, nous l’emportions au premier tour ! Quoi qu’il en soit, il s’agit véritablement d’un résultat historique pour le 4e arrondissement de Paris. La mobilisation continue, et rendez-vous dimanche prochain pour confirmer cette poussée !

          Add comment Lundi 10 mars 2008

          Théo Klein soutien Dominique Bertinotti

          Théo Klein, ancien président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) soutient Dominique Bertinotti et Bertrand Delanoé. Homme de foi, Théo Klein s’est toujours fait l’avocat des valeurs laïques et républicaines françaises. Auteur de plusieurs livres, il a notamment publié une lettre ouverte à Ariel Sharon par l’intermédiaire du journal Le Monde .

          Un soutient émouvant de l’un des principaux représentants du judaïsme libéral en France.

          Add comment Jeudi 6 mars 2008

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